Harem (Arthur Joffé, 1985): chronique DVD

HAREM
Un film d’Arthur Joffé
Avec Ben Kingsley, Nastassja Kinski, Dennis Goldson, Michel Robin, Zohra Sehgal, Juliette Simpson
Genre: Drame
Pays: France
Année: 1985
Durée: 1h49
Date de sortie DVD: 23 septembre 2008

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Diane, une jeune new-yorkaise active travaillant à Wall Street, mène une vie trépidante mais affectivement vide. Le jour du mariage de sa meilleure amie, elle est enlevée par un étrange prince arabe qui la séquestre dans un harem perdu au milieu du désert. Tout d’abord effrayée, Diane va finalement peu à peu connaître son ravisseur, un homme sensible et romantique tiraillé par son éducation orientale et son désir de l’occident. Véritable rencontre de deux êtres que tout opposait, le désert et le soleil magnifient d’autant plus leur amour dans un monde qui n’a cure de l’expression du désir.

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Premier long-métrage d’un jeune cinéaste en herbe, Harem se présentait comme un projet fou en référence aux contes arabes des milles et une nuits, quoique dans une version moderne et actualisée. Réalisé en 1985, le film donne également un regard non seulement attendri mais surtout profond d’un prince qui choisit de vivre dans le désert pour échapper aux vicissitudes de la vie et à ses responsabilités de monarque. Très grosse production reposant essentiellement sur le talent de ses deux acteurs principaux, le cinéaste Arthur Joffé inscrit pourtant sa marque, sa griffe, sur une histoire au thème rebâché mais au traitement original. Les décors, les costumes et le scope insuffle au film un caractère épique qui dépasse l’intimité du couple, une intimité par ailleurs empêchée, le harem s’offrant à la vue du prince, une vue enviée par le monde dont l’accès à ce paradis est formellement interdit.

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Aucun film avant celui-ci n’avait également aborder l’érotisme des corps tour à tour dénudés puis voilés comme le fit Harem en son temps. Ici le regard sur la culture musulmane est dépouillé de toute interprétation religieuse ou politique, seule subsiste l’attirance d’un homme pour une femme, la timidité masculine essayant de dompter le désir ardent de liberté exprimé par cette jeune occidentale débarrassée des oripeaux de la société patriarcale. Un film que certains jugeront ambiguë mais qui a le mérite de dépasser largement le stade du manichéisme pour offrir une sorte de réflexion intemporelle sur la force du désir amoureux.

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Agrémentée de cinq documents autour du films, les suppléments sont à la fois intéressants et trop datés mis à part l’interview du réalisateur réalisée en 2008, ici malheureusement superposée à des images du film. Que ce soit « Harem, l’écho d’un premier film », le making of et le premier entretien du cinéaste, l’on a affaire à des documents d’époque, ce qui est fort rare. Le cinéaste y explique, entre autres, l’anecdote à l’origine du film, celle d’une femme ayant arrêté sa marche pour observer des femmes voilées marchant dans la rue, une scène qui conclut, comme en miroir, le film. L’on peut également entendre les deux messages vocaux des deux acteurs vedettes, Ben Kingsley et Nastassja Kinski, le premier exprimant le vif intérêt de l’acteur pour le scénario et le projet, le second les remerciements de l’actrice après le succès du film à sa sortie en salles. Dans l’entretien de 1985, une archive de l’INA, le cinéaste est interrogé par un animateur TV aux côtés de Dominique Pinon qui fut son acteur principal sur son précédent court-métrage « Merlin ou le cours de l’or », disponible également dans cette édition DVD.

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Le making of reprend quant à lui des séquences de tournage, permettant de réaliser combien le projet lorgnait vers la grosse production, une première dans le cadre d’un premier film mené par une jeune réalisateur. Même si la mauvaise qualité vidéo du document est flagrante, il est plaisant de retrouver le jeune cinéaste face à son projet, ses intentions et sa détermination. L’entretien de 2008 aurait gagné à être filmé et surtout enregistré dans de meilleurs conditions sonores, de même l aurait été profitable que les acteurs et les protagonistes du projet puissent s’exprimer sur le film, presque vingt-cinq ans après sa réalisation. En addenda le court-métrage d’Arthur Joffé primé à Cannes en 1982, Merlon ou le cours de l’or, un film décalé et saugrenu où le jeune Pinon donne la réplique à l’actrice Simone Carle et à un cheval.

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