Léviathan (George Pan Cosmatos, 1990)

Par cinq mille mètres de fond, un groupe de mineurs dirigé par le géologue Steven Beck exploite un gisement de métaux précieux pour le compte de l’influente compagnie Tri-Oceanic Corporation. A quelques jours de la relève, la fatigue se fait sentir et l’impatience règne quand, à la suite d’un incident lors d’une sortie, l’équipe découvre non loin de la station la présence d’une épave russe, le Léviathan. Ils y découvrent quelques documents de bord et une bouteille de vodka rescapée. Pour éviter tout incident Steven Beck confisque le breuvage. Pourtant, Six-pack, l’homme vulgaire de la bande arrive à la détourner pour son compte et celui de Bowman, la femme pulpeuse de service. Le lendemain, des taches apparaissent sur leur corps transformant leur peau en écaille. Le médecin, à la fois expérimenté et indiscipliné, découvre alors qu’une sorte de mutation génétique menace les deux patients qui meurent peu après. La disparition de leur corps inquiète les survivants…

Plongée abyssale au cœur de l’océan, Léviathan n’est rien d’autre que la variante aqueuse d’Alien, tourné dix ans plus tôt. Ajoutez y un soupçon de The thing de John Carpenteur et vous obtiendrez le scénario final du film, ajoutant à l’angoisse d’un espace diffus et hostile la menace d’une créature hybride et insaisissable. Artisan honnête, George Pan Cosmatos, plus habitué aux films d’actions virils tels que Rambo II la mission (Rambo : First blood part II, 1985), Cobra (1986) puis le western Tombstone en 1993, l’est en revanche beaucoup moins dans la maîtrise de l’angoisse. Certes les comédiens sont convaincants, Peter weller en tête, que le cinéaste avait déjà dirigé dans D’origine inconnue (Of unknown origin) en 1983, sans oublier Richard Crenna en médecin rebelle, mais la mise en scène souffre de la banalité du genre. Banalité que ne rehaussent nullement les effets spéciaux de la créature pourtant fabriquée par le génial Stan Winston. Autre lacune, beaucoup plus grave, le métrage manque totalement de réel enjeu narratif et dramatique. L’isolation des mineurs, la séparation d’avec le monde extérieur et la cupidité de la compagnie ne sont qu’un vague contexte dont George Pan Cosmatos ne tire aucun profit si ce n’est la délicate position du cérébral Steven Beck, parachuté à l’occasion par la direction pour commander un groupe de purs techniciens.

L’ennui heureusement ne s’installe pas mais le manque d’originalité déçoit. Léviathan souffre forcément de la comparaison avec le film de James Cameron, Abyss (The abyss), sortit quelques mois plus tôt en France. Là où James Cameron fait de l’océan un monde à la fois inquiétant et merveilleux d’une richesse insoupçonnée, Léviathan n’explore pas suffisamment toute la thématique du monde sous-marin aux portes duquel se confronte l’homme. L’enjeu scénaristique du film, celui de la mutation de l’homme en une créature plus adaptée aux conditions de vie marines, reste superficiel et ne dénonce pas suffisamment les dérives du génie génétique. Trop schématique et conventionnel, le film n’arrive pas à insuffler cette peur primale que peut provoquer les grandes profondeurs où rôde la bête immonde comme a su si bien l’exploiter Steven Spielberg dans Les dents de la mer (Jaws). Ici, bien que la créature lorgne vers l’univers informe de Lovecraft, l’angoisse ne dépasse jamais l’utilisation malheureuse des effets sonores. Ne reste désormais qu’un honnête film de série B s’offrant comme un vestige d’une époque révolue, celle des effets spéciaux traditionnels.

LEVIATHAN
Un film de George Pan Cosmatos
Avec Peter Weller, Richard Crenna, Amansa Pays, Daniel Stern, Ernie Hudson, Michael Carmine, Lisa Eilbacher, Hector Elizondo, Meg Foster
Genre : fantastique, épouvante
Pays : USA, Italie
Durée : 1h38
Date de sortie cinéma : 3 janvier 1990

Sherlock Holmes 2 – Jeux d’ombres (2011, Guy Ritchie)

Fin du XIXe siècle, l’Angleterre s’est transformée sous les effets de l’industrialisation. Sur le continent, les empires vacillent, les attentats anarchistes sèment le trouble. Depuis quelques mois la vieille Europe tremble, la guerre menace entre la France et la Prusse. Décelant une machination diabolique derrière ces évènements sombres, le célèbre détective Sherlock Holmes enquête. Mais il va devoir se passer de son fidèle assistant, le Dr Watson, car celui-ci est sur le point de sa marier avec la charmante Mary. La veille de la cérémonie, et en prétextant l’enterrement de vie de jeune garçon du Dr Watson, Holmes croise le chemin de Simza la gitane, première piste qui conduiront le duo à travers l’Europe à la poursuite d’un ennemi cruel mais à l’esprit affûté, le professeur Moriarty.

Sherlock Holmes 2 affiche

Cette suite se place dans la parfaite continuité du premier opus, celle d’un Sherlock Holmes farfelue et cérébral, agile et combatif, ironique et pince sans rire. L’atmosphère est toujours aussi sombre, la poésie et la légèreté disparaissant dans cet univers de vapeur et autres gaz étouffants, dans un décor de briques et de structures métalliques. L’heure n’est plus à l’homme mais à celui des machines infernales. Contrairement au premier opus, ce Sherlock Holmes ancre son récit dans un certain réalisme historique, celui de la vieille Europe aux bords de la rupture. La société n’est désormais plus rurale mais bel et bien industrielle, évoquant la fin d’un monde qui laisse l’individu de côté pour mieux revendiquer la lutte des nations. La fraternité, incarnée dans la relation des deux compères mais aussi par la dévotion des gitans, s’oppose à l’individualisme et la cupidité de Moriarty. Règne des moyens de locomotions motorisés, ascension de la haute-bourgeoise, course à l’armement, le film aborde tous ces thèmes sous-jacents sans en avoir l’air. L’humour et la complicité des comédiens Robert Downet Jr. et Jude Law sauvent le film d’un certain naufrage scénaristique.

Certains trouveront en effet ce long métrage illisible, bruyant, énervant et n’auront pas tout à fait tort. Cela n’arrête jamais dans le film, la caméra court, saute, virevolte, se penche, se redresse et repart, sans compter sur un montage ultra nerveux, condensé, explosé, dilaté. Certes Guy Ritchie est un habitué de la mise en scène alambiquée et torturée mais le plus souvent au scénario inventif et original. Ici la course aux devinettes reste assez banale, prévisible. L’ère du numérique permet les effets les plus spectaculaires mais aussi, il faut le dire, le plus souvent inutiles. Ces derniers font du détective un névrosé du détail, un illuminé de la prédiction, un désaxé des relations humaines. Jamais rien n’atteint Sherlock Holmes sinon la retraite forcée de son compagnon une fois le mariage prononcé. Si la première partie du film a du mal à concentrer l’attention du spectateur par une exposition des enjeux narratifs assez floue, la seconde l’entraîne de plein pied dans cette course effrénée contre la montre. En effet la guerre menace et le duel de ces deux cerveaux que sont le détective et le docteur présage un sombre destin pour l’Europe. L’humanisme contre l’obscurantisme, la désinvolture contre l’appât du gain, l’humour contre la cruauté. Au final ce blockbuster n’est pas cet échec redouté, il n’est pas non plus un grand film en soi. Reste des acteurs enjoués (mention particulière pour Noomi Rapace dans le rôle de la ravissante gitane, très loin de sa composition pour la trilogie Millenium), une certaine dose d’adrénaline dans les images et surtout une multitude de clins d’œil disséminés ici et là.

SHERLOCK HOLMES 2 – JEUX D’OMBRES
(Sherlock Holmes 2 – A game of shadows)
Un film de Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law, Noomi Rapace, Rachel McAdams, Jared Harris, Stephen Fry, Kelly Reilly
Genre : Aventure, action, policier
Pays : USA
Durée : 2h07
Date de sortie française : 25 janvier 2012

Une nuit (Philippe Lefebvre, 2011)

Le commandant Simon Weiss, flic de la Brigade mondaine, parcourt chaque nuit les rues parisiennes. Son univers st celui des boîtes de nuit et des cabarets. Expérimenté, il connaît toutes les ficelles du métier, et son sang froid lui permet d’approcher les malfrats, même parfois de partager certains secrets avec eux. Cette nuit-là, une jeune recrue prénommée Laurence, lui est adjointe comme chauffeur. Mais l’IGS est après lui pour une sombre affaire de corruption. Comme chaque soir, Weiss fera le tour des établissements de nuit et croisera le chemin de Tony Garcia, un ancien du monde de la nuit tout comme lui, puis Jo Linder, un homme fiché au grand banditisme qui souhaite ouvrir prochainement un nouvel établissement. Pris entre le feu de la police des polices et celui des criminels des bas-fonds, Weiss devra ruser pour tirer sa carte du jeu.

Le cinéma français aime le polar et, parfois, une petite pépite en ressort. La nuit est l’un de ces films réalistes dans la lignée de Le petit lieutenant de Xavier Beauvois ou encore plus récemment Polisse de Maïwenn. Le cinéaste écarte donc la veine du spectaculaire pour s’attacher davantage à ses personnages et surtout au contexte du métier de flic de la Mondaine, un véritable monde à part avec ses secrets, ses habitudes et surtout ses travers inavoués. Le monde de la nuit est un monde où la loi ne prévaut pas et surtout où la morale est rancardée aux vestiaires. L’alcool, la drogue, la prostitution et la pornographie sont les ingrédients d’un cocktail nocturne qui font des membres de la pègre des gens influents, incontournables, maîtres de leurs secteurs. Une certaine nostalgie témoigne d’une époque plus ancienne, celle des spectacles de cabarets, des figures anthologiques à l’emballage travesti poussant la chansonnette avec une honnêteté touchante. Roschy Zem, d’une classe proprement séduisante, traverse tout ce capharnaüm avec une maîtrise de soi confondante. Face à lui Sara Forestier, qui a fait bien du chemin depuis L’esquive, film qui l’a révélé au grand public en 2004, ne démérite pas. Discrète, curieuse d’un monde qu’elle découvre peu à peu, elle est sagement à l’écoute de celui qui la guide dans les ruelles obscures de la capitale. Non pas un grand rôle de composition mais bien plutôt un rôle de soutien, qui s’offre comme un contrepoint à celui de Roschdy Zem.

La mise en scène est, elle, précise, efficace, dénuée de plans futiles. Une certaine nervosité s’en dégage, nervosité volontairement accentuée lors de la confrontation du flic avec les différents protagonistes peu scrupuleux de la loi française. Samuel Le Bihan, Grégory Fitoussi, Jean-Pierre Martins, Gérald Laroche tirent leur épingle du jeu mais c’est étonnement Richard Bohringer, dans un tout petit rôle, qui retient l’attention. Puissance de la « gueule d’acteur », on retrouve ici un hommage succinct mais vibrant aux visages du cinéma policier français des années cinquante et soixante, celui où les truands et les flics n’étaient, en fin de compte, pas si différents. Mais justement si hommage il y a, Philippe Lefebvre évite consciencieusement cette contemplation béate du cinéma envers ces truands violents et peu honorables. La veine réaliste lui imposant une certaine objectivité du propos. Reste l’histoire de l’amitié virile, petit cliché du genre remise en question dans la conclusion du film. Là où le film impressionne encore davantage, c’est dans son écriture. Unité de lieu (Paris) et de temps (une seule nuit) sont scrupuleusement respectés, animant ainsi le film d’une densité rare. Une petite pépite du cinéma français qu’il serait dommage de manquer.

UNE NUIT
Un film de Philippe Lefebvre
Avec Roschdy Zem, Sara Forestier, Samuel Le Bihan, Grégory Fitoussi, Jean-Pierre Martins, Jean-Paul Muel, Sophie Broustal, Gérald Laroche, Richard Bohringer
Genre : Policier
Pays : France
Durée : 1h40
Date de sortie française : 4 janvier 2012

Super 8 (J.J. Abrams, 2011): chronique cinéma

SUPER 8
Un film de J.J. Abrams
Avec Kyle Chandler, Joel Courtney, Elle Fanning, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso, Zach Mills, Ron Eldard, Joel McKinnon Miller, Jessica Tuck
Genre : Science-fiction
Pays : USA
Durée : 1h50
Date de sortie : 3 août 2011

Été 1979, à Lillian, une petite ville de l’Ohio. Alors qu’ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d’une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité alors que l’armée tente de boucler la zone… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Super 8 ou le film censé rendre hommage au format cinématographique du même nom. Certes en fil rouge la bande de copains réalisent en effet un court-métrage fantastique avec la caméra de papa et ? Et bien le déraillement catastrophique d’un train qui a failli leur coûter la vie ne semble pas les dévier de leur rêve de gosses : fabriquer un film de A à Z avec les moyens du bord. Mais, pas besoin de regarder le film de J.J. Abrams de près pour vite le comprendre, ce long-métrage est exactement le contraire d’un film super 8 mal fichu. Ici le blockbuster est roi et il serait totalement illusoire de la part du spectateur de vouloir y retrouver une once de ce cinéma amateur fabriqué à la maison. Tout au plus, et certainement pour avoir la conscience tranquille, le cinéaste insère dans le générique de fin ce fameux court-métrage tourné par la bande de copains. Quelle belle petite astuce ! Non Super 8 est une grosse production hollywoodienne tournée avec des moyens incommensurables loin des pratiques des effets spéciaux d’antant avec des bouts de ficelles. Si vous cherchez un véritable hommage au format amateur, regardez donc Le projet Blair Witch, LA pépite en format super 8 et vidéo qui a révolutionné le cinéma d’horreur sorti en 1999. Et si vous désirez contempler quelques effets spéciaux à la manière de l’époque, choisissez de revoir Dracula de Francis Ford Coppola tourné en 1992, certaines séquences y sont réalisées avec les techniques anciennes…

Alors pourquoi ce foin à propos de Super 8 ? Le vedettaria sans doute. J.J. Abrams (scénariste en haut de la vague avec la série non moins renommée Lost) + Steven Spielberg aux commandes de la production = le film hollywoodien de l’été à voir absolument (ou pas d’ailleurs)… La suite n’est qu’une affaire de communication à coup de références aux films des années quatre-vingt. Mais qu’en est-il de ces références ? Les Goonies, E.T., Rencontre du troisième type, Stand by me… Le cinéma n’est jamais qu’un espace intertextuel sans limite où chaque films produits fait forcément référence, de façon consciente ou non, à ce qui a été produit auparavant. Alors oui la bande de copains qui se sert les coudes malgré les circonstances de Super 8 fait écho à celle des Goonies. Alors oui cette créature extraterrestre qui ne cherche qu’à rentrer chez elle rappelle celle de E.T. Alors oui cette première rencontre avec la réalité de la mort (Joe fait en effet face à la mort de sa mère puis celle de certaines personnes de sa ville) évoque ce passage initiatique développé dans Stand by me. Et puis ? Quelles perspectives ces références donnent t-elles au film de J.J. Abrams ? Soyons clairs : aucune. Super 8 est un film de son temps, celui des années 2010 où la surenchère d’effets spéciaux est devenue tellement systématique qu’elle imprègnent une grande majorité de films produits à Hollywood au point qu’elle a perdu tout intérêt même celui de titiller l’imagination et d’en mettre plein les yeux. Quand à développer une histoire intéressante et stimulante, n’en demandons pas trop tout de même. Un film vide dont le lustre n’émane que de certains soi-disant critiques de cinéma.

Freddy, les griffes de la nuit (Samuel Bayer, 2010): chronique cinéma

FREDDY, LES GRIFFES DE LA NUIT
(A nightmare on Elm Street)
Un film de Samuel Bayer
Avec Jackie Earl Haley, Kyle Gallner, Rooney Mara, Katie Cassidy, Thomas Dekker, Kellan Lutz, Clancy Brown, Connie Britton
Genre: horreur, épouvante, fantastique
Pays: USA
Durée: 1h35
Date de sortie: 12 mai 2010

Un soir de week-end, dans une cafétéria de banlieue résidentielle, un jeune lycéen souffrant de troubles du sommeil se donne la mort en se tranchant la gorge. Kris, l’une de ses amies qui s’inquiétait pour lui est témoin de la scène. Lors de l’enterrement, des souvenirs d’enfance refont surface aux yeux de la jeune fille avant de laisser place à de véritables cauchemars. Un homme au visage brûlé et atrocement défiguré la poursuit dans ses rêves. Bientôt ce sont d’autres lycéens qui partagent les mêmes visions horribles. Un à un ils meurent dans leur sommeil des griffes de cette figure démoniaque. Nancy et Quentin, les deux derniers rescapés se découvrent alors un passé commun que leurs parents leur ont dissimulé. Entre souvenirs et cauchemars, Freddy Krueger les poursuit en criant vengeance.

Que faut-il attendre d’un remake d’un des films les plus cultes du cinéma d’horreur ? Absolument rien. L’industrie hollywoodienne d’ailleurs ne s’y trompe pas, il suffit d’un petit coup de dépoussiérage pour accomplir le passe-passe. Pour cette industrie en effet, cet énième remake n’a pas d’autre ambition d’engranger de l’argent auprès des teenagers en mal de sensations oculaires fortes car, comme chacun le sait, la jeune génération n’a cure du modèle original et la place est donc laissée vacante pour un bon lifting (celui de Freddy notamment). Le scénario est donc un petit amalgame des meilleurs idées de la longue suite de films originaux (n’oubliez pas, la jeune génération ne les a jamais vu ou presque…) et pour le reste on applique consciencieusement les règles du montage visuel et sonore qui fiche la trouille (encore que…). Voilà, vous obtenez un plat qui sent fâcheusement le réchauffé pour ne pas dire le brûlé.

Très vite ce ne sont pas les protagonistes qui sont menacés par le sommeil mais bel et bien les spectateurs. Le cinéaste joue bien évidemment de la confusion entre la réalité et le cauchemar malheureusement sans grande invention visuelle et narrative. La dimension psychologique ne dépasse pas la notion du refoulé et l’évocation de l’enfance s’en tient à la comptine et aux jouets innocents. Freddy Krueger n’y est pas le croque-mitaine escompté, tout juste la victime d’une populace en mal de justice. L’homme au chapeau mou et à la main griffue se démène corps et armes mais ne réussi pas à convaincre. Sous le maquillage certes plus torturé que l’original, Jackie Earl Haley, qui avait déjà interprété un violeur d’enfants dans Little children en 2006. Un rôle qui, dans le film de Ronnie J. McGorvey, lui avait permis d’explorer les recoins sombres du comportement humain mais qui ici laisse curieusement de marbre tant les scènes d’enfance sont phagocytées par un style ampoulé.

La pulsion pédophile, autant que les névroses adolescentes, ne sont donc pas suffisamment exploitées pour faire des personnages un réel enjeu dramatique. L’ambition du film ne dépasse jamais l’effet de surprise et le film accumule les clichés éculés du slasher soporifique dénué d’âme. Samuel Bayer, qui n’est pas Wes Craven, signe ici un bien pitoyable premier film de fiction, lui qui avait officié auparavant essentiellement dans le domaine musical (Cranberries, Garbage, The Smashing Pumpkins, Blink, The Offspring, Metallica ou encore Green Day). Un long métrage d’horreur demande bien plus qu’une bonne rythmique pourtant il semble qu’une suite soit déjà sur les rails. Nous avions oublié de vous dire que le film était produit par Michael Bay. Cherchez l’erreur !