K-20 l’homme aux vingt visages (Shimako Sato, 2008): chronique DVD

K-20 L’HOMME AUX VINGT VISAGES
(K-20: kaijin niju menso den)
Un film de Shimako Sato
Avec Takeshi Kaneshiro, Takako Matsu, Toru Hakamura, Hongo Kanata
Genre: science-fiction
Pays: Japon
Durée: 2h20
Editeur vidéo: Zylo
Date de sortie DVD: 21 octobre 2009


Dans un monde qui n’a pas connu la seconde guerre guerre mondiale et qui a suivi la voie technologiquement tracée par l’ère industrielle, Teito est devenue la capitale du Japon. L’écart s’est creusé entre les différentes couches de la population et un certain K-20, véritable fantôme sans visage, vole les biens de la classe dominante pour les redistribuer aux pauvres. Un jeune acrobate de cirque, Heikichi Endo, est malheureusement pris pour le voleur masqué et, à l’occasion d’une évasion organisée par la guilde des voleurs, Heikichi n’a d’autre choix que d’entamer une vie de paria. Initié par Genji, à la tête de la guilde, le jeune acrobate et prestidigitateur espère un jour faire face au K-20 pour le confondre et ainsi prouver son innocence.

Véritable uchronie cinématographique, ce film de science-fiction n’est pas sans rappeler le récent V pour vendetta du cinéaste américain James Mc Teigue, tant par la ressemblance formelle du héros masqué que par le contexte anarchiste que véhicule le film, notre jeune personnage Heikichi rencontrant un groupe d’enfants affamés et laissés pour compte, bien décidés à mettre sur pied un nouveau monde débarrassé d’une classe prolétaire dominante. Le film étonne par le soin apportés aux effets spéciaux, fort réussis, et aux cascades, très influencées du style yamakazi, malgré le relatif manque de notoriété du cinéaste Shimako Sato, qui a tout de même signé son premier film en 1992 pour le compte d’un studio anglais, Tale of vampire, mais également le scénario d’une série télévisée dérivée du film nippon The queen bee, réalisé en 1978 par Kon Ichikawa. Dès les premières images, le réalisateur nous plonge dans un univers familier que ne renierait pas Jules Verne avec ces machines volantes à vapeur et autres dispositifs électriques qui rendent hommage aux pionniers de l’électricité.

Mais le récit nous emmène ensuite dans un autre univers, celui du cirque dans lequel travaille Heikichi, soucieux de ses colombes, partenaires à part entière de ses numéros d’acrobate, de trapéziste et de prestidigitateur. Ame sensible et intègre, il vivra mal cet amalgame forcé avec le voleur des grands chemins K-20, celui qui n’a pas de visage ou, plutôt, celui qui a tous les visages. Le mythe de Robin des bois se télescope avec celui de la cour des miracles (la guilde des voleurs), Heikichi se trouvant obligé d’accepter une voix qu’il n’a pas choisi. Aidé par la guilde, il va peu à peu acquérir le savoir de ce dernier et maîtriser aussi bien l’art du déguisement que celui de l’évasion. Sorte de continuation naturelle de son propre métier, son duel avec K-20 va réveiller chez lui des doutes quant aux origines du voleur masqué. Véritable grosse production digne des films hollywoodiens, le casting est bien entendu emmené par une star asiatique de premier plan, Takeshi Kaneshiro (2046, Le secret des poignards volants, Les 3 royaumes entre autres).

Le film n’est pas passé inaperçu au Japon et pour cause, la figure de K-20 (The fiend en version originale) est à l’origine un personnage créé dans les années trente par l’un des auteurs les plus connu du Japon, Edogawa Rampo, sorte de double nippon d’Edgar Poe, qui signe également de nombreuses histoires mystérieuses et étonnantes. Ce personnage sera ensuite repris tout au long du siècle jusqu’à devenir le héros d’un roman de Soh Kitamura en 1989. Véritable personnage populaire que l’on pourrait comparer à Arsène Lupin en France, ses origines et son identité restent inconnues malgré les centaines de récits dont il est le protagoniste. Le film de Shimako Sato offre donc une existence cinématographique au personnage, non sans quelques modifications afin de moderniser le mythe. Sans être un film culte, K-20 l’homme aux vingt visages se place dans la droite lignée des adaptations spectaculaires telles que Batman, Sin City ou encore Iron man (il suffit de contempler le générique de début pour s’en convaincre), des films qui redonnent parfois une seconde jeunesse à des héros parfois anciens sans jamais trahir les intentions originelles. Par ailleurs, cette production japonaise n’a pas à rougir de ses grands frères américains, tant la qualité de la forme est au rendez-vous.

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