Victoria, les jeunes années d’une reine (Jean-Marc Vallée, 2009): chronique cinéma

VICTORIA, LES JEUNES ANNEES D’UNE REINE
(Young Victoria)
Un film de Jean-Marc vallée
Avec Emily Blunt, Rupert Friend, Paul Bettany, Miranda Richardson, Jim Broadbent, Thomas Kretschmann, Mark Strong, Jesper Christensen, Harriet Walter
Genre: drame historique
Durée: 1h44
Date de sortie: 22 juillet 2009

Victoria affiche

Juin 1837, le roi Guillaume IV meurt de sa belle mort et laisse la très jeune Victoria devenir la nouvelle reine d’Angleterre. La jeune femme vient d’avoir dix-huit ans et son entourage n’attend pas pour placer leurs pièces sur l’échiquier politique du royaume. Inexpérimentée et fort mal entourée, la jeune souveraine doit trouver la confiance en elle-même pour mener le pays d’une main de fer. Deux ans plus tôt, elle rencontre Albert, un jeune prince de la branche allemande de la famille. Elle trouve en lui un confident et un ami puis l’être cher lorsque leur union est consentie quelques mois après l’accession au trône. Loin de sa mère castratrice et de son ambitieux et violent conseiller Si John Convoy qui tentent de l’évincer en instituant la régence, Victoria apprend les règles du jeu très dangereux de la politique, elle qui fut cloîtrée par sa mère durant tout son enfance. L’histoire verra dans son règne l’épanouissement de l’ère victorienne et l’expansion de l’empire britannique à travers le monde…

Victoria photo 1

Les histoires de souverains ont toujours été du pain béni pour le cinéma qui a souvent su jouer des complots et des relations complexes des cours d’Europe pour proposer aux spectateurs une plongée vertigineuse dans les affres du pouvoir royal. En cela Victoria ne déroge pas à la règle même si le film préfère s’attarder sur une période peu connue de sa vie, celle de son adolescence avant son accession au trône. Fille absolument obéissante et dévouée, l’approche de son couronnement va modifier son caractère alors que les personnages influents de la cour commencent à la fréquenter. Le drame historique, c’est à dire les complots familiaux et les clivages politiques, se mêle au drame amoureux d’une façon tout à fait romanesque. L’épanouissement de son amour pour Albert sera la condition sine qua non à sa réussite politique, à faire de Victoria la reine qui a su déjouer les pièges de sa jeunesse et de son inexpérience.

Victoria photo 2

S’il faut louer la qualité de jeu irréprochable du couple royal (Emily Blunt et Rupert Friend), l’on peut néanmoins regretter un certain manque d’audace dans la mise en scène du cinéaste Jean-Marc Vallée, réalisateur de C.R.A.Z.Y. il faut le rappeler. Certes la matériaux n’est pas facilement malléable mais le cinéaste compte davantage sur la performance des acteurs en costumes et le faste des décors pour impressionner plutôt que sur une lecture personnelle du sujet. Le film est techniquement parfait mais l’on ne sent pas de touche particulière dans sa mise en œuvre. Si l’intimité de la reine se juxtapose à sa pratique du pouvoir, les dialogues en disent plus long que les images. L’homogénéité règne là où il aurait fallu marquer la distinction entre l’être et le paraître, Victoria apprenant cela rapidement à ses dépends.

Victoria photo 3

Le film néanmoins déjoue les pièges habituels de ce genre d’exercice, celle de la fascination de l’image pour l’image, de la restitution historique pour elle-même. Les plans d’ensemble sont peu nombreux et jamais à aucun instant les demeures royales sont offertes totalement à la vue du spectateur. A l’image de Victoria qui y vit de façon presque recluse, le spectateur ne peut échapper à son point de vue. Les dialogues eux-mêmes échappent à la tendance théâtrale et précieuse, le vocabulaire et le phrasé semblent même très moderne. La réussite du film tient certainement à la hauteur à la quelle se place le cinéaste, celui de la jeune et très belle Victoria qui découvre dans les premières années de son règne la rude tâche qui l’attend. L’on est de loin de L’Angleterre conquérante, colonialiste et puissante à venir, tout juste pense t-on que le pouvoir royal ne dépasse pas les limites des jardins splendides autour du palais. La lourde charge qui pèse sur le trône contraste avec l’étonnante invisibilité de ce même pouvoir, un pouvoir dont par ailleurs l’on doute que la reine contrôle seule les rênes.

Victoria photo 4

One thought on “Victoria, les jeunes années d’une reine (Jean-Marc Vallée, 2009): chronique cinéma

  1. Action! Pour Café de Flore, le nouveau film du réalisateur Jean-Marc Vallée. Le début du tournage se compte en heures. Parmi les têtes d’affiches : Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène Florent et Évelyne Brochu. Le film vous sera dévoilé progressivement… du tournage au lancement. Intégrez le plateau, recevez en primeur des infos, des photos, des séquences, des playlists et du matériel exclusif sur Facebook.

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