Je suis heureux que ma mère soit vivante (Claude et Nathan Miller, 2008): chronique cinéma

JE SUIS HEUREUX QUE MA MERE SOIT VIVANTE
Un film de Claude et Nathan Miller
Avec Vincent Rottiers, Sophie Cattani, Christine Citti, Yves Verhoeven
Genre: drame
Pays: France
Durée : 1h30
Date de sortie : 30 septembre 2009

je suis heureux que ma mère soit vivante affiche

A quatre ans Thomas est abandonné par sa mère Julie et aux côtés de son très jeune frère Patrick, ils entameront une nouvelle vie auprès de parents adoptifs qui rebaptisent Patrick en François. Mais Thomas n’est pas heureux, il pense toujours à sa mère biologique dont le souvenir, qui s’estompe avec les années, restent vivaces. A douze ans il fugue son internat pour se renseigner auprès des institutions sociales et retrouve la trace de Julie. Devenu jeune homme, Thomas décide de franchir le pas et frappe à la porte de celle qui l’a enfanté. Thomas et Julie renoue alors des rapports étranges, mêlés d’affection et de considération mais aussi de gêne et de non-dits. Thomas entame alors une double vie qui va peu à peu glisser dans le drame…

je suis heureux que ma mère soit vivante photo 1

je suis heureux que ma mère soit vivante photo 2

Réalisé à quatre mains par le réalisateur Claude Miller et fils, Je suis heureux que ma mère soit vivante est à l’origine un article d’Emmanuel Carrère sur un fait divers. Véritable drame familial, Thomas se bat contre lui-même en repoussant ses parents adoptifs et en rêvant d’un bonheur qui n’aura jamais lieu avec sa mère biologique qui les a abandonné, lui et son frère. La grande audace du film est la relation des faits sur une grande période de temps, depuis les mois qui précèdent l’abandon alors que Thomas n’a que quatre ans, jusqu’au moment où il retrouve sa mère alors qu’il est désormais majeur. Une grande période de temps où pourtant la douleur n’a jamais cesser de poindre, de travailler le garçon, de l’empêcher de vivre au contraire de son jeune frère, appelé désormais François, qui a choisi de tourner cette page difficile.

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Par le montage en flashback, Claude et Nathan Miller formalisent les souvenirs qui resurgissent comme de lointain échos. L’irresponsabilité de Julie, la rencontre avec les parents adoptifs, les vacances d’été, le premier face à face entre Thomas et sa mère, ce sont tous ces moments cruciaux qui s’imposent à la mémoire du jeune homme malgré lui. Ces souvenirs vont précisément nourrir une violence psychologique sourde que Thomas reconduira contre ses parents d’adoption, en particulier son père qui va peu à peu sombrer dans une profonde dépression. Thomas fait mal à ceux qu’il aime autant que sa mère a pu lui faire du mal à lui en le laissant s’occuper de son frère bébé pendant plusieurs jours avant d’être pris en charge par l’assistance publique. Thomas, trop âgé pour oublier mais pas assez jeune pour ne pas conserver de séquelles, va désormais refuser l’autorité de quiconque.

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Cette mère qu’il a fantasmé à travers tous ces souvenirs, ne va pas combler toutes ses attentes alors qu’il la rencontrera. Détachée de son ancienne vie, elle est de nouveau la mère d’un petit garçon. Aussi déficiente qu’elle a pu être dans sa jeunesse en terme d’éducation, Thomas va s’inscrire dans une logique du grand frère en s’appropriant une place dans cette nouvelle famille, une place qu’il décide de dissimuler aux yeux de sa mère d’adoption. Incompris et mal aimé durant toute son enfance, il entrevoit les mêmes mécanismes à l’œuvre envers son nouveau petit frère, situation qu’il ne peut décidément plus supporter. Sa quête, celle de ses origines, bute alors contre une dure réalité sociale et maternelle. Dans le registre réaliste et immédiat, l’on suit le jeune homme dans la tourmente de son comportement d’inadapté contre lequel aucun lien aussi fort soit il avec son entourage ne permettront d’éviter le drame. Je suis heureux que ma mère soit vivante, un film prenant, sensible, touchant avec comme cerise sur le gâteau une performance éclatante de Vincent Rottiers et de Sophie Cattani en parent/enfant complètement perdus.

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