La dernière maison sur la gauche (Wes Craven, 1972): chronique DVD

LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE
(The last house on the left)
Un film de Wes Craven
Avec Lucy Grantham, Sandra Cassel, Marc Scheffer, David Hess, Fred Lincoln
Genre: horreur
Pays: USA
Année: 1972
Editeur DVD: Wild Side
Date de sortie DVD: 4 juin 2008

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Mari et Phyllis sont deux amies inséparables et, le soir du dix-septième anniversaire de Mari, elles suivent un jeune homme nommé Junior, qui leur propose de l’herbe. Kidnappées par le dealer et sa bande de copains meurtriers menés par le terrifiant Krug, leur calvaire commence. Dans la forêt les deux jeunes femmes tentent de s’échapper mais les bourreaux vont entamer leurs tortures sur leurs corps purs. Mari réussit néanmoins à se sauver pour tenter de rejoindre la maison de ses parents qui se trouve non loin de là.

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L’un des jalons essentiels du film d’horreur américain est enfin disponible en DVD. Wild Side met les petits plats dans les grands et propose une édition de très grande qualité qui permet aux spectateurs de découvrir, ou re-découvrir, ce film culte qui empêchera Wes Craven de réaliser d’autres types de films avant un bon moment. Produit par Sean S. Cunningham, le futur réalisateur du premier épisode des Vendredi 13, on sent l’affection de l’équipe de tournage pour ce type de production très fauchée menée tant bien que mal par des débutants qui font de leur ignorance du métier une force créatrice indéniable.

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Equipe réduite oblige, une grande partie de la qualité du film est fournie par le jeu des acteurs, pour certains non professionnels. Le groupe des quatre tueurs, interprétés par David Hess, Fred Lincoln, Jeramie Rain et Marc Sheffler, est juste et leur complicité réelle. Ce sont les seuls acteurs a bien avoir voulu revenir sur ce film considéré par beaucoup comme nocif et malsain. Les deux héroïnes qui se font violées et tuées sont malheureusement absentes pour donner éventuellement un autre son de cloche à la camaraderie évoquée par les quatre troublions. Visiblement un malaise a plombé le tournage, notamment entre David Hess et l’actrice Sandra Cassel, celle-ci ayant été traumatisée par le comportement sauvage et inquiétant de l’acteur qui a tout mis en œuvre pour obtenir d’elle une performance superbe mais non feinte de répulsion et d’abandon lors de la scène de viol.

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Un film qui a donc fait couler beaucoup d’encre et que certains regrettent d’avoir fait. Pourtant cette production est typique d’une époque, d’une ambiance, d’une façon de penser et d’appréhender le monde. Après les films très « peace and love » de la fin des années soixante, la réalité dérangeante et brutale du monde qui nous entoure a refait surface avec encore plus de force. Sam Peckinpah, Samuel Fuller et Arthur Penn ont ouvert la voie à un cinéma indépendant plus sauvage et plus incontrôlable que jamais à mille lieux du confort et de la standardisation des grands studios. Wes Craven et consort ont profité de cette fuite en avant pour proposer leur propre vision de la violence et de l’absurdité du monde en suivant quatre jeunes gens sans repères qui tuent, mutilent et violent sans raison. Ils ne sont ni plus ni moins que le produit de leur époque ; une époque sombre, désenchantée, nihiliste.

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En dépit du nombre impressionnant de suppléments proposés dans cette édition DVD (qui est en grande partie la reprise des suppléments du DVD britannique), seuls les commentaires du réalisateur et du producteur, le documentaire « Le crime qui a changé le cinéma » et les prises alternatives présentent un réel intérêt. Ainsi ce sont dans les prises alternatives que l’on peut voir la scène complète où Sadie joue avec les entrailles de Phyllis. Si on peut remarquer la présence d’un court-métrage de Wes Craven, aucune information supplémentaire ne vient mettre ce petit film en perspective ! De sorte que ce dernier fait figure de cheveu sur la soupe, il est là sans que l’on sache trop pourquoi. Il faut également saluer la présence de la version britannique légèrement censurée mais là encore, pas de mise en perspective, pas de documentaire ou de commentaire qui vient expliciter les différences ! Dommages que la qualité des suppléments est fait place à la quantité.

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