La fille du RER (André Téchiné, 2009): chronique cinéma

LA FILLE DU RER
Un film d’André Téchiné
Avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz, Nicolas Duvauchelle, Jérémy Quaegebeur
Genre: drame
Pays; France
Durée: 1h45
Date de sortie: 18 mars 2009

Jeanne est une jeune femme un peu perdue qui vit avec sa mère, Louise. A la recherche d’un emploi, Jeanne ne semble pourtant pas très motivée, préférant passer ses après-midi à se promener en roller. Un jour elle rencontre Franck, un étudiant en sport étude. Une idylle va naître. Louise, nourrice à ses heures et soucieuse de l’avenir de sa fille, lui trouve une offre d’emploi comme secrétaire pour un avocat qu’elle a bien connue étant jeune, Samuel Bleistein. Après un entretien d’embauche catastrophique et un incident qui a mêlé Franck à un trafic de drogue, Jeanne commence à perdre pied et invente un mensonge grave, elle affirme avoir été la victime d’une agression antisémite dans le RER. La nouvelle se répand vite et tous les médias s’emparent de cette affaire. Ce mensonge devient vite une affaire d’état. Les contradictions et le manque de preuves évidentes en font réagir certains. Louise décide de faire appel à Samuel Bleistein pour aider sa fille.

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Après Les temps qui changent en 2004 puis Les témoins en 2007, André Téchiné poursuit son auscultation de la société française actuelle. Prenant comme point de départ un fait divers qui agite le pays pendant plusieurs jours, le cinéaste s’intéresse moins (voir même pas du tout) au fait en lui-même qu’au personnage dont le mensonge émane. La fiction s’invite donc au cœur du fait et le mensonge va devenir le prétexte dramatique pour rapprocher deux univers socialement opposés, celui du milieu modeste de Louise, nourrice dans une petite maison de la banlieue parisienne, et celui du grand avocat Bleistein, bourgeois richissime qui occupe sa vie entre son appartement moderne et froid et sa maison de campagne dont son petit fils profite pleinement.

Mais plus que les différences sociales marquées, André Téchiné s’intéresse davantage à ce qui pourrait rapprocher Louise et Samuel, ce dernier ayant été éperdument amoureux d’elle trente ans plus tôt. Face à l’éducation de leurs enfants, ils ont chacun rencontré des difficultés, le fils de Samuel ayant du mal à gérer son mariage et se positionnant constamment face à son père. Ici sont démontés et questionnés les problèmes des relations affectives, Jeanne trouvant le réconfort auprès du personnage le plus éloigné d’elle, Nathan, le petit-fis de Samuel. Tout comme ce dernier qui prépare sa bar mistva, donc au seuil de devenir un homme, Jeanne éprouve des réticences à quitter son adolescence pour devenir une femme, se réfugiant dans un mensonge qu’elle pense anodin pour se prévenir des déceptions de la vie d’adulte. André Téchiné s’écarte au maximum du fait divers pour approcher cette problématique ô combien actuelle de la difficulté du passage à l’âge adulte tout en proposant un film audacieux et singulier dans sa mise en scène.

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