London nights (Alexis Dos Santos, 2009): chronique cinéma

LONDON NIGHTS
(Unmade beds)
Un film d’Alexis Dos Santos
Avec Fernando Tielve, Déborah François, Michiel Huisman, Iddo Goldberg, Richard Lintern, Katia Winter, Alexis Dos Santos
Genre: comédie dramatique
Pays: Grande-Bretagne
Durée: 1h33
Date de sortie: 28 avril 2008

Dans le Londres des soirées branchées pour jeunesse insouciante et vagabonde, Axl est un jeune espagnol à la recherche d’un père qu’il n’a jamais connu. A la faveur d’une rencontre avec d’autres jeunes gens qui aspirent comme lui à une vie sans véritable contrainte, on lui propose de s’installer pour un temps dans un squat aménagé. Il y croise Véra, une française à la recherche d’histoires d’amour intenses et imprévisibles. Les deux errent dans les rues et les boîtes de nuit de la capitale anglaise pour ressentir de nouvelles sensations et donner un sens à leur vie. Loin de leur pays natal, ils construisent mine de rien dans leur entrepôt squat une sorte de famille éphémère avec leurs colocataires tout aussi détachés des réalités et des contraintes du quotidien.

Film qui se veut générationnel en suivant la destinée de deux jeunes gens qui se cherchent et errent dans les lieux typiques d’une capitale branchée, London nights tente de nous faire vivre cette expérience d’une jeunesse un peu perdue qui se reconnaît par des codes spécifiques tels que la musique ou le rejet des conventions sociales en écartant à chaque instant la triste réalité du quotidien. Ici le quotidien n’a pas sa place, pour Axl et Véra chaque jour est différent et imprévisible. Axl par exemple finit ses nuits alcoolisées systématiquement dans un lit différent, Véra elle trompe ses doutes amoureux en laissant la chance lui permettre de revoir un homme avec qui elle a partagé sa nuit sans même connaître son nom. Certes le cinéma a parfois ce pouvoir de l’expérience par procuration mais le film d’Alexis Dos Santos ne convainc pas un instant. La faute à une mise en scène trop conventionnelle pas assez inventive. Là où un Michel Gondry s’invente un monde bricolé à l’image de ses rêves, Alexis Dos Santos reste un peu collé à ses personnages sans même être attentif aux lieux qu’ils traversent en se contentant d’alterner les points de vue.

Au film manque la détresse que l’on ressent dans My own private Idaho, l’exploration d’un monde fascinant dans Le grand bleu où l’hommage musical d’un Saturday night fever. Car London nights se veut un peu des trois, à la fois témoignage de la détresse à travers l’expérience de l’absence d’un père face auquel Axl veut se confronter, mais aussi par la visite guidée du monde des nuits londoniennes, des nuits arrosées accompagnées de paradis artificielles et bien sûr la succession inévitable de morceaux de musiques contemporaines qui se voudraient le miroir d’une création musicale temporellement définie. Certes le film aborde ces thèmes mais sans jamais véritablement les approfondir, l’on reste au niveau de l’anecdote ce qui ne permet pas au spectateur de s’investir. On reste presque indifférent aux doutes de Véra sur ses histoires d’amour et les nuits d’ivresse d’Axl finissent même par lasser. Les deux personnages restent trop éthérés pour être attachants.

Le film ne manque pas cependant de quelques scènes tendres, la manie par exemple pour Axl de prendre en photo les lits dans lesquels il dort ou encore cette soirée dans laquelle il arrive au milieu des invités costumés en animaux. On peut sourire à quelques détails que chacun a pu vivre dans sa propre vie mais au-delà le film ne titille pas suffisamment les spécificités d’une nouvelle génération nomade en décalage avec la société qui les entoure. Le sens des responsabilités et la nécessité du travail semblent leur être inconnu et la redéfinition du groupe social échappe à toute logique. Ils sont étrangers les uns aux autres mais se ressemblent toujours un peu, la même attitude passive à l’égard de la vie. London nights ne plonge malheureusement pas suffisamment dans ces problématiques actuelles et laissent ses personnages vagabonder au hasard.

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