D’une seule voix (Xavier de Lauzanne, 2009): chronique cinéma

D’UNE SEULE VOIX
Un film de Xavier de Lauzanne
Genre: documentaire, musical
Pays: France
Durée: 1h23
Date de sortie: 11 novembre 2009

D'une seule voix affiche

Jean-Yves Labat de Rossi, producteur de musiques classiques et traditionnelles, ancien rocker et hippy dans les années soixante-dix, organise en 2004 un concert à Jérusalem d’artistes Israéliens juifs, Israéliens arabes et Palestiniens. Deux ans plus tard il souhaite organiser une tournée de ces musiciens dans toute la France et part à Jérusalem et à Gaza pour mettre en place le projet. Ainsi le Jerusalem Oratorio Chamber Choir, L’Ensemble Musical de Palestine, le groupe israélien Ashira, le chœur d’enfants de Taibeh accompagné du chœur Efroni, l’artiste pop Eti Castro et le chanteur hip-hop Sameh Zakout se retrouvent sur les routes de France pour quatorze concerts. Un voyage dans les coulisses de cette aventure peu ordinaire à l’heure où le conflit israélo-palestinien manifeste son impasse. Entre complicités musicales et tensions identitaires, les relations humaines au jour le jour.

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Projet complètement indépendant né à la suite de la captation du premier concert D’une seule voix à Jérusalem, le film qui suit la tournée française révèle à la fois les points forts du projet (la rencontre et surtout la vie quotidienne que les musiciens partagent) mais aussi les inconvénients qu’un tel projet suscite lorsque les moyens techniques ne suivent pas. Tourné à une seule caméra en effectuant en même temps la prise de son, le réalisateur Xavier de Lauzanne court littéralement après son film qui fatalement s’essouffle à plusieurs reprises en essayant de capter la scène, les coulisses et les problèmes d’organisation de la tournée qui s’apparente à un joyeux bazar. Formellement pauvre car tourné « à l’arrache », les différentes séquences se précipitent les unes après les autres sans véritable sérénité, un constat d’autant plus dommageable que le sujet, et les protagonistes, se révèlent attachant et iconoclastes.

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En effet les différentes personnalités font l’atout du film. Des personnalités fortes et originales qui nous rappellent combien derrière toute cette problématique israélo-palestinienne se cachent des individus certes d’origines diverses, mais qui partagent pourtant de nombreux points communs, à commencer  l’amour de la musique. Que ce soit Atef, en quelque sorte le responsable de l’Ensemble Musical de Palestine qui doit gérer les comportements inappropriés de ses musiciens, ou encore Haggy, chef du cœur de la Jerusalem Oratorio Chamber Choir, qui prend conscience des différences sociales dont chacun est issu, ce sont deux musiciens qui expriment leurs sentiments sur le projet et sur les difficultés à mener ce même projet à terme, une problématique assez éloignée d’une pure réflexion politique sur le conflit, seulement évoquée lors d’une discussion houleuse sur le trajet en bus.

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Car les tensions inévitablement ce font jour, tensions que tente de réfréner à tous pris Jean-Yves Labat de Rossi, qui sent que son projet peut lui échapper des mains à tous moments. Face à des remarques acérées ou des non-dits qu’expriment certains, c’est paradoxalement de deux jeunes artistes qu’émanent une connivence sans pareil. Eti Castro et Sameh Zakout, respectivement juive israélienne et arabe israélien, ont travaillé précédemment sur un CD mutuel et leur duo fonctionne sans aucune arrière-pensée. Elle, chanteuse pop, et lui chanteur hip-hop se produisent ensemble en hébreux et en arabe, mettant l’ensemble du public à l’unisson sur des rythmes contemporains enlevés. Qu’elle agite un kheffieh malgré la protestation de ses pairs, ou qu’il chante le cœur sur la main lorsqu’il s’exprime en hébreux, le duo témoigne d’une espérance folle dans la complicité des deux cultures, une complicité qui va heureusement finir par s’étendre dans le groupe. L’actualité rattrapant le documentaire, les frappes à Gaza au tout début 2009 ont fait perdre au groupe l’un des leurs. Constat bien pessimiste, la musique n’a pour l’instant pas recouvert le bruit des bombes, pourtant chacun dans le groupe garde l’espoir d’une possible entente qui permettrait aux différentes cultures d’exprimer le meilleur d’elles-mêmes.

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