2012 (Roland Emmerich, 2009): chronique cinéma

2012
Un film de Roland Emmerich
Avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Oliver Platt, Thandie Newton, Danny Glover, Woody Harrelson, Thomas McCarthy
Genre: science-fiction, catastrophe
Pays: USA
Durée: 2h40
Date de sortie: 11 novembre 2009

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Des irruptions solaires sans précédent éveillent la crainte de scientifiques sur les dangers à venir pour la planète Terre. Quelques années plus tard une coordination secrète de différents états s’est donnée les moyens de parer à la destruction totale de la civilisation humaine. Au cœur de cette course pour la survie, un écrivain raté et divorcé qui mènera sa petite famille vers les lueurs de l’espoir et un géologue noir qui, confronté à l’imminence de la fin de la race humaine, se doit de prendre les bonnes décisions. Le compte à rebours est lancé, la température du noyau terrestre augmente brusquement, provoquant la césure et la dérive de plaques tectoniques, entraînant elles-mêmes de gigantesque tsunami. Le monde tel que nous le connaissons va bientôt disparaître sous les flots.

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Le blockbuster promis tient bien toutes ses promesses, celles d’un spectacle picturalement grandiose sans une once de réflexion derrière. Face à cette débauche d’effets spéciaux en effet très réussis, le film n’offre aucun contrepoint scénaristique intéressant. 2012 est au film de science-fiction catastrophe ce que le gonzo est au genre pornographique. Le sol se craquelle, la lave en fusion s’expulse, la terre s’engouffre dans des ravins colossaux, la mer se déchaîne et le ciel s’assombrit dans une fureur de fin du monde que n’aurait pas renié le peintre anglais John Martin. Relecture techniciste et élitiste de l’épisode du déluge de la Bible, 2012 n’a pas peur d’occidentaliser son propos à outrance. Seuls les gouvernements des pays développés s’embarquent sur ces arches submersibles accompagnés de ces « salops » de riches que sont les oligarques russes et les princes saoudiens capables de payer leurs places pour le paradis au prix fort. Independence day, Godzilla, Le patriote, Le jour d’après et enfin 10,000 B.C. nous avez prévenu, Roland Emmerich n’est pas un modèle de subtilité dans la mise en forme de son récit ni de son contenu.

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Confirmation peu surprenante donc, les héros sont ici encore tous américains (excepté ce fameux scientifique indien à l’origine de l’alarme qui mourra, suprême récompense, avec les siens en priant ses dieux), beaux, forts et intelligents, de quoi sourire lorsque le réalisateur aborde cette soi-disant internationalité de la catastrophe. L’infâme oligarque russe emploie l’héroïque écrivain raté qui lui-même rencontre l’intelligent scientifique noir qui croise le chemin de la superbe fille du président qui lui-même meurt en brave dans le jardin de la Maison Blanche, etc. Des récits entrecroisés à mourir de rire devant l’inéluctabilité de la fin du monde à venir. S’efface bien entendu les véritables enjeux éthiques du film, ceux de la survie de quelques uns, triés et sélectionnés sur le volet face à la mort annoncé du plus grand nombre. Le manichéisme du film frôle la faute de goût tant le comportement des personnages s’alignent sur une grille de lecture simpliste qui n’autorise aucune surprise. La femme de l’écrivain raté avait refait sa vie avec un nouvel homme, héroïque là encore mais tout de même moins que l’ex-époux, et sa mort viendra rendre possible la reformulation de la famille originale. Bons sentiments à souhaits jusqu’à la nausée, ces derniers remportent leur ultime victoire lorsque l’instinct de survie de l’espèce s’effacera devant ce salmigondis d’enseignement chrétien : aimer son prochain, savoir se sacrifier pour autrui, ne pas avoir peur d’être patriote. Bref, du déjà vu. La mort de six milliards d’individus (dans la presque totale indifférence) ne semble pas inspirer plus que cela notre cher cinéaste hollywoodien-teuton…

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