Vent mauvais (Stéphane Allagnon, 2007): chronique DVD

VENT MAUVAIS
Un film de Stéphane Allagnon
Avec Jonathan Zaccaï, Aure Attika, Bernard Le Coq, Florence Thomassin, Guillaume Viry, Saïd Serrari, Jo Prestia
Genre: drame
Pays: France
Durée: 1h27
Date de sortie: 13 juin 2007
Editeur DVD: Gaumont
Date de sortie DVD: 6 mars 2008

Vent mauvais DVD

Franck, jeune informaticien intérimaire, débarque un jour dans une petite ville de bord de mer où la vie semble s’écouler lentement et paisiblement. Chargé de réparer un ordinateur qui s’occupe de la gestion des caisses dans un supermarché, il découvre rapidement avec incrédulité que le patron détourne de fortes sommes d’argent. Alors que l’intrigue se détourne subitement sur la disparition du précédent informaticien, le doute va s’installer dans l’imaginaire de Franck qui, du statut de petit rouage dans l’ignorance va peu à peu imposer sa présence et ses volontés. Face à lui, Hopquin en gérant avide mais patient tente maladroitement de cacher le fonctionnement de son arnaque. Rattrapés par un ancien magasinier qui désire sa part du gâteau, Franck et le gérant devront jongler avec ces nouveaux profiteurs.

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Vent mauvais est un petit bijoux de cynisme et de film hybride. Entre le drame et le polar, le ton forcé de certaines répliques lorgne du côté de la comédie. Stéphane Allagnon joue avec les effets, les moments de coupe, les ambiances et le jeu des acteurs avec une maîtrise saisissante et enjouée. Tout sonne juste dans le film, depuis les accessoires à peine visibles, jusqu’aux dialogues empreints de réalisme. Le film arbore une fausse sobriété, sobriété d’autant plus subtile qu’elle est amenée par une maîtrise technique indéniable. Jonathan Zaccaï, quasi omniprésent à l’image sort son épingle du jeu.

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On peut également voir dans Vent mauvais un film social tout comme Le couperet de Costa-Gavras. Si ce dernier film relate la déchéance d’un cadre prêt à tout pour s’assurer un poste au sein d’une entreprise, ici le point de vue est inverse, c’est le gérant qui est prêt à tout pour sauver son train de vie et sa malicieuse combine. Le rapport à l’argent est devenu le seul et unique moyen de communication entre le patron et ses « employés ». Source de convoitise, l’argent caractérise socialement les individus lorsque, durant une courte scène, la femme rétorque à Franck qu’elle désire bien plus qu’un intérimaire. L’argent trompe et aliène à tous les niveaux et le leçon finale du patron à Franck est saisissante: ton tour viendra, comme si la logique de l’arnaque vivait de façon cyclique, irrémédiable, inévitable.

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