La dernière maison sur la gauche (Dennis Iliadis, 2009): chronique cinéma

LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE
(The last house on the left)
Un film de Dennis Iliadis
Avec Tony Goldwyn, Monica Potter, Garret Dillahunt, Aaron Paul, Spencer Treat Clark, Riki Lindhome, Martha Macisaac, Michael Bowen, Sara Paxton
Genre: horreur
Pays: USA
Année: 2009
Durée: 1h40
Date de sortie: 22 avril 2009

La famille Collinwood arrive dans leur maison de vacances au bord d’un lac pour passer un moment agréable et reposant. Le père, John, est un chirurgien qualifié qui aime son travail et Mari, sa fille, est une athlète de natation en devenir. Ayant perdu un fils l’année précédente, Emma, la mère est de nature plus inquiète, observant sa fille devenir une femme. A peine arrivée dans la résidence d’été, Mari décide de rejoindre Paige, sa meilleure amie des environs. Les deux filles rencontreront Justin, un jeune homme singulier qui leur propose une après midi fumette jusqu’au moment où son père, Krug, et son oncle, Francis, deux dangereux criminels débarquent. Alors que Krug vient tout juste de s’évader, la famille meurtrière décide de prendre les deux jeunes adolescentes en otages. Les choses se compliquent quand Mari tente de s’évader, provoquant un accident de voiture en plein milieu de la forêt. En représailles, Krug et Francis poignarde son amie avant de violer Mari qui parvient néanmoins à s’enfuir. Krug et les siens se réfugient dans la maison des Collinwood, sans savoir les liens qui unissent le couple à la jeune femme qu’ils viennent de torturer…

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Depuis peu les classiques du cinéma d’horreur américain font systématiquement l’objet de remake à la sauce hollywoodienne des blockbusters. La dernière maison sur la gauche, originellement tourné par Wes Craven en 1972 et dont c’était le premier long-métrage (excepté un film pornographique depuis oublié), n’échappe pas à la règle et témoigne du vide abyssale dont les scénaristes américains font preuve en matière d’originalité. Après Massacre à la tronçonneuse, Vendredi 13 et bien sûr La colline à des yeux (dont le remake d’Alexandre Aja d’après Wes Craven en 2006 avait justement lancé cette mode du relooking inutile), c’est donc l’un des films les plus forts et les plus controversés des années soixante-dix qui refait surface. Seulement voilà, Dennis Iliadis n’est pas Wes craven et les années 2000 n’ont plus rien à voir avec le climat subversif de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix. Le fait que Wes Craven soit lui-même à l’origine de ce projet n’y change rien à l’affaire, la nouvelle mouture de cette histoire radicale n’atteint à aucun moment l’hystérie et la violence de l’original.

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Alors pourquoi ce remake? Ne cherchez pas vers les considérations cinématographiques ou cinéphiliques, non le film n’est qu’une galerie des nouvelles têtes de comédiens issus pour la plupart du petit écran. Oui le filon films cultes des années 70′ + acteurs à succès de la télévision semble le nouveau credo de la grosse machine hollywoodienne pour s’assurer une bonne rentabilité. Le dossier de presse est révélateur à ce sujet dont je vous laisse admirer quelques extraits:

Wes Craven: « Le premier Last House était fait avec tellement peu de moyens que j’avais dû renoncer à en développer certains aspects. Sa nouvelle version, dotée d’un budget confortable, est beaucoup plus ample et plus soignée. »

Dennis Iliadis: « J’ai vu tous les films de Wes et je les adore. Son Last House repose sur une idée toute simple, un véritable archétype. J’ai cherche à en préserver l’impact primal, tout en développant l’histoire à ma façon. […] J’ai voulu que ce film vous accroche du début à la fin tout en vous amenant à réfléchir un peu sur la nature humaine. Qui est civilisé, qui est sauvage? Qui est violent, qui est normal? Nous sommes vraiment une espèce intéressante… »

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Que l’on vous rassure, cette nouvelle version de La dernière maison sur la gauche n’a aucune amplitude et, quand à l’impact primal, mieux vaut passer son chemin. L’original avait à voir avec la folie meutrière, la saleté et les tripes (au sens propre comme au sens figuré), cette version 2009 est beaucoup plus propre dans son propos comme dans ses séquences gore, trop rares et pas assez jusqu’au-boutisme. Public de multiplex oblige, le film ratisse large là où la radicalité de la version de 1972 n’avait cure de la bienséance. Pour notre plus grand bonheur, celle-ci est depuis peu disponible en DVD.

One thought on “La dernière maison sur la gauche (Dennis Iliadis, 2009): chronique cinéma

  1. Je ne suis pas du tout d’accord. Et pourtant, dieu sait combien je n’aime pas la mode des remakes inutiles qui font perdre toute la saveur de l’original sacrfiée au nom des dollars et de la masse populaire.

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