Prédictions (Alex Proyas, 2009): chronique cinéma

PREDICTIONS
(Knowing)
Un film d’Alex Proyas
Avec Nicolas Cage, Rose Byrne, Chandler Canterbury, Ben Mendelsohn, Nadia Townsend, Adrienne Pickering
Genre: thriller, fantastique
Pays: USA
Année: 2009
Durée: 2h
Date de sortie: 1er avril 2009

En 1959 une nouvelle école primaire est inaugurée en enterrant une capsule temporelle contenant les dessins de cinquante enfants, des dessins de leurs visions du futur. Cinquante ans plus tard, à la date anniversaire, la capsule est déterrée et les dessins dévoilés. Le jeune Caleb, le fils de John, astrophysicien, reçoit le dessin d’une certaine Lucinda Embry. En lieu et place d’un dessin, la feuille est recouverte d’une suite sans fin de chiffres. John, interpellé par l’étrange message, découvre que cette suite recèle des séquences correspondant à des dates soulignant des tragédies humaines de l’histoire récente. D’après le document, trois dates à venir prévoient de nombreux morts. John retrouve alors la fille de cette Lucinda Embry. Longtemps considérée comme folle, cette femme disparue aurait eu le pouvoir de prévenir l’avenir.

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Après cinq ans d’attente et son décevant I, robot, le cinéaste Alex Proyas revient sur le devant de la scène avec ce nouveau film catastrophe saupoudré de mysticisme. Les gros moyens sont déployés pour ce blockbuster sans âme ni véritable originalité de mise en scène. Le cinéaste déploie diverses séquences visuellement impressionantes pour tenter de combler le vide de l’interprétation et le classicisme du traitement. Nicolas Cage incarne un professeur d’astrophysique au MIT, la célèbre université du Massachussets, un homme en dueil après le décès de sa femme une année auparavant. Pour bien marquée ce dueil et la mélancolie qui le ronge, l’acteur et cinéaste font du personnage un homme en proie à la boisson qui peu à peu s’éloigne de son fils, malentendant. Dialogues inutiles, scènes prévisibles, clichés du père capable de tout pour sauver son fils, le noeud qui place Caleb au centre du récit à peine à s’installer.

Pire le film dérive d’un phénomène paranormal (ces fameuses voix qui murmurent que les enfants élus sont les seuls à entendre) plutôt sobre dans ses manifestations (bruits intolérables, apparitions fantomatiques) vers un grand déploiement de science-fiction interstellaire et mystique (chrétienne si possible car comme chacun le sait, le monde entier est chrétien). Bien entendu John est le fils d’un pasteur, une origine qu’il n’a jamais, en grand scientifique qu’il est, pu accepter. Mais le pardon viendra et la lignée, sauvée par quatre anges extra-terrestres aux ailes d’effluves de pures énergies, sera sauvegardée. Cette imagerie mystique de quatre sous fait peine à voir lorsque l’on se souvient des deux chefs d’oeuvres précédents du cinéaste, The crow en 1994 et Dark city en 1998.

Après I, robot, Proyas cède donc de nouveau aux trompettes du divertissement grand public vide de sens et surtout vide de toute reflexion, voir la fameuse séquence du cours universitaire sur la théorie du déterminisme contre la loi du chaos. Le professeur John s’y exprime avec une simplicité digne d’un cours de collège (grand public oblige) au point que bien entendu tout cela restera forcément très superficiel. Sommes nous prédéterminés par une force qui serait au-delà de notre compréhension ou bien la coïncidence serait-elle seule maître universelle à bord? Visiblement le cataclysme final vient à point nommé pour châtier l’espèce humaine fautive, non sans épargner ses éléments les plus purs triés sur le volet, nos chères petites têtes blondes. A défaut de réflexion, c’est plutôt l’ennui qui nous gagne.

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