Beastie boys (Yun Jong-bin, 2008): chronique preview

BEASTIE BOYS
(The moonlight of Seoul/ Biseuti boijeu)
Un film de Yun Jong-bin
Avec Ha Jung-woo, Yoon Kye-sang, Yoon Jin-seo
Genre: romance
Pays: Corée du Sud
Durée : 2h03
Date de sortie: indéterminée

beastie boys affiche

Dans un club privé de Séoul, le quotidien débauché de deux escort boys, Seung-woo et Jae-hyung. Le premier est très jeune, pensant ce travail temporaire mais les clientes en font l’un de leurs préférés. Le second est beaucoup plus expérimenté et gère la répartitions de ses équipes dans chaque salle. Dans la ville moderne qui ne jure que par le faste, la jeunesse et l’argent, le monde de la nuit génère ses propres démons. Une nuit Seung-woo rencontre Ji-won, une cliente elle-même escort girl. Il en tombe éperdument amoureux. Afin de vivre en couple, ils arrêtent leur train de vie nocturne mais doivent trouver du travail pour rembourser les dettes contractées par Jin-won vis à vis de son employeur. Jae-hyung lui, navigue entre deux histoires en cachette et à cause de sa manie du jeu, doit rembourser une forte somme à un voyou. Les chemins de Seung-woo et de Jae-hyung se séparent, du moins pour un temps.

beastie boys photo 1

Regard désillusionné sur le monde des gigolos modernes, Beastie boys est le second long-métrage de Yun Jong-bin qui avait signé en 2005 The unforgiven. Image d’un cinéma clinquant, le film met en exergue l’attrait d’une nouvelle génération pour l’argent facile et un mode de vie sans contrainte. Il y est question de brûler la chandelle par les deux bouts, de vivre au maximum ici et maintenant. La superficialité d’une vie matérialiste finit pourtant par broyer ceux qui ne veulent, ou ne peuvent, lever le pied. Univers très machiste dans ses comportements, la troupe des gigolos se donnant rendez-vous pour les préparatifs, le coiffeur, la salle de gym, chacun congratulant l’autre pour ses performances de la veille ou encore pour refiler un tuyau mode. Tout le monde est beau, séduisant, attirant, dans les moindres détails. La séduction est leur arme, une séduction cependant dénuée de profondeur ou de subtilité, leur seul objectif étant de faire dépenser au maximum leurs clientes, elles-mêmes non dupes de ce jeu ou chacun trouve sa part de satisfaction.

beastie boys photo 2

Le comportement de ces jeunes hommes en devenir est aussi condamnable que celui des jeunes femmes, toutes aussi superficielles les unes que les autres. Et lorsque que deux d’entre elles font venir nos deux héros dans leur chambre d’hôtel pour entamer une charmante soirée, le coup de téléphone du petit ami de l’une d’elle met précipitamment fin à la surprise party. L’infidélité est une règle de vie, une démonstration de sa liberté et de son pouvoir sur l’autre. Cette relation vendeur-consommateur est bien entendu dénuée de sentiment, les premiers soutirant aux seconds de l’argent pour leur plus grand plaisir. L’on nage en plein système libéral de l’offre et de la demande. Une sorte de système économique des corps. Car aujourd’hui pour pouvoir vivre, tout est à vendre, y compris soi-même.

Lorsque que les sentiments pénètrent dans cette sphère nocturne, il ne faut pas attendre longtemps pour que ce système vacille. Tellement rongé par les excès et la liberté totale, ses jeunes corps deviennent soudain incapables de faire face aux responsabilités qu’entraînent la vie de couple. Incapables de stabilité, ils s’enfoncent de nouveau dans les territoires sombres de la vie de débauche, seul territoire connu à leurs yeux. Beastie boys regroupe la crème des jeunes acteurs sud-coréens actuels, depuis Ha Jung-woo dont la renommée ne cesse de grimper en flèche (The chaser, My dear enemy), jusqu’à Yoon Jin-seo déjà vue dans le fameux Old boy de Park Chan-wook. Cette jeune génération fait montre d’un dynamisme et d’un talent certains dans un cinéma qui a décider de conquérir d’autres territoires que celle de la seule Corée du Sud. Sans être un grand film en terme de mise en scène, Beastie boys est techniquement impeccable et se regarde avec intérêt tant certaines scènes témoignent d’une intensité de jeu magistrale.

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