My dear enemy (Lee Yoon-ki, 2008): chronique preview

MY DEAR ENEMY
(Meozzin haru)
Un film de Lee Yoon-ki
Avec Jeon Do-youn, Ha Jung-woo, Kim Hye-ookk, Kim Joong-ki, Kim Young-min
Genre: comédie dramatique
Durée: 2h03
Pays: Corée du Sud
Année: 2008
Date de sortie en France: indéterminée

Trentenaire, célibataire et sans travail, Hee-so redébarque un jour dans la vie de son ex-petit ami, Byoung-woon, un jeune homme désinvolte mais débrouillard et surtout charmeur, pour lui réclamer une somme d’argent qu’elle lui avait prêté un an auparavant. Hee-so est tout le contraire de son ex, elle est prévoyante, refermée et grincheuse, Byoung-woo, lui, croque la vie à pleines dents sans vraiment se soucier du lendemain. Pour pouvoir la payer il va faire le tour de la ville et emprunter des petites sommes à quelques uns de ses amis, Hee-so va donc être obligée de le conduire à tous ses lieux de rendez-vous et rencontrer les personnes qu’il côtoie. Durant cette journée, son regard sur celui qu’elle avait finit par détester va peu à peu changer.

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Présenté au dernier Festival de Berlin et au Festival du Film Asiatique de Deauville, My dear enemy est le quatrième long-métrage de Lee Yoon-ki qui avait préalablement réalisé This charming girl (2004), Love talk (2005) et Ab lib night (2007). Comédie romantique sobre mais admirablement interprétée, le film explore les relations intimes d’un ancien couple qui joue au « je t’aime moi non plus ». Evitant toute séquence larmoyante et les niaiseries habituelles du genre, le cinéaste occupe plutôt le terrain d’un humour sincère et subtil, largement apporté par le personnage de Byoung-woo, face à la détermination pécuniaire de la jeune femme, qui se dissimule derrière une façade froide pour ne pas entrer dans le jeu de séduction que son ex lui ressert tout aussitôt. Si le fil rouge du scénario est mince, le film développe une série de rencontres toutes aussi originales les unes que les autres, depuis celle d’une prostituée de luxe jusqu’à celle d’une amie proche, une femme sérieuse qui élève sa fille seule, en passant par le milieu familial du cousin, motard invétéré qui ne cesse d’inviter sa bande à faire la fête chez lui.

Si le film échappe à l’ennui, c’est surtout par la grâce du jeu de ses deux principaux interprètes, Jeon Do-youn dans celui de Hee-su et Ha Jung-woo dans le rôle de Byoung-woo. L’on avait pu déjà remarquer le talent de la charmante Jeon Do-youn dans le dernier film de Lee Chang-dong, Secret sunshine, film pour lequel elle reçut la palme de la meilleure actrice au Festival de Cannes en 2007. Auparavant on avait pu la contempler dans diverses productions coréennes telles que Untold scandal de Lee Je-yong ou encore You are my sunshine de Park Jin-pyo. Une actrice lumineuse malheureusement trop rare à l’écran. Face à elle le beaucoup plus prolifique Ha Jung-woo dont on a pu mesurer les performances dans pas moins de deux autres films présentés cette année au Festival du Film Asiatique de Deauville, tout d’abord dans le sublime et terrible The chaser, où il incarne pas moins que le tueur lui-même, mais également dans le plus discret Beastie boys de Yoon Jong-bin, dans lequel il se glisse dans la peau d’un gigolo arriviste et égocentrique. Précédemment il été apparu dans le premier long-métrage de Yoon Jong-bin, The unforgiven mais surtout dans le poétique Time de Kim Ki-duk en 2006.

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De petites contrariétés en sourires de façade, le couple va traverser la ville à la recherche d’une somme d’argent prétexte qui va, malgré le désir de Hee-su, la rapprocher de celui qu’elle aura voulut à tout prix rayer de sa vie. Deux caractères antinomiques qui à diverses reprises provoquent des étincelles mais aussi des rayons de lumières amoureux, certes gênés mais qui vont modifier la donne. Vivre le quotidien de l’autre, ne serait-ce qu’une journée, c’est déjà se rapprocher de lui, immanquablement. Bien que Hee-su ne rate pas une occasion d’humilier Byoung-woo, celui-ci ne se départit jamais de sa bonne humeur et de sa générosité naturelle, à tel point que cela en devient horripilant, tout du moins aux yeux de Hee-su qui dès lors n’arrive plus à suffisamment trouver de défauts à celle qu’elle aimait. Comédie charmante et légère, on ressort comme revigoré de ce film qui traite avec justesse d’une relation fichue à cause d’une incompatibilité d’humeur. Loin de la violence habituelle de nombreux films coréens récents, ici au contraire les sentiments sont rois, combien même on essaye de les enfouir pour ne pas les exprimer.

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