My brother’s wedding (Charles Burnett, 1983): chronique cinéma

MY BROTHER’S WEDDING
un film de Charles Burnett
Avec Everett Silas, Jessie Holmes, Gaye Shannon-Burnett, Ronnie Bell, Denis Kemper, Angela Burnett
Genre: drame
Pays: USA
Durée: 1h20
Date de sortie: 4 mars 2009

Pierce est un jeune homme noir du ghetto de Los Angeles, il traîne ses guêtres en attendant la sortie de prison de son meilleur ami, Soldier. Fils d’une famille travailleuse à la tête d’un pressing, Pierce ne ressemble pas à son grand frère qui a choisi de devenir avocat et qui va bientôt se marier avec Sonia, une jeune femme noire issue d’une riche famille. Cette différence de statut social exaspère Pierce qui ne manque pas une occasion de se confronter à sa future belle-sœur, et préfère affirmer son appartenance à une communauté pauvre issue des champs de cotons. Fier et intègre, il évite néanmoins les problèmes, au contraire de Soldier qui traîne toujours dans les mauvais coups. Alors que le mariage de son frère approche, Pierce apprend la mort de son ami dans un accident de voiture, il ne sait s’il doit se rendre aux funérailles plutôt qu’au mariage de son frère…

Sortie tardive, le film date de 1983, mais salvatrice du troisième long-métrage du cinéaste noir américain Charles Burnett, My brother’s wedding est l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’un des réalisateurs incontournables du cinéma indépendant qui a fait du réalisme social de la communauté afro-américaine sa principale préoccupation. Auteur de Warming by the devil’s fire de la série de Martin Scorsese The blues très récemment, Killer of sheep, son second long-métrage a eu les honneurs d’une sortie en salle il y a peu et fait partie d’une liste des cinquante films les plus importants de l’histoire américaine conservés par la bibliothèque du Congrès. Précurseur d’un cinéma vériste de la communauté noire moderne, Charles Burnett s’est tout de suite écartée de la tradition populaire de la blacksploitation des années soixante-dix qu’il juge impropre à bien représenter la réalité sociale de son pays à cette époque. Avant Spike Lee ou encore John Singleton (Boys’n’ the hood), Charles Burnett n’a cessé d’observer les siens pour rendre compte des malaises qui hantent la communauté noire, aussi bien le creuset des générations que la difficile intégration des Noirs dans la société majoritairement blanche et protestante des Etats-Unis.

Dans My brother’s wedding, il est surtout question d’une appartenance à une identité, celle d’une jeune homme issu du ghetto et qui refuse d’en sortir comme le souhaiteraient ses parents et son grand frère. Au contraire il se rattache à tous les éléments qui lui rappelle sa condition ; il rend visite aux parents de son ami Soldier et leur apporte réconfort, il lit la Bible à ses grands-parents vieillissants, il prête main forte à sa mère dans sa boutique de pressing et enfin court après un voyou dans les ruelles de son quartier. Intelligent et débrouillard, il préfère l’humilité des siens aux grands projets d’avenirs de certains. Le gospel est fortement présent dans la bande sonore du film, et l’on sent une quasi religiosité dans les choix que fait Pierce, ceux qui le mènent sur un chemin de croix personnel qui l’éloigneront de sa famille au profit d’une plus haute idée de la communauté noire, celle du repentir et du respect au sujet d’une culture qui se métamorphose avec les générations, une culture dont la jeunesse oublie peu à peu les racines et les fondements. Un film sans quelques maladresses mais tout à fait sincère et franc sur une vision pessimiste d’une société qui se dévore elle-même.

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