K-20 l’homme aux vingt visages (Shimako Sato, 2008): chronique DVD

K-20 L’HOMME AUX VINGT VISAGES
(K-20: kaijin niju menso den)
Un film de Shimako Sato
Avec Takeshi Kaneshiro, Takako Matsu, Toru Hakamura, Hongo Kanata
Genre: science-fiction
Pays: Japon
Durée: 2h20
Editeur vidéo: Zylo
Date de sortie DVD: 21 octobre 2009


Dans un monde qui n’a pas connu la seconde guerre guerre mondiale et qui a suivi la voie technologiquement tracée par l’ère industrielle, Teito est devenue la capitale du Japon. L’écart s’est creusé entre les différentes couches de la population et un certain K-20, véritable fantôme sans visage, vole les biens de la classe dominante pour les redistribuer aux pauvres. Un jeune acrobate de cirque, Heikichi Endo, est malheureusement pris pour le voleur masqué et, à l’occasion d’une évasion organisée par la guilde des voleurs, Heikichi n’a d’autre choix que d’entamer une vie de paria. Initié par Genji, à la tête de la guilde, le jeune acrobate et prestidigitateur espère un jour faire face au K-20 pour le confondre et ainsi prouver son innocence.

Véritable uchronie cinématographique, ce film de science-fiction n’est pas sans rappeler le récent V pour vendetta du cinéaste américain James Mc Teigue, tant par la ressemblance formelle du héros masqué que par le contexte anarchiste que véhicule le film, notre jeune personnage Heikichi rencontrant un groupe d’enfants affamés et laissés pour compte, bien décidés à mettre sur pied un nouveau monde débarrassé d’une classe prolétaire dominante. Le film étonne par le soin apportés aux effets spéciaux, fort réussis, et aux cascades, très influencées du style yamakazi, malgré le relatif manque de notoriété du cinéaste Shimako Sato, qui a tout de même signé son premier film en 1992 pour le compte d’un studio anglais, Tale of vampire, mais également le scénario d’une série télévisée dérivée du film nippon The queen bee, réalisé en 1978 par Kon Ichikawa. Dès les premières images, le réalisateur nous plonge dans un univers familier que ne renierait pas Jules Verne avec ces machines volantes à vapeur et autres dispositifs électriques qui rendent hommage aux pionniers de l’électricité.

Mais le récit nous emmène ensuite dans un autre univers, celui du cirque dans lequel travaille Heikichi, soucieux de ses colombes, partenaires à part entière de ses numéros d’acrobate, de trapéziste et de prestidigitateur. Ame sensible et intègre, il vivra mal cet amalgame forcé avec le voleur des grands chemins K-20, celui qui n’a pas de visage ou, plutôt, celui qui a tous les visages. Le mythe de Robin des bois se télescope avec celui de la cour des miracles (la guilde des voleurs), Heikichi se trouvant obligé d’accepter une voix qu’il n’a pas choisi. Aidé par la guilde, il va peu à peu acquérir le savoir de ce dernier et maîtriser aussi bien l’art du déguisement que celui de l’évasion. Sorte de continuation naturelle de son propre métier, son duel avec K-20 va réveiller chez lui des doutes quant aux origines du voleur masqué. Véritable grosse production digne des films hollywoodiens, le casting est bien entendu emmené par une star asiatique de premier plan, Takeshi Kaneshiro (2046, Le secret des poignards volants, Les 3 royaumes entre autres).

Le film n’est pas passé inaperçu au Japon et pour cause, la figure de K-20 (The fiend en version originale) est à l’origine un personnage créé dans les années trente par l’un des auteurs les plus connu du Japon, Edogawa Rampo, sorte de double nippon d’Edgar Poe, qui signe également de nombreuses histoires mystérieuses et étonnantes. Ce personnage sera ensuite repris tout au long du siècle jusqu’à devenir le héros d’un roman de Soh Kitamura en 1989. Véritable personnage populaire que l’on pourrait comparer à Arsène Lupin en France, ses origines et son identité restent inconnues malgré les centaines de récits dont il est le protagoniste. Le film de Shimako Sato offre donc une existence cinématographique au personnage, non sans quelques modifications afin de moderniser le mythe. Sans être un film culte, K-20 l’homme aux vingt visages se place dans la droite lignée des adaptations spectaculaires telles que Batman, Sin City ou encore Iron man (il suffit de contempler le générique de début pour s’en convaincre), des films qui redonnent parfois une seconde jeunesse à des héros parfois anciens sans jamais trahir les intentions originelles. Par ailleurs, cette production japonaise n’a pas à rougir de ses grands frères américains, tant la qualité de la forme est au rendez-vous.

Le roi et le clown (Lee Jun-ik, 2005): chronique DVD

LE ROI ET LE CLOWN
(Wang-ui namja)
Un film de Lee Jun-ik
Avec Kam Woo-seong, Jeong Jin-yeong, Kang Sung-yeon, Lee Jun-gi, Jang Hang-seon, Yu Hae-jin
Genre: drame historique
Pays: Corée du sud
Durée: 1h59
Date de sortie: 23 janvier 2008
Editeur DVD: Swift Productions
Date de sortie DVD: 4 décembre 2008

En corée au XVIè siècle, le roi Yon-San, de la dynastie Chosun, fait régner la terreur. Jang-Seng et Gong-Gil, deux comédiens ambulants se produisent dans les villages et les routes du pays dans des spectacles qui font hurler de rire les gens du peuple. Fort du succés de leurs satires sociales, Jang-Seng rêve de fortune et persuade Gong-Gil de se rendre dans la capitale dans l’espoir de devenir riche. Très vite arrêtés lors d’une représentation pour avoir moqué et insulté la personne du roi, Jang-Seng propose un pari insensé pour obtenir la grâce de sa majesté. Si sa troupe arrive à faire rire le souverain ils seront libérés. Echappant de peu à la mort en provocant le fou rire royal, la troupe est assignée à résidence pour le plaisir de Yon-San. Peu à peu les représentations satiriques, très critiques envers les ministres et la cour, vont faire basculer les fondements du gouvernement.

Prix du jury au IXème Festival du Film Asiatique de Deauville, Le roi et le clown a eu un succès phénoménale en Corée du Sud lors de sa sortie en 2005 avec plus de douze millions de spectateurs, record historique du box office national. Le film de Lee Jun-ik est un projet ambitieux qui même avec brio le drame historique, la satire sociale et la tragédie humaine. Essentiellement composé de longues scènes théâtrales de style satirique le film risque de sembler austère aux yeux des profanes de la culture coréenne. Supporté par des acteurs au talents indéniables mais peu ou pas connu dans nos contrées, le film s’éloigne notablement des derniers succès que les films coréens ont pu connaître en France tels que Memories of murder ou The host de Bong Joon-ho, et la trilogie de la vengeance de Park Chan-wook.

En effet après ces succès internationaux incontestables, il est heureux de constater que certains distributeurs français accordent à des films jugés plus difficiles une chance de sortir sur nos écrans. Qu’il s’agisse de Je suis un cyborg (qui compte bien entendu sur la popularité particulière dont joui le réalisateur Park Chan-wook en ce moment en France), tout comme des deux derniers films de Kim Ki-duk, Time puis Souffle ou Secret sunshine de Lee Chang-dong il y a peu, force est de constater que la palette des films coréens distribués en France s’élargit pour notre plus grand plaisir. Mais au contraire des drames historiques chinois, sortis ces derniers temps, qui se veulent universalistes et plus aisés à comprendre pour un public non asiatique, donc plus facile à distribuer à l’étranger (dont La cité interdite ou Les secrets des poignards volants de Zhang Yimou sont les exemples le plus criant), le film de Lee Jun-ik ne s’abaisse pas à la simplification ni aux gommages des traits culturels spécifiques, ici merveilleusement mis en scène dans les représentations des arts du spectacles traditionnels coréens. Satires bouffonnes, numéros d’équilibristes, spectacles de marionnettes, la troupe des troubadours déploîe ses compétences pour impressionner et faire rire les gens du peuple. Méprisés pour leur statut social de saltimbanques, de vagabonds, d’acteurs, ces troubadours sont auréolés pour leurs prouesses physiques et actorales.

Dans la confrontation de deux mondes sociaux totalement opposés, celui de la famille royale et des nobles face à l’univers marginal et instable des acteurs ambulants se joue le coeur du film. Complètement coupé du monde extérieur par les codes restrictifs et les lois pesantes de la cour controlée par les ministres, le roi ne peut avoir connaissance des réalités du monde quotidien ni avoir conscience de la raillerie dont le gouvernement est le sujet de la part des gens du peuple. Filtrée par tout un système ministériel nobiliaire, aucune communication n’est possible entre la personne du roi et le peuple qu’il gouverne. La troupe va ici jouer le rôle de perturbateur et remettre en question cette incommunicabilité, notamment à travers le personnage de Gong-gil (Lee Joon-gi), acteur aux traits spécialisé dans les rôles féminins. Séduit par son talent et son charme, une relation ambiguë va naître entre le souverain et le comédien. Paradoxalement c’est à travers des représentations théâtrales que le roi goûtera à une vision différente de son gouvernement, de ses proches, de sa fonction et du passé familial, passé qui ressurgira par la révélation d’une pièce maudite interdite dont les ressorts dramatiques ébranleront les bases du pouvoir.

Les représentations théâtrales, essentiellement sous la forme de la satire, offrent un reflet bien moins déformé que l’on ne pense de la décadence de la noblesse et du gouvernement. La vie de cours, les complots et le passé de la famille royale y sont dévoilés, décortiqués, analysés, révélés, critiqués et dénoncés sans détours. Si la toute puissance du roi lui permet d’exercer en tyran, les responsabilités écrasantes de sa charge lui interdisent de se sentir libre. Au contraire, le statut de paria qu’éprouve Jang-seng, le leader de la troupe, lui offre la chance de goûter quotidiennement aux délices de la liberté d’être. Liberté qui ne saura pas permise sans en payer le prix.

Nabari vol.1 (Kunihisa Sugishima,2009): chronique DVD

NABARI
(Nabari no ou)
Une série de Kunihisa Sugishima
Genre: animation
Episodes: 26
Durée: 25 min par épisode
Pays: Japon
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie: 4 novembre 2009

Miharu est un jeune garçon très renfermé et détaché du monde qui l’entoure. Lorsqu’il est attaqué par des ninjas du groupe des Loups Cendrés, il rencontre Tobari et Kôichi qui le protège. Miharu apprend alors l’existence du monde de Nabari, le monde caché des shinobi. Tobari, qui est professeur d’anglais dans le monde visible, est par ailleurs à la tête du clan Banten dont le village ancestral a disparu. Le jeune garçon apprend en outre que les ninjas des Loups Cendrés du clan Iga sont à ses trousses parce qu’il possède en lui le shinra-banshô, le pouvoir ultime qui rassemble toutes les techniques secrètes des shinobi. Parce que ce pouvoir est convoité par tous les ninjas, Miharu devient le centre d’intérêts de tous. Si certains désirent voir disparaître cette terrible force, d’autres veulent se l’approprier pour dominer les hommes. Malgré ses amis qui le protègent, Miharu comprend vite que chacun possède ses secrets et sa part d’ombre, notamment Tobari, qui est le seul a connaître les circonstances de la mort de la mère de Miharu.

Série de 26 épisodes dont les neuf premiers sont présentés dans ce premier volume, l’adaptation animée issue du manga original de Yuhki Kawatani est l’œuvre du studio J.C.Staff, responsable notamment de Ai yori aoshi et d’Excel saga, entre autres. Nabari se présente comme l’anti-Naruto par exellence : ici pas de combat à rallonge, d’entraînements surhumains ni de personnages trop vite esquissés mais au contraire une exploration plus complexe des conséquences des actes de chacun et des secrets cachés. Même si la série pêche par ce mélange peu convaincant du monde contemporain avec celui des shinobi, les tourments qui animent les personnages se révèlent, au fil des épisodes, très prenants. Chaque personnage prend ainsi une place particulière dans le récit qui révèle peu à peu ses véritables enjeux. Le design-character est ce qui frappe le plus, les personnages, plutôt frêles et efféminés, lorgnent davantage vers les codes du shôjô que ceux du shônen. La raison se trouve peut-être dans le fait que l’auteur du manga, Yuhki Kawatani, soit une femme. Si Nabari développe des thèmes récurrents comme la confrontation des ninjas pour obtenir le pouvoir définitif où la résurgence d’un passé enfoui qui risque de faire basculer les évènements, les combats en tant que tel ne prennent qu’une place toute relative dans l’animé. Les personnages sont suffisamment intéressants pour éveiller durablement l’intérêt du spectateur.

La chorale (Akio Nishizawa, 2006): chronique DVD

LA CHORALE
(8 Gatsu no symphony)
Un film de Akio Nishizawa
Genre: animation, drame
Pays: Japon
Durée: 1h36
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie DVD: 3 septembre 2008

Au printemps 1956, Rieko Sakamoto est nommée nouveau professeur de chant à l’école primaire de Kiba. Au même moment une nouvelle élève, Shizu Miyanaga, intègre la classe de CM2 où se trouve Akira, le fils du menuisier, le meilleur élève de la section. Shizu est également une très bonne élève et ses aptitudes au chant et au piano font espérer à la classe la victoire pour le prochain concours de chant organisé en fin d’année. Pourtant un incident malheureux va remettre en question la participation de l’école à ce concours, Gon le fils du tavernier ayant entraîner ses copains dans une série de vols à l’étalage. Akira lui-même a participé à ces larcins et c’est tout l’école qui écope des conséquences. Un autre drame vient perturber les écoliers mais finalement la participation au concours et de nouveau autorisé. Les enfants s’entraînent donc chaque soir pour rattraper le temps perdu et apprennent l’une de ces fameuse chansons traditionnelles.

Nominé en compétition au 12ème Festival du Film Asiatique de Lyon en 2006, La chorale n’a malheureusement pas connu de sortie salle en France, un comble au regard de la qualité de ce long-métrage et de son public potentiel, un film à la fois tourné vers une audience mature mais également vers un public plus jeune, le film traitant de l’enseignement scolaire. Produit dans le cadre du WAO, un réseau national d’entreprises d’enseignement général, que le réalisateur-auteur développe depuis près de trente ans étant lui-même enseignant, le film traite du thème des doyo, ces chansons traditionnelles pour enfants que le Japon moderne a délaissé ces dernières décennies.

Sensible à la fois par la portée culturelle et folklorique de ces chansons, et par l’importance d’un enseignement qui met en avant des méthodes appropriées pour le développement des enfants, Akio Nishizawa nous raconte cette période transitionnelle de l’histoire du Japon moderne qui sort enfin des affres de l’après-guerre pour entrer dans une nouvelle ère de prospérité économique, une nouvelle ère qui malheureusement délaisse les traditions et les éléments culturels du passé pour se concentrer sur les progrès technologiques et la volonté de s’imposer comme puissance mondiale de première ordre, souhait exaucé à la fin du film lorsque le directeur de l’école annonce à ses élèves que la Japon devient le 80ème pays à intégrer l’ONU, mettant un terme à la marginalisation du pays suite à la Seconde Guerre Mondiale.

Le film rappelle par bien des aspects notre succès national Les choristes de Christophe Barratier,  un même désir de parler d’une époque et surtout de souligner la cohésion qui se forme au sein des enfants lorsqu’ils partagent un même but, un même désir. Le chant comme méthode d’apprentissage non seulement d’un texte et de sa signification mais surtout d’un savoir-vivre et d’une discipline nécessaire à son accomplissement. La chorale développe en outre un contexte bien particulier, celui d’une société en mutation qui a souffert du manque de travail et de nourriture, une époque de restriction qui a encouragé les parents a donner à leur enfants la possibilité d’étudier pour échapper à cette misère. Le contexte familiale fait écho au contexte scolaire et l’éducation des enfants passe autant par la discipline de l’école que par l’autorité parentale. L’on pourrait souligner le caractère naïf de ce thème mais la société japonaise est en effet concentrée autour de ces deux pôles au sortir de la guerre, cherchant ses repères après une période trouble de plus de vingt-cinq ans depuis la militarisation du pays au début des années trente. Un film sensible et beau.

Coq de combat (Soi Cheang, 2007): chronique DVD

COQ DE COMBAT
(Shamo)
Un film de Soi Cheang
Avec Shawn Yue, Annie Liu, Francis Ng, Masato, Dylan Kuo, Leung Siu-lung, Ryo Ishibashi, Weiying Pei
Genre: drame, action
Pays: Hong Kong, Japon
Durée: 1h45
Editeur DVD: CTV
Date de sortie DVD: 4 septembre 2008

Coq de combat DVD

Enfant d’une famille très aisée et frère d’une petite sœur à laquelle il tient beaucoup, Ryô est à priori un adolescent de seize ans sans histoire jusqu’au jour où il assassine sauvagement ses parents. Envoyé en prison jusqu’à sa majorité, Ryô se confronte à un nouveau monde gouverné par la violence et les sévices. Souffre-douleur des autres détenus, il subit les viols et les bastonnades jusqu’au jour où il croise la route de Kurokawa, un maître de karaté énigmatique qui lui vient en aide en lui prodiguant conseils et désir de combattre. Sa destinée est dorénavant toute tracée, Ryô sera champion de free fights ou ne sera pas…

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Adapté du manga éponyme d’Izo Hashimoto, véritable best seller au Japon comme en France, le film s’écarte néanmoins du ton véritablement nihiliste de la bande-dessinée. Moins de violence, moins de sexe et surtout un personnage principal moins destructeur. Dog bite dog nous avait donné un avant-goût acide de la violence de Soi Cheang, paradoxalement il propose une autre lecture de l ‘histoire de ce champion du combat libre. Une interprétation plus construire et davantage centrée sur l’affection que Ryô porte à sa sœur. L’intrigue est de toute manière assez mince et les quelques séquences de combats, pas assez nombreuses au demeurant, ne cachent pas quelques essoufflements du récit à différentes reprises du film.

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Si le film manque parfois de rythme, il faut reconnaître à Soi Cheang une certaine science de l’image, des compositions complexes, des cadres audacieux, des mélanges colorés très expressifs mais tout cela finalement sans véritable fond. Ryô semble certes plus humain que le personnage du manga, mais son interprétation par Shawn Yue (Tiger dragon gate, Invisible target, Initial D, Infernal affairs) manque cruellement de subtilité et l’on a du mal à s’intéresser à ce personnage asocial. De même la figure du maître Kurokawa, joué par Francis Ng (The mission, Infernal Affairs), n’est pas assez développé malgré un charisme ahurissant. Après donc Love Battlefield en 2004 et Dog bite dog l’année suivante, Soi Cheang déçoit quelque peu avec Coq de combat mais pour le reste nous attendons de pied ferme son futur projet Assassins.

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Princess Aurora (Pang Eun-jin, 2005): chronique DVD

PRINCESS AURORA
(Orora gongju)
Un film de Pang Eun-jin
Avec Eom Jeong-hwa, Mun Seong-kum, Choi Jong-won, Yeong Hyeon, Jeong Eun-pyo, Kim Yong-geon
Genre: thriller, policier
Pays: Corée du Sud
Durée: 1h43
Editeur DVD: FPE
Date de sortie DVD: 20 août 2008

Princess Aurora DVD

Dans un centre commerciale, une femme en agresse une autre et la tue sauvagement. Quelques temps plus tard, un second meurtre est commis dans un salon de beauté, l’une des clientes est étouffée par son masque de visage. Sur son corps un auto-collant du dessin animé « Princess Aurora » est déposé. La meurtrière, une jeune femme très belle et vendeuse de voiture de luxe, semble frapper ses victimes au hasard pourtant les modus operandi sont sophistiqués et révèlent un désir de vengeance. Une chansonnette entonnée par la voix d’une petite fille revient constamment à la mémoire de cette mystérieuse femme dont la stabilité mentale paraît fragile. Les inspecteurs sont tout d’abord déboussolés par cette série de meurtres à priori inexplicables jusqu’au moment où l’un d’eux commence à comprendre ce qui se trame…

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Depuis quelques années la Corée du Sud nous propose régulièrement de quoi assouvir nos penchants pour les sombres histoires policières qui mêlent habilement morbidité des meurtres et analyse psychologique approfondie. Qu’on se souvienne de Memories of murder (Bong Joon-ho, 2003) et notre cerveau cale tout de suite Princess Aurora dans cette mouvance des polars violents du pays du matin calme. Avec Sympathy for Mr. Vengeance (Park Chan-wook, 2002), la filiation est encore plus claire, les deux histoires exploitant le ressort de la vengeance comme mobile des meurtres. Moins spectaculaire et moins théâtrale que le film de son compatriote, Pang Eun-jin réalise ici un film plus classique, davantage ancré dans une réalité quotidienne où les violeurs et les assassins  d’enfants font l’objet d’un fantasme de vengeance par ailleurs bien naturel. Si le film pêche par une structure de récit audacieuse mais mal agencée (le lien entre les différents meurtres est tout d’abord inconnu du spectateur, le final révélant maladroitement celui-ci), il faut noter la qualité de jeu des comédiens qui donnent à ce film toute sa force.

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Pang Eun-jin, dont c’est la première réalisation (nous avons pu constater ses talents de comédienne dans Adresse inconnue de Kim Ki-duk, 2001), fait preuve ici d’une certaine originalité dans le portrait de cette femme meurtrière aux traits doux et sensuels. Loin de la figure du Dr Jekyll et Mr Hyde, la protagoniste de Princess Aurora témoigne des deux facettes de sa personnalité non pas l’une après l’autre mais bel et bien de façon simultanée. Mélancolie et tristesse cohabitent avec la détermination et la perte de contrôle. Ce double langage se renforce au moment où la personnalité de sa fille disparue commence à envahir son comportement. Une duplicité qui n’a d’autre but que d’atteindre les responsables de la mort de sa fille. Sans être novateur, Princess Aurora démontre une solide maîtrise des codes du genre porté par une interprétation inspirée des comédiens. La scène finale est par ailleurs un modèle de puissance alliée à une sobriété étonnante. Pang Eun-jin, une réalisatrice à suivre très certainement.

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La grève (Sergueï M. Eisenstein, 1924): chronique DVD

LA GREVE
(Statchka)
Un film de Sergueï M. Eisenstein
Avec Grigori Aleksandrov, Aleksandr Antonov, Yudif Glizer, Mikhail Gomorov, I. Ivanov, Ivan Klyukvin
Genre: drame
Pays: URSS
Durée: 1h28
Editeur DVD: Carlotta
Date de sortie DVD: 5 novembre 2008

La grève DVD

Dans la Russie Tsariste des années dix, une communauté d’ouvrier cesse le travail à la suite du suicide de l’un des leurs, injustement accusé d’un vol d’un outil. Un bras de fer s’engage entre le patronat et les ouvriers qui ne veulent pas céder devant les injustices dont ils sont quotidiennement les victimes. Pour mater la rébellion, les dirigeants font appel aux mouchards et aux traîtres pour perturber les manifestations et entraîner l’intervention de la police et justifier le recours à la force. Les forces de l’ordre accule les ouvriers dans leur quartier, et finit par plonger la population dans un bain de sang.

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Premier film de Sergueï Eisenstein, La grève transforme un coup d’essai en coup de maître. A l’origine conçu pour être le premier volet d’un cycle consacré au développement du sentiment et de l’idéal révolutionnaire jusqu’aux évènements d’octobre 1918, La grève sera finalement laissé sans suite. Eisenstein y fait preuve pourtant déjà d’une grande maîtrise formelle, aussi bien dans la composition des plans que dans le montage rythmé des scènes. Tourné avec de véritables ouvriers partageant leur temps libre dans une organisation culturelle chargée d’apporter la culture aux masses, le fameux Proletkult, La grève chante les louanges du collectivisme, tout aussi bien dans sa thématique que dans sa forme, les mouvements de foule ayant les faveurs du cinéaste qui y trouvait là la matière essentielle des possibilités cinématographiques.

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Plus de quatre-vingt ans après sa réalisation, le film n’a rien perdu de sa vigueur et de son audace. S’écartant de la dramaturgie conventionnelle, Sergueï Eisenstein fait vibrer chacune de ses images pour mieux convaincre sur le fond. Ici pas de héros identifiable mais le rôle central de la foule anonyme, celle qui constitue une force contre le pouvoir patronal. Le cinéaste filme en plans d’ensemble et en gros plans celles et ceux qui luttent pour leurs outils de travail. Visages déterminés, corps liés par l’action et le mouvement, Eisenstein fait du cinéma le vecteur privilégié de la révolte révolutionnaire et inspirera tous ceux qui viendront par la suite. L’image comme arme de propagande bolchévique, loin du cinéma narratif bourgeois qui se contente de raconter des histoires sans penser aux moyens mis en œuvre pour se faire. Dans La grève, Eisenstein pense déjà au rôle du montage comme signifiant. Il poursuivra ce travail de réflexion sur tous ses films suivants, notamment sur Le cuirassé Potemkine dès l’année suivante.

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Notre-Dame de Paris (Wallace Worsley, 1923): chronique DVD

NOTRE-DAME DE PARIS
(The hunchback of Notre-Dame)
Un film de Wallace Worlsey
Avec Lon Chaney, Patsy Ruth Miller, Norman Kerry, Kate Lester
Genre: drame, historique
Pays: USA
Durée: 1h57
Editeur DVD: Arte Vidéo
Date de sortie DVD: 24 septembre 2008

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Quasimodo, monstre hideux difforme, est le sonneur de cloches de la cathédrâle Notre-Dame. Jehan, son maître qu’il l’a recueilli, est un alchimiste cupide et rustre. Il tombe éperdument amoureux de la bohémienne Esmeralda qu’il voit danser danser lors de la fête des fous et ordonne à son protégé de l’enlever. Phoebus, le capitaine de la garde vole à son secours et tombe lui-aussi sous le charme de la belle. Jaloux, Jehan poignarde le jeune homme et fait accuser Esmeralda qui sera jugée à mort. Quasimodo, pour la protéger, l’enlève de nouveau et l’emmène dans son antre en-haut des tours de Notre-Dame pour qu’elle puisse jouir du droit d’asil. Mais le peuple, conduit par Clopin, se révolte contre le roi et ses soldats avant de se regrouper aux portes de la maison divine. Pensant qu’ils viennent tuer Esmeralda, Quasimodo riposte en faisant tomber de lourdes poutres et de l’huile bouillante sur la foule. Le chaos règne désormais sur le parvis quand les troupes de Phoebus arrivent.

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L’une des grandes adaptations du livre de Victor Hugo par le réalisateur de The penalty en 1920, déjà avec Lon Chaney, l’homme aux milles visages, dans le rôle principal. Notre-Dame de Paris, The hunchback of Notre-Dame en version originale, est le premier film de Lon Chaney pour les studios de la Universal avant le célèbre Le fantôme de l’opéra en 1925. Grimé, courbé et boiteux, l’acteur recherche la profondeur de son personnage à travers la souffrance physique, souffrance qu’il n’hésitait pas à prendre au pied de la lettre par tout un harnais lourd et douloureux qu’il enfilait sur son dos. Ces effets spéciaux de maquillage, révolutionnaires pour l’époque, jouent pour beaucoup dans la crédibilité du récit qui oppose la solitude du bossu au fourmillement de la cité en contre-bas. Les premières scènes, celle de la fête des fous, le montre clairement colérique et haineux envers ceux qui l’ont rejeté. Seul le frère de l’archidiacre, Jehan (à l’origine dans le roman l’archidiacre Frollo lui-même), semble pouvoir l’approcher et l’amadouer. Le personnage de Jehan est par ailleurs la seule critique de ce film car, on le comprend, l’ambiguïté du personnage de Frollo, à l’origine celle d’un homme d’église épris de la belle gitane, disparaît complètement dans le film pour éviter de montrer du doigt l’institution religieuse.

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Cela mis à part, cette nouvelle version longue du film permet de comprendre combien ce film fut une super-production à l’époque. Le décor du parvis et du fronton, celui également de la garnison des soldats sont des pièces monumentales recréées en studios. Les détails des sculptures ornant les immenses portails de la cathédrales sont impressionnant de réalisme. Les effets de foules, aussi bien dans la cour des miracles que lors de la révolte à la fin du film, témoignent du côté épique du film. Tout comme les autres adaptations du livre, que se soit celle de William Dieterle en 1939 avec Charles Laughton dans le rôle de Quasimodo ou celle de Jean Delannoy en 1956 avec Anthony Quinn, la fin du film ne respecte pas le récit original. Concession au nihilisme du livre, la belle Esmeralda conquiert ici le cœur du brave Phoebus au moment où le cœur du bossu s’arrête de battre aux côtés des cloches de bronze désormais immobiles. Un classique à revoir absolument, témoin d’une grande qualité des films muets américains de l’époque.

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Vent mauvais (Stéphane Allagnon, 2007): chronique DVD

VENT MAUVAIS
Un film de Stéphane Allagnon
Avec Jonathan Zaccaï, Aure Attika, Bernard Le Coq, Florence Thomassin, Guillaume Viry, Saïd Serrari, Jo Prestia
Genre: drame
Pays: France
Durée: 1h27
Date de sortie: 13 juin 2007
Editeur DVD: Gaumont
Date de sortie DVD: 6 mars 2008

Vent mauvais DVD

Franck, jeune informaticien intérimaire, débarque un jour dans une petite ville de bord de mer où la vie semble s’écouler lentement et paisiblement. Chargé de réparer un ordinateur qui s’occupe de la gestion des caisses dans un supermarché, il découvre rapidement avec incrédulité que le patron détourne de fortes sommes d’argent. Alors que l’intrigue se détourne subitement sur la disparition du précédent informaticien, le doute va s’installer dans l’imaginaire de Franck qui, du statut de petit rouage dans l’ignorance va peu à peu imposer sa présence et ses volontés. Face à lui, Hopquin en gérant avide mais patient tente maladroitement de cacher le fonctionnement de son arnaque. Rattrapés par un ancien magasinier qui désire sa part du gâteau, Franck et le gérant devront jongler avec ces nouveaux profiteurs.

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Vent mauvais est un petit bijoux de cynisme et de film hybride. Entre le drame et le polar, le ton forcé de certaines répliques lorgne du côté de la comédie. Stéphane Allagnon joue avec les effets, les moments de coupe, les ambiances et le jeu des acteurs avec une maîtrise saisissante et enjouée. Tout sonne juste dans le film, depuis les accessoires à peine visibles, jusqu’aux dialogues empreints de réalisme. Le film arbore une fausse sobriété, sobriété d’autant plus subtile qu’elle est amenée par une maîtrise technique indéniable. Jonathan Zaccaï, quasi omniprésent à l’image sort son épingle du jeu.

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On peut également voir dans Vent mauvais un film social tout comme Le couperet de Costa-Gavras. Si ce dernier film relate la déchéance d’un cadre prêt à tout pour s’assurer un poste au sein d’une entreprise, ici le point de vue est inverse, c’est le gérant qui est prêt à tout pour sauver son train de vie et sa malicieuse combine. Le rapport à l’argent est devenu le seul et unique moyen de communication entre le patron et ses “employés”. Source de convoitise, l’argent caractérise socialement les individus lorsque, durant une courte scène, la femme rétorque à Franck qu’elle désire bien plus qu’un intérimaire. L’argent trompe et aliène à tous les niveaux et le leçon finale du patron à Franck est saisissante: ton tour viendra, comme si la logique de l’arnaque vivait de façon cyclique, irrémédiable, inévitable.

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Volpone (Frédéric Auburtin, 2003): chronique DVD

VOLPONE
Un film de Frédéric Auburtin
Avec Gérard Depardieu, Daniel Provost, Gérard Jugnot, Inès Sastre, Robert Hirsch, Jean-François Stévenin
Genre: comédie
Pays: France
Durée: 1h30
Editeur DVD: Koba Films Vidéos
Date de sortie DVD: 20 août 2008

Volpone

Volpone, un escroc qui fuit ses créanciers, rencontre par hasard un autre parasite prénommé Mosca. Ce dernier tente d’abuser son public en prétendant être plus vieux qu’il ne paraît grâce à une décoction spéciale. Volpone, habitué aux supercheries, confond le faux vieillard et l’engage comme complice pour une escroquerie à venir. En effet à Naples Volpone se fait passer pour un riche vieillard aux abords de la mort pour attirer la cupidité des riches notables de la ville. Mosca et lui s’arrangent pour tromper tout ce beau monde et faire croire qu’un héritier sera désigné parmi eux. Mais le jeu se complique lorsque les deux scélérats essayent de s’escroquer eux-mêmes…

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Téléfilm techniquement très honnête, Volpone est l’adaptation d’une pièce comique de théâtre anglais de l’auteur Ben Johnson, rival de Shakespeare, au XVIIème siècle. Prenant comme cadre l’Italie de l’époque, les thèmes principaux dans cette histoire sont l’argent, la cupidité et la tromperie et l’on pense fortement à L’avare de Molière. Exercice de style avant tout, cette adaptation nous offre les cabotinages des acteurs Gérard Depardieu, Daniel Prévost, Gérard Jugnot, Robert Hirsch et Jean-François Stévenin. Si les dialogues font parfois mouche, l’interprétation est cependant superficielle et peu convaincante malgré le faste des décors et des costumes. Avec cette pléiade d’acteurs, l’on aurait été en droit d’attendre un numéro plus inattendu, plus impressionnant. Seule Inès Sastre sort son épingle du jeu et sa beauté rafraîchissante hypnotise l’attention. Après Un pont entre deux rives, co-réalisé avec son ami et acteur Gérard Depardieu et avant San Antonio, Frédéric Auburtin se place dans la lignée d’un cinéma populaire classique largement tourné vers la comédie à laquelle son film suivant, Envoyés très spéciaux, ne déroge pas.

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Je suis un cyborg (Park Chan-wook, 2006): chronique DVD

JE SUIS UN CYBORG
(Salbogujiman kwenchana)
Un film de Park Chan-wook
Avec Lim Soo-jung, Choi Hee-jin, Jung Ji-hoon
Genre: comédie dramatique, romance
Pays: Corée du Sud
Durée: 1h45
Date de sortie: 12 décembre 2007
Editeur DVD: Wild Side Vidéo
Date de sortie DVD: 23 juillet 2008

Je suis un cyborg DVD

Ouvrière dans une usine de montage de transistors, Young-goon pète un jour littéralement un câble et finit internée dans un hôpital psychiatrique, persuadée d’être un cyborg ayant besoin d’énergie électrique pour fonctionner. Elle y rencontre Il-soon, un jeune homme plutôt calme qui pense avoir le pouvoir de voler la qualité des gens en les observant. Pourtant lorsque ses yeux se portent sur Young-goon, l’excentricité de la jeune femme le fascine au point qu’il en tombe amoureux. Il va dès lors tenter de ramener l’élue de son cœur vers plus de réalité, comprenant toutefois l’imaginaire dans laquelle elle est plongée. Ils deviennent bientôt inséparables.

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Objet cinématographique non identifié, Park Chan-wook étonne son public après sa trilogie vengeresse entamée avec Sympathy for Mr. Vengeance en 2003, Old Boy en 2004 puis enfin Lady Vengeance en 2005. Loin des routes tranquilles d’une réalisation pépère sur un sujet rebattu et rabâché, le cinéaste choisit au contraire de donner dans le ton décalé, singulier, rêveur mais également mélancolique et romantique. Car sous ses airs de fable lorgnant vers la science-fiction, le film est avant tout une histoire d’amour entre deux êtres marginaux qui se comprennent parce qu’ils partagent le langage commun de la simplicité et de l’imagination. Deux adultes enfants, l’une croyant être un cyborg aux engrenages grippés, l’autre jouant le jeu pour mieux apprivoiser la belle. Car fichtre, ce robot a du charme. Non pas un charme superficiel de latex et autre collagène, mais celui d’un regard profond et triste doublé d’un sourire ravageur et rigolo, surtout lorsque le personnage porte son dentier à faire mourir de rire un castor.

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Le climat est posé, on quitte avec le cinéaste son univers sombre et morbide pour un voyage vers l’ailleurs, un voyage que n’aurait pas dénigré un Lewis Carroll avec sa petite Alice. La petite fille n’est pas blonde et n’a pas de nattes, elle s’appelle Young-goon et aime goûter les piles lorsqu’elle se sent un peu fébrile. Ses meilleurs compagnons ? Des distributeurs automatiques avec qui elles parlent dans la pénombre des longs couloirs de l’hôpital psychiatrique dans lequel elle est internée. L’autre énergumène est plus discret. Il regarde à l’intérieur des gens pour mieux leur voler leurs qualités mais lorsque ses yeux se posent sur la sublime Young-goon, c’est elle qui lui vole son cœur tout attendri. Une telle fantaisie thématique est rare dans le paysage, de plus en plus aride, du cinéma actuel. Alors croquer un bonbon au goût tout simplement plus prononcé ne fais pas de mal de temps en temps, surtout quand le confiseur se nomme Park Chan-wook, qui prouve ici combien il peut sortir sans difficulté du ghetto du film de vengeance bien trash. Poétique, corrosif, fou, iconoclaste, et bien d’autres choses encore…

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Le sens du devoir 4 (Yuen Woo-ping, 1989): chronique DVD

LE SENS DU DEVOIR 4
(Wong ga si je ji IV: jik gik jing yan/ In the line of duty 4)
Un film de Yuen Woo-ping
Avec Cynthia Khan, Donnie Yen, Michael Wong, Yuen Yat Chor, Stephen Berwick, Chiao Chiao, Wing Cho
Genre: policier, polar, action, arts martiaux
Pays: Hong Kong
Durée: 1h21
Editeur DVD: HK Vidéo/ Metropolitan
Date de sortie DVD: 1er octobre 2008

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L’inspectrice Yeung reprend du service en étant chargée ici de retrouver un suspect de meurtre émigré aux Etats-Unis et de retour à Hong-Kong pour se réfugier. Derrière cette histoire, un trafic de drogue douteux et une pellicule photographique perdue dans la nature qui en gêne plus d’un. La CIA sur le coup, il faudra la meilleure fliquette de Hong Kong et l’aide de son partenaire expert en arts martiaux pour déjouer les plans machiavéliques des agents corrompus.

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Le troisième volet avait déçu par son manque de mise en scène rythmé et par l’absence de véritable caractérisation des personnages. Ici Yuen Woo-ping reprend les rennes et impose les combats et les cascades toutes les trois minutes, conférant au film une certaine dose de séquences d’action ne laissant aucun temps mort. Néanmoins il n’évite pas l’écueil des personnages trop vite esquissés, d’une intrigue somme toute assez mince et de la relégation au second plan du personnage principal, la fliquette justement, pour imposer un jeune et très athlétique inspecteur incarné par Donnie Yen (la série des Tiger Cage, Dragon inn, Iron monkey, Hero ou encore Ip Man). Sur ce point Yuen Woo-ping trahit le concept de la série puisque l’inspectrice, même si elle conserve son penchant pour la baston, ne s’en sort jamais véritablement seule. Contrairement au deux premiers opus (Royal warriors et Yes Madam avec Michelle Yeoh), l’inspectrice est plus commandée que commandante…

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Sans être tout à fait une suite au troisième opus, Cynthia Khan reprend néanmoins le rôle de L’inspectrice Yeung, le film faisant plutôt la part belle aux acteurs masculins avec tout de même son lot de bagarres. Ici les cascades spectaculaires et dangereuses laissent la place à des chorégraphies de combats plus rapides et plus complexes. Le contingent occidental est à son maximum, un blanc qui fait le singe (coup d’œil grotesque à la technique de boxe du même nom) et un black qui joue les gros bras sans oublié la femme occidentale type, c’est-à-dire blonde et sur-maquillée, tous les poncifs sur l’ennemi de l’ouest sont véhiculés assez bêtement. De ce point de vue, on avait connu Yuen Woo-ping plus inspiré, la faute peut-être à un cahier des charges contraignant où il s’agissait ici de plaire à la fois au public local mais aussi à l’exportation, la série ayant connu un très bon succès outre-Atlantique.

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Cynthia Khan quant à elle se laisse bercer par le film et ne brille pas par son volontarisme ni par la qualité de son jeu. La série, qui amorce sa descente avec les opus III et IV, tombera finalement dans l’impasse avec In the line of duty 5 : middle man en 1990, où l’actrice joue le rôle d’un boss à la tête d’une triade menacée par un autre clan avant de revenir à son rôle de Mlle Yeung dans In the line of duty 6 et 7 l’année suivante. Des films visiblement oubliés de la mémoire des cinéphiles. Cynthia Khan n’aura jamais vraiment réussi à s’imposer même si l’on peut lui concéder quelques réussites comme Blade of fury de Sammo Hung en 1993 ou encore Only the strong survive de Phillip Ko et Jim Gaines en 1995. A noter que plusieurs autres films portent comme prête-nom le titre de Yes, Madam !, histoire d’en rajouter encore un peu plus à la confusion…

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Le sens du devoir 3 (Arthur Wong et Brandy Yuen, 1988): chronique DVD

LE SENS DU DEVOIR 3
(Huang jia shi jie zhi III: ci xiong da dao/ Force of the dragon/ Yes madam 2/ In the line of duty 3)
Un film d’Arthur Wong et Brandy Yuen
Avec Cynthia Khan, Hiroshi Fujioka, Yung Sai-kit, Michiko Nishiwaki, Yueh Hua, Paul Chun, Eric Tsang, Richard Ng
Genre: policier, polar, action, arts martiaux
Pays: Hong Kong
Durée: 1h21
Editeur DVD: HK Vidéo/ Metropolitan
Date de sortie DVD: 1er octobre 2008

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Cette fois-ci l’intrigue amène un couple meurtrier de japonais à la solde de l’armée rouge japonaise sur les terres de l’ex-colonie anglaise. Responsable de dizaines de morts lors du braquage d’un défilé de bijoux, le couple infernal cherche à échanger les précieuses pierres contre des armes lourdes qui serviront la cause. Un policier japonais expérimenté mais impulsif est envoyé sur les lieux pour aider la police criminelle hongkongaise, et notamment l’inspectrice Rachel Yeung, dans leurs investigations mais très vite les choses dérapent et la cruauté du couple va semer la terreur.

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Pour ce troisième opus de la série Le sens du devoir, la jeune actrice Cynthia Khan remplace Michelle Yeoh partie à la retraite en 1987 pour fonder son foyer avec le producteur Dickson Poon à l’origine de cette franchise. Réalisé par le duo Arthur Wong et Brandy Yuen, ce volet n’égale en rien les deux premiers titres. Arthur Wong est plus connu pour son travail de chef opérateur et n’avait réalisé jusqu’ici qu’un seul film, The fool escape en 1980, Brandy Yuen quant à lui n’en a réalisé que deux, The champions (1983) et Three against the world (1988), et se distingue plus pour sa carrière d’acteur.

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Le film alterne selon les conventions scènes d’exposition et séquences d’action mais la sauce ne prend tout simplement pas, les personnages étant trop simplement esquissé ou bien alors complètement caricaturaux, en particulier le chef de la section criminelle qui n’est autre que l’oncle de la jeune fliquette. Idiot et froussard, ses acolytes ne le sont pas moins et bien entendus face aux assassins de l’Archipel ils ne pèsent pas bien lourd. Quelques bagarres comme celles du chantier naval peuvent retenir l’attention mais elles ne rivalisent pas vraiment avec les morceaux de bravoure des deux premiers opus.

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Cynthia Khan n’a ni le charme ni la grâce de Michelle Yeoh et son nom de scène n’est rien d’autre que la combinaison des noms de Cynthia Rothrock avec celui de Michelle Khan, nom d’artiste jusqu’alors utilisé par Michelle Yeoh. Sa filmographie comptant une petite trentaine de films entre 1987 et 1998, Cynthia Khan signera pour les opus suivant de la série depuis Le sens du devoir 4 en 1989 jusqu’à In the line of duty 7 en 1991, les trois derniers films restant inédits en France. On notera quelques titres plus intéressants tels que Tiger cage 2 de Yuen Woo-ping en 1990, Zen of sword de Yu Mang-san en 1992, Blade of fury de Sammo Hung en 1993, Madam City Hunter de Johnny Kong la même année ou encore Only the strong survive de Phillip Ko en 1995. Oeuvrant principalement dans des films d’action et d’arts martiaux, sa carrière s’est finalement tournée vers les séries télévisées au milieu des années quatre-vingt dix.

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Le sens du devoir 2 (Corey Yuen, 1985): chronique DVD

LE SENS DU DEVOIR 2
(Huang jia shi jie/ Yes madam/ In the line of duty 2)
Un film de Corey Yuen
Avec Michelle Yeoh, Cynthia Rothrock, John Sham, Tsui Hark, Sammo Hung, Mang Hoi, Dennis Chan
Genre: policier, polar, action, arts martiaux
Pays: Hong Kong
Durée: 1h21
Editeur DVD: HK vidéo/ Metropolitan
Date de sortie DVD: 18 septembre 2008

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Tin, l’un des chefs des triades se fait doubler par son comptable qui a fait des clichés de son dernier deal crapuleux. Lancés à ses trousses, les hommes de Tin le retrouve et le liquide sans pour autant mettre la main sur le microfilm compromettant. L’inspectrice Ng et sa collègue de Scotland Yard suivre la trace du passeport du défunt qui est tombé dans les mains d’un faussaire qui ne sait pas combien la pièce qu’il possède peut lui attirer tous les ennuis de Hong Kong. Les deux fliquettes mettent tout en œuvre pour retrouver le microfilm et ainsi coincer Tin lui-même.

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Moins efficace que Le sens du devoir/ royal warriors sorti quelques mois après, Le sens du devoir 2/ Yes Madam fut pourtant le véhicule de la renommée pour Michelle Yeoh. Découvertes quelques années auparavant par le producteur  Dickson Poon, qui deviendra peu après son mari, ce dernier l’introduisit dans le monde du cinéma et tout particulièrement de l’équipe Corey Yuen/ Sammu Hung qui feront d’elle une actrice physique très complète. Elle tournera près de six films avec son producteur jusqu’à Le casse du siècle en 1987, réalisé par Stephen Shin, avant de prendre sa retraire, provisoire, pour s’occuper de son foyer avant son grand retour en 1992 pour Police Story 3 de Stanley Tong.

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L’on comprend dès lors pourquoi dans Le sens du devoir 3 puis sa suite réalisés respectivement en 1988 et 1989, Michelle Yeoh ne reprendra pas son rôle de fliquette musclée, laissant sa place à la très belle Cynthia Khan. Anecdote amusante le patronyme de Khan fut choisi par Dickson Poon lui-même lorsqu’il lança Michelle Yeoh, qui s’appelait donc Michelle Khan à l’écran, jusqu’à ce que l’actrice reprenne son nom de famille lors de son come back au cinéma.

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Ce film voit également les débuts en tant qu’actrice de l’une des championne du kung-fu wushu aux Etats-Unis, Cynthia Rothrock. Particulièrement athlétique, sa silhouette tranche avec celle de Michelle Yeoh, plus fluette et féminine. Pourtant les scènes d’action avec les flics femmes ne manquent pas de violences et semblent particulièrement ardues en termes de cascades, surtout la scène finale, déluge de chutes très dangereuses. Contrairement à Royal warriors, Yes Madam est beaucoup plus comique et moins sérieux, accumulant les personnages gaffeurs tels que les deux voleurs, Doliprane et Hextril, et le faussaire de service, Synthol, incarné par Tsui Hark lui-même ! Sammo Hung fait quant à lui une apparition dans le rôle du vieux maître obnubilé par la nourriture dans un hospice pour personne âgée.

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Le sens du devoir (David Chung, 1986): chronique DVD

LE SENS DU DEVOIR
(Wong ga jin si/ Royal warriors/ In the line of duty)
Un film de David Chung
Avec Michele Yeoh, Michael Wong, Hiroyuki Sanada, Eddie Maher, Bai Ying, Dennis Chan
Genre: policier, polar, action, arts martiaux
Pays: Hong Kong
Durée: 1h32
Editeur DVD: HK vidéo/ Metropolitan
Date de sortie DVD: 16 septembre 2008

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De retour à Hong Kong après un séjour au Japon, l’inspectrice Michelle Yip déjoue, avec la complicité de Michael Wong et de Yamamoto, respectivement agent de sécurité et ancien policier d’Interpol, un détournement d’avion ayant pour but de libérer un dangeureux criminel sur le point d’être extradél. Congratulés et félicités par les médias, le trio héroïque va vite devenir la cible des représailles du groupe terroriste dont deux des membres sont morts lors de l’attentat dans l’avion. La police hongkongaise met tout en œuvre pour retrouver les malfaiteurs et protéger ses trois personnalités médiatiques mais très vite l’inspectrice Yip met la main à la pâte pour palier à l’inefficacité de ses collègues, discrètement rejointe par l’ancien policier japonais. En plein cœur de Hong Kong la poursuite va faire rage.

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La série Le sens du devoir fut un tremplin pour la carrière de Michelle Yeoh pourtant c’est bien Yes Madam !, titré Le sens du devoir 2 en France, qui sorti le premier l’année précédente en 1985 juste après Le flic de Hong-Kong 2, réalisé par Sammo Hung et qui présentait l’actrice dans un second rôle. Cet opus dont le titre international original est Royal warriors (titre fallacieux s’il en est) révèle donc que cette série n’en est pas véritablement une  puisque dans le second volet Le sens du devoir 2 (Yes Madam ! donc) Michelle Yeoh n’incarne pas le personnage de la policière Michelle Yip mais celui de l’inspectrice Ng. Vous suivez ?  Tout ça pour pointer du doigt les pratiques commerciales de l’époque qui mélangeait allégrement les titres originaux et les titres à l’exportation sans véritable logique cinématographique.

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Les trois années, de 1985 à 1987, consacre l’actrice dans le domaine de l’action musclée et Michelle Yeoh s’impose à l’époque comme l’alter ego féminine de Jackie Chan. Le sens du devoir est en cela éloquent, les bastons sont véritablement impressionnantes et violentes. La contribution de l’acteur Hiroyuki Sanada y est aussi peut être pour quelque chose lorsque l’on sait qu’il était lui-même à l’époque le disciple de Sonny Chiba, le roi du film d’action nippon à la fin des années soixante-dix et quatre-vingt. Contrairement à Michelle Yeoh, Sanada a déjà une décennie de carrière derrière lui, principalement des rôles à la télévision dans San Ku Kai par exemple, mais pas seulement. Il a tourné pour Kinji Fukasaku dans Shogun samourai et Les évadés de l’espace en 1978 ou encore pour Norifumi Suzuki dans Shogun ninja en 1980. En 1982 il avait déjà tourné dans un film hong-kongais de Corey Yuen, Ninja in the dragon’s den. En France il est bien sûr plus connu pour ses rôles dans Ring et Ring 2 de Hideo Nakata, Le samouraï du crépuscule de Yoji Yamada ou encore la super-production américaine Le dernier samouraï d’Edward Zwick avec Tom Cruise en 2003. Sa carrière internationale continue aujourd’hui avec des films tels que Sunshine et Speed racer.

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Dans la grande tradition du film d’action hong-kongais, Le sens du devoir 2 alterne la mise en place de l’intrigue avec des séquences de poursuites et de bagarres toutes plus impressionnantes les unes que les autres, par exemple une chute vertigineuse de l’un des protagonistes d’un immeuble, séquence filmée à plusieurs caméras donnant des points de vue incroyables sur le cascadeur en chute libre. Les chorégraphies des combats sont de hautes volées avec des retombées dangereuses et des figures complexes très maîtrisées. Michelle Yeoh révèle ses capacités physiques. Séduite par la danse et la natation dès son enfance, sa pratique des arts martiaux est cependant récente puisqu’elle a débuté avec son premier film en 1984, The owl & Bumbo, réalisé par Sammo Hung. Ici elle semble à son aise et donne de sa personne dans de nombreuses scènes très risquées. Avec les séries Police story et Le flic de Hong-kong, celle du Sens du devoir semble parmi les plus abouties.

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