Sherlock Holmes 2 – Jeux d’ombres (2011, Guy Ritchie)

 Fin du XIXème siècle, l’Angleterre s’est transformée sous les effets de l’industrialisation. Sur le continent les empires vacillent, les attentats anarchistes sèment le trouble. Depuis quelques mois la vieille Europe tremble, la guerre menace entre la France et la Prusse. Décelant une machination diabolique derrière ces évènements sombres, le célèbre détective Sherlock Holmes enquête. Mais il va devoir se passer de son fidèle assistant, le Dr Watson, car celui-ci est sur le point de sa marier avec la charmante Mary. La veille de la cérémonie, et en prétextant l’enterrement de vie de jeune garçon du Dr Watson, Holmes croise le chemin de Simza la gitane, première piste qui conduiront le duo à travers l’Europe à la poursuite d’un ennemi cruel mais à l’esprit affûté, le professeur Moriarty. Lire la suite

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Super 8 (J.J. Abrams, 2011): chronique cinéma

SUPER 8
Un film de J.J. Abrams
Avec Kyle Chandler, Joel Courtney, Elle Fanning, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso, Zach Mills, Ron Eldard, Joel McKinnon Miller, Jessica Tuck
Genre : Science-fiction
Pays : USA
Durée : 1h50
Date de sortie : 3 août 2011

Été 1979, à Lillian, une petite ville de l’Ohio. Alors qu’ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d’une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité alors que l’armée tente de boucler la zone… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Super 8 ou le film censé rendre hommage au format cinématographique du même nom. Certes en fil rouge la bande de copains réalisent en effet un court-métrage fantastique avec la caméra de papa et ? Et bien le déraillement catastrophique d’un train qui a failli leur coûter la vie ne semble pas les dévier de leur rêve de gosses : fabriquer un film de A à Z avec les moyens du bord. Mais, pas besoin de regarder le film de J.J. Abrams de près pour vite le comprendre, ce long-métrage est exactement le contraire d’un film super 8 mal fichu. Ici le blockbuster est roi et il serait totalement illusoire de la part du spectateur de vouloir y retrouver une once de ce cinéma amateur fabriqué à la maison. Tout au plus, et certainement pour avoir la conscience tranquille, le cinéaste insère dans le générique de fin ce fameux court-métrage tourné par la bande de copains. Quelle belle petite astuce ! Non Super 8 est une grosse production hollywoodienne tournée avec des moyens incommensurables loin des pratiques des effets spéciaux d’antant avec des bouts de ficelles. Si vous cherchez un véritable hommage au format amateur, regardez donc Le projet Blair Witch, LA pépite en format super 8 et vidéo qui a révolutionné le cinéma d’horreur sorti en 1999. Et si vous désirez contempler quelques effets spéciaux à la manière de l’époque, choisissez de revoir Dracula de Francis Ford Coppola tourné en 1992, certaines séquences y sont réalisées avec les techniques anciennes…

Alors pourquoi ce foin à propos de Super 8 ? Le vedettaria sans doute. J.J. Abrams (scénariste en haut de la vague avec la série non moins renommée Lost) + Steven Spielberg aux commandes de la production = le film hollywoodien de l’été à voir absolument (ou pas d’ailleurs)… La suite n’est qu’une affaire de communication à coup de références aux films des années quatre-vingt. Mais qu’en est-il de ces références ? Les Goonies, E.T., Rencontre du troisième type, Stand by me… Le cinéma n’est jamais qu’un espace intertextuel sans limite où chaque films produits fait forcément référence, de façon consciente ou non, à ce qui a été produit auparavant. Alors oui la bande de copains qui se sert les coudes malgré les circonstances de Super 8 fait écho à celle des Goonies. Alors oui cette créature extraterrestre qui ne cherche qu’à rentrer chez elle rappelle celle de E.T. Alors oui cette première rencontre avec la réalité de la mort (Joe fait en effet face à la mort de sa mère puis celle de certaines personnes de sa ville) évoque ce passage initiatique développé dans Stand by me. Et puis ? Quelles perspectives ces références donnent t-elles au film de J.J. Abrams ? Soyons clairs : aucune. Super 8 est un film de son temps, celui des années 2010 où la surenchère d’effets spéciaux est devenue tellement systématique qu’elle imprègnent une grande majorité de films produits à Hollywood au point qu’elle a perdu tout intérêt même celui de titiller l’imagination et d’en mettre plein les yeux. Quand à développer une histoire intéressante et stimulante, n’en demandons pas trop tout de même. Un film vide dont le lustre n’émane que de certains soi-disant critiques de cinéma.

Freddy, les griffes de la nuit (Samuel Bayer, 2010): chronique cinéma

FREDDY, LES GRIFFES DE LA NUIT
(A nightmare on Elm Street)
Un film de Samuel Bayer
Avec Jackie Earl Haley, Kyle Gallner, Rooney Mara, Katie Cassidy, Thomas Dekker, Kellan Lutz, Clancy Brown, Connie Britton
Genre: horreur, épouvante, fantastique
Pays: USA
Durée: 1h35
Date de sortie: 12 mai 2010

Un soir de week-end, dans une cafétéria de banlieue résidentielle, un jeune lycéen souffrant de troubles du sommeil se donne la mort en se tranchant la gorge. Kris, l’une de ses amies qui s’inquiétait pour lui est témoin de la scène. Lors de l’enterrement, des souvenirs d’enfance refont surface aux yeux de la jeune fille avant de laisser place à de véritables cauchemars. Un homme au visage brûlé et atrocement défiguré la poursuit dans ses rêves. Bientôt ce sont d’autres lycéens qui partagent les mêmes visions horribles. Un à un ils meurent dans leur sommeil des griffes de cette figure démoniaque. Nancy et Quentin, les deux derniers rescapés se découvrent alors un passé commun que leurs parents leur ont dissimulé. Entre souvenirs et cauchemars, Freddy Krueger les poursuit en criant vengeance.

Que faut-il attendre d’un remake d’un des films les plus cultes du cinéma d’horreur ? Absolument rien. L’industrie hollywoodienne d’ailleurs ne s’y trompe pas, il suffit d’un petit coup de dépoussiérage pour accomplir le passe-passe. Pour cette industrie en effet, cet énième remake n’a pas d’autre ambition d’engranger de l’argent auprès des teenagers en mal de sensations oculaires fortes car, comme chacun le sait, la jeune génération n’a cure du modèle original et la place est donc laissée vacante pour un bon lifting (celui de Freddy notamment). Le scénario est donc un petit amalgame des meilleurs idées de la longue suite de films originaux (n’oubliez pas, la jeune génération ne les a jamais vu ou presque…) et pour le reste on applique consciencieusement les règles du montage visuel et sonore qui fiche la trouille (encore que…). Voilà, vous obtenez un plat qui sent fâcheusement le réchauffé pour ne pas dire le brûlé.

Très vite ce ne sont pas les protagonistes qui sont menacés par le sommeil mais bel et bien les spectateurs. Le cinéaste joue bien évidemment de la confusion entre la réalité et le cauchemar malheureusement sans grande invention visuelle et narrative. La dimension psychologique ne dépasse pas la notion du refoulé et l’évocation de l’enfance s’en tient à la comptine et aux jouets innocents. Freddy Krueger n’y est pas le croque-mitaine escompté, tout juste la victime d’une populace en mal de justice. L’homme au chapeau mou et à la main griffue se démène corps et armes mais ne réussi pas à convaincre. Sous le maquillage certes plus torturé que l’original, Jackie Earl Haley, qui avait déjà interprété un violeur d’enfants dans Little children en 2006. Un rôle qui, dans le film de Ronnie J. McGorvey, lui avait permis d’explorer les recoins sombres du comportement humain mais qui ici laisse curieusement de marbre tant les scènes d’enfance sont phagocytées par un style ampoulé.

La pulsion pédophile, autant que les névroses adolescentes, ne sont donc pas suffisamment exploitées pour faire des personnages un réel enjeu dramatique. L’ambition du film ne dépasse jamais l’effet de surprise et le film accumule les clichés éculés du slasher soporifique dénué d’âme. Samuel Bayer, qui n’est pas Wes Craven, signe ici un bien pitoyable premier film de fiction, lui qui avait officié auparavant essentiellement dans le domaine musical (Cranberries, Garbage, The Smashing Pumpkins, Blink, The Offspring, Metallica ou encore Green Day). Un long métrage d’horreur demande bien plus qu’une bonne rythmique pourtant il semble qu’une suite soit déjà sur les rails. Nous avions oublié de vous dire que le film était produit par Michael Bay. Cherchez l’erreur !

Piranha 3D (Alexandre Aja, 2010): chronique cinéma

PIRANHA 3D
Un film de Alexandre Aja
Avec Elisabeth Shue, Adam Scott, Jerry O’Connell, Kelly Brook, Ving Rhames, Christopher Lloyd, Jessica Szohr, Richard Dreyfuss
Genre : horreur
Pays : USA
Durée : 1h29
Date de sortie : 1er septembre 2010

Les fêtes de Pâques vont voir déferler sur le lac Victoria en Arizona la semaine du Spring Break, une semaine pendant laquelle les étudiants font de la débauche un véritable style de vie. Jake Forester, en dernière année de lycée, doit de nouveau renoncer à cette fête pour surveiller ses deux jeunes frère et sœur, sa mère étant occupée par ses fonctions de shérif du comté. Pourtant sous le soleil plombant et un ciel sans nuage un tremblement de terre va ouvrir une faille sous le lac pour libérer les eaux d’une cavité souterraine gigantesque datant de l’ère préhistorique. Très vite s’y échappe des milliers de piranhas voraces. Jake, lui, a décidé de payer les deux bambins pour enfin assister aux bacchanales en accompagnant en bateau une équipe de tournage profitant de l’occasion pour réaliser un film pornographique. Non loin de là, les deux enfants vont briser leur promesse et s’offrir un tour en canoë pour aller pêcher. Tout ce petit monde va très vite se retrouver à la merci des poissons antédiluviens.

Alexandre Aja a le vent en poupe de l’autre côté de l’Atlantique. Après un premier succès mérité dans l’hexagone avec Haute tension, le fils d’Alexandre Arcady compte bien ne pas suivre les traces de son père. Elevé et influencé au lait hollywoodien des années soixante-dix et quatre-vingt, le jeune réalisateur français est entrain de faire son trou dans l’entertainment business. Première étape après la très bonne réception de Haute tension aux USA, la réalisation d’un remake de La colline a des yeux en 2006 chapoté par Wes Craven en personne. Au final un film certes visuellement relooké mais qui délaisse l’atmosphère malsaine de l’original pour un paquet cadeau plus propret. Deuxième étape le remake d’un film sud-coréen (Into the mirror de Kim Seong-ho) réécrit pour la sensibilité américaine las des fantômes silencieux d’Hideo Nakata et consort. En débouche en 2008 Mirrors, une version simpliste et inégale qui peine à exploiter le ressort fantastique et surnaturel de l’objet mentionné. Enfin, troisième étape, le (vague) remake d’un petit film jouissif de 1978 réalisé par Joe Dante, Piranha.

Les aficionados des films d’horreur d’antan s’en lèche les babines, le petit français promet du sexe et des tripes, tout cela en 3D bien sûr ! On crie déjà au chef d’œuvre du genre. Et pourtant… Si le film commence avec un joli clin d’œil au seul film marin véritablement angoissant, Les dents de la mer premier du nom, par la présence de Richard Dreyfuss himself dans la peau d’un pêcheur à la retraite, le reste du film ne dépasse pas le niveau du petit bain. La 3D tout d’abord, tout simplement abominable donc fatalement futile. Ici pas de conception de l’espace ni de la profondeur pour vraiment exploiter le procédé, juste l’utilisation du gimmick superflu, de l’objet lancé à la figure du spectateur. Alexandre Aja voulait rendre hommage à la 3D d’époque ? Il ne pouvait mieux réussir seulement voilà, Avatar et Toy Story 3 sont passés par là et ont redéfini les modalités d’un tel choix artistique aussi bien que l’exigence des spectateurs. Au contraire ici, la sensation de volume tombe à plat et les nombreux contours floutés en énerveront plus d’un.

Le fond du film ensuite, inversement proportionnel à la profondeur de la faille évoquée. Les poissons carnassiers mangent tout ce qui bouge, nage ou flotte, surtout tous ces étudiants écervelés qui font de l’usage de l’alcool et du sexe l’aboutissement d’une philosophie hédoniste. Les bimbos aux gros seins sont des victimes de choix avec leurs chairs bien développées. Alexandre Aja, sauveur de la morale ? Nous n’irons pas jusque là mais en effet, la petite famille finira saine et sauve bien que le fils fut soumis à la tentation et que les deux bambins aient désobéi. Mais bon, ces pêchés sont évoqués dans la Bible et n’attendent qu’une bonne confession pour être lavés, à l’eau du lac bien sûr. Le réalisateur exploite à fond l’imagerie des corps policés, bodybuildés, huilés et gonflés mais délaisse sans vergogne quelques pistes intéressantes comme le plaisir coupable (la mère qui entre sans frapper dans la chambre du fils entrain de regarder un site pornographique sur Internet), la scission du noyau familial (la mère, le fils, les deux enfants chacun de leur côté) ou encore la pollution atroce des vacanciers qui prennent le superbe paysage pour une énorme décharge publique. Alexandre Aja n’a certes jamais été un cinéaste politique mais sa dénonciation d’une jeunesse dépravée punie pour ses méfaits a juste trente ans de retard. En terminant son film par une réplique pas si insignifiante (« Où sont les parents ? »), le cinéaste en conclurait-il à la défection des parents dans l’éducation de leurs enfants ? En effet Alexandre Arcady a dû oublier d’amener son fils au cinéma voir autre chose que des popcorn movies, tout simplement.

Le choc des Titans (Louis Leterrier, 2009): chronique cinéma

LE CHOC DES TITANS
(The clash of the Titans)
un film de Louis Leterrier
Avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Emma Artenton, Jason Flemyng, Madds Mikkelsen, Danny Huston, Pete Postlethwaite, Alexa Davalos, Izabella Miko
Genre: fantastique, aventures, historique
Pays: USA
Durée: 1h58
Date de sortie: 7 avril 2010


Alors qu’un nouveau né est retrouvé dans un coffre scellé en pleine mer par un vieux pécheur, la colère gronde entre les hommes et les dieux qu’ils se doivent de vénérer. Ce nouveau-né, Persée, est le fruit de l’adultère de Danaé avec Zeus et bien que ce fils demi-dieu n’a cure des divinités de l’Olympe, il va cependant connaître une destinée extraordinaire. Devenu adulte et témoin de la mort de ses parents adoptifs par la faute d’Hadès, Persée va prendre les armes pour se venger. Afin d’abattre le Kraken, la créature mis au monde par Hadès, le Dieu des Enfers, Persée va devoir quérir le conseil des trois sorcières pour combattre la gorgone Méduse, au-delà du Styx. Mille dangers qu’il va devoir affronter pour sauver Andromède du sacrifice et la cité d’Argos de la destruction et remettre de l’ordre dans le conflit qui sépare les Dieux de L’Olympe des hommes mais aussi mettre un terme entre la rivalité de Zeus et de son frère Hadès.

Remake du film éponyme de Desmond Davies réalisé en 1981, Le choc des Titans de Louis Leterrier n’est rien d’autre qu’une version revue et corrigée à la sauce digitale. Absolument pas respectueux de la mythologie grecque, écueil que l’on peut également observé sur la version originale, le film n’est qu’un alignement sans grande intelligence de scènes d’actions et de batailles contre des créatures fantastiques qui manquent singulièrement de consistance. Si l’original structurait son discours sur l’affrontement des dieux autour de l’égocentrisme de Zeus (père de Persée, il n’admet pas que les divinités interviennent contre son protégé), la nouvelle version fait du héros mi-dieu mi-homme un étendard de l’affrontement des hommes contre les dieux, devenus inutiles et archaïques. En somme le film prône le courage et l’indépendance des hommes face à un paganisme du fond des âges qui ne sied pas à l’époque moderne. Et d’entendre dans les différentes interviews que le cinéaste est féru de mythologie gréco-romaine ! Louis Leterrier n’a t-il pas compris le propos des mythes ? Ce sont les incessantes querelles divines qui rejaillissent sur la destinée humaine, qui provoquent guerres et massacres suivant la foi des uns et des autres, une situation tout à fait évidente dans le récit d’Homère, L’Iliade et L’Odyssée qui raconte la Guerre de Troie.

Non, ici le propos est fort simple, comment faire d’un simple pêcheur le héros national qui mènera l’humanité vers la lumière d’un monde nouveau ? La fin du film est sans équivoque, Persée cavale sur une plage sur laquelle le soleil de l’ancien monde va se coucher irrémédiablement. Le film pousse la négation des dieux jusqu’au refus du héros d’utiliser les armes qu’ils confectionnent pour lui. Notons au passage la disparition du fameux casque que le héros utilise dans les mythes pour se rendre invisible. De même que le bouclier, dont il se sert pour combattre la gorgone Méduse, n’est pas ici un don d’Athéna, mais un simple bouclier fabriqué à partir d’une écaille d’un scorpion géant. Persée est donc un héros autodidacte, bien plus homme que dieu. Le film recycle néanmoins quelques bonnes idées de la version originale, notamment le sang qui se répand de la blessure de Calibos qui donne naissance aux scorpions géants (dans celle de 1981, c’est du sang venimeux de la gorgone que naissent ces monstres) ou encore ces petites statuettes d’argiles qui ornent l’Olympe, effigies fragiles et insignifiantes de l’espèce humaine. Dans la version originale, Zeus jouait de ces petites représentations en terre cuite pour mener les hommes par le bout du nez, dans cette nouvelle version, elles restent totalement anecdotiques.

Outre le contresens flagrant entre le film et le propos des mythes, Le choc des Titans est un film qui n’a pas véritablement de structure narrative et de personnages dignes de ce nom. Les compagnons de Persée sont à peine esquissés, les dieux sont presque absents hormis Zeus et Hadès, et un nouveau personnage vient complètement déstabiliser l’ensemble. Il s’agit de Io, séduite par Zeus et qui fut frappé de la jeunesse éternelle par la colère d’Héra. Ici elle veille sur Persée avant qu’il ne tombe amoureux d’elle, ce dernier n’ayant pas même un regard pour la future sacrifiée Andromède. Le choc des Titans parjurent donc l’essentiel des mythes pour construire une histoire somme toute très bancale. Aux côtés du Kraken, dont l’origine se trouve dans la mythologie nordique, la version de Leterrier ajoute à la confusion des genres en introduisant la figure des Djinns, créatures, elles, originaires des mythes moyen-orientaux. L’Iliade rencontre l’Edda poétique qui rencontre Les mille et une nuits

Il ne reste qu’au film ces effets spéciaux, réussis dans leur grande majorité mais complètement desservis par une mise en scène trop nerveuse et chaotique qui empêche le spectateur de profiter un tant soit peu des paysages et des créatures mythologiques. La séquence du combat contre la Méduse par exemple, petit bijoux dans la version de 1981, est ici bien trop vite expédiée et surtout beaucoup trop confuse pour apparaître comme une séquence majeure du film. De même que les séquences avec le cheval ailé Pégase sont trop rares, bien que fort réussies. En ce qui concerne la version 3D du film, qui rappelons-le fut conçu en 2D et « upscalé » en 3D pour répondre à la demande du marché, il semble qu’elle soit à éviter de toute urgence à l’image d’Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Elle n’offre, semble t-il, aucune compensation à l’inanité du film. Pour conclure, ce choc n’en est pas un, à l’image de la déplorable expérience de Troie de Wolfgang Petersen. Pour les aficionados des temps anciens, mieux vaut se tourner vers les films emblématiques de Pier Paolo Pasolini, Œdipe roi et Médée, des films qui, eux, font revivre l’expérience des temps reculés et d’un questionnement sérieux sur la nature de l’hommes face aux mythes qu’il a créé.