Hakkenden (Takashi Anno, 1993): chronique DVD

HAKKENDEN
(Hakkenden shin shô)
Une série de Takashi Anno
Genre: animation
Episodes: 13
Pays: Japon
Année: 1990 – 1993
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie DVD: 7 mai 2004

En l’an 1457, les deux clans Satomi et Anzai s’affrontent dans une lutte de pouvoir. L’armée plus nombreuse d’Anzai conduit sa rivale vers la famine et l’agonie. Le chef des Satomi, Yoshizane Satomi Matataro, tente une dernière attaque pour renverser la tendance mais le plan échoue et le contingent envoyé dans la nuit fait face au démon qui a pris possession du chef des Anzai. Désespéré, Yoshizane propose à son chien Yatsufusa un pacte insolite: la tête de l’ennemi contre la main de sa fille, Fuse. A l’aube, avec surprise, l’animal revient avec la tête tranchée tant convoitée. Pour ne pas faire tomber la honte sur le clan, Fuse accepte le mariage avec le chien. Daisuke, le fiancé de Fuse, qui revient miraculeusement de l’attaque qui a échoué, ne peut accepter la situation. Il tue le chien d’un coup de fusil mais blesse du même coup Fuse qui meurt peu après. L’esprit de l’animal et de son épouse s’élève dans les cieux et se disperse aux quatre coins du Japon. Huit perles sont ainsi disséminées dans le but de faire naître huit guerriers dont le destin sera de réhausser l’honneur du clan Satomi. Hakkenden, la légende des huit guerriers chiens.

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Adaptation animée du célèbre conte japonais écrit au XIXè siècle par Bakin Takizawa (1767-1848), Hakkenden est malheureusement beaucoup moins connu en Occident. Avec le film de Kinji Fukasaku, La légende des huit samouraïs, réalisé en 1983, la série animée  est la seule adaptation de ce récit parvenu jusqu’ici malgré la très grande popularité de l’histoire au Japon.  La série fut produite par les studios Pionneer, Geneon et AIC  et conçu en deux temps; les six premiers épisodes réalisés en 1990 – 1991  et les sept épisodes suivant  réalisés entre 1993 et 1995. La série combine à la fois un certain respect des clichés du chanbara (film de sabre japonais) avec un ton résolument contemplatif et même parfois totalement onirique. Les frontières entre la réalité, les souvenirs, les illusions et le monde démoniaque sont souvent très ténues et laissent parfois le spectateur dans l’incompréhension. Une histoire et une mise en scène avec ses défauts et ses qualités. Si en effet l’abondance des personnages, des lieux et des situations qui prennent place dans le Japon féodal peuvent prêter à confusion pour les moins familiers des histoires de samouraïs (sans compter une narration parsemée de flashes-back et de visions étranges), Hakkenden prend le temps de découvrir chaque personnage dans sa première moitié, avant d’être plus obscure dans les premiers épisodes de la seconde saison. Le gra^phisme lui tire le meilleur comme le pire de l’animation, la constance et la rigueur ne faisant pas partie des qualités de l’animé.

Pour ceux qui surmonteront cette approche difficile, c’est à une véritable légende épique qu’ils seront confrontés. Un récit ambiguë et riche d’enseignement sur la confrontation des clans à cette époque reculée de l’histoire du Japon. Le réalisme de la féodalité se mêle à l’ambiance proprement folklorique des démons japonais et des malédictions hériditaires qui touchent le clan Satomi. Loin de toute dichotomie facile, les épisodes plongent peu à peu dans une réalité changeante, énigmatique, derrière laquelle se cachent des secrets et des faux-semblants. Si la réalisation technique n’est pas toujours au rendez-vous, les scènes de combats aux sabres sont souvent étonnantes et suffisamment stylisées pour emporter l’adhésion. Hakkenden est une série animée à découvrir de toute urgence, tant elle s’éloigne d’une production de masse souvent tape à l’oeil. Ici le ton sombre et mélancolique n’est pas fait pour le tout venant, au contraire la série séduira celles et ceux curieux de découvrir un récit à la portée plus adulte.  En attendant de pouvoir découvrir le récit littéraire en France (dont la traduction des 106 volumes originaux risquent fort de ne jamais voir le jour), les treize épisodes de la série permettent déjà de se plonger dans ce conte si tragique et séduisant à la fois.

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