Slam (Jonathan Lim, 2008): chronique preview

SLAM
Un film de Jonathan Lim
Avec Lin Xiofan, Zhang Yishan, Andrew Liming Zhou, Zhao Wenqi, Wang Zhigang, Ding Shaofan, Mu Sitafa, Wang Wei, Liang Yi
Genre: comédie dramatique, sport
Pays: Chine
Durée: 1h32
Date de sortie: indéterminée


Mouth est un jeune lycéen passionné de basket ball et plutôt que d’assurer la réussite de ses devoirs il traîne plus souvent autour des terrains pendant que son père, modeste manageur d’une boutique d’équipement de sport, essaye tant bien que mal de satisfaire son patron. Avec son meilleur ami Monkey et son cousin Jason, fraîchement revenu des Etats-Unis, Mouth commence à s’entraîné au street ball, une version urbaine du jeu où s’affronte six joueurs sur un seul panier. Très vite ils se confrontent à l’équipe officielle du lycée menée par Li Wei, un adolescent de dernière année arrogant et violent. De vexations en humiliations, la petite équipe de Mouth va décider de s’inscrire au tournoi de l’été pour faire vaciller l’équipe de Li Wei. Pourtant le père de Mouth découvre un jour que son fils fait le mur au lieu de passer ses vacances à étudier…

Slam se place dans la tendance du drame familial sur fond de pratique sportive, rien de bien original depuis le succès foudroyant de Joue-la comme Beckam en 2002. Plus original cependant, les films chinois ou hongkongais sur ce thème traite plus souvent d’un art martial que d’un sport d’origine occidentale, ici le basket ball donc, avec toute l’admiration que porte le jeune Mouth aux grands athlètes américains. Seul le film thaïlandais Fireball de Thanakorn Pongsuwan, réalisé en 2009, s’était permis de proposer sa vision du basket ball mêlé à de la boxe muy thai, mélange explosif pour un film d’action survolté. Le street ball est lui-même issu du pays de l’oncle Sam, d’après un tournoi fondé par une grande marque de fabriquant de chaussures pour faire participer des milliers d’adolescents à travers le pays. Le street ball, version light du jeu (une équipe se compose seulement de trois joueurs au lieu de cinq sur une moitié de terrain et un seul panier). Cet aspect mercantile du sport n’a pas échapper au réalisateur, par ailleurs scénariste du film, qui a fait du père et de la petite amie de Mouth respectivement un gérant et une vendeuse d’une boutique de matériel de sport, histoire de rappeler combien ce sport est affilié à toute une promotion des marques sous couvert de tournois innocents.

Premier long métrage du réalisateur Jonathan Lim (Jonathan Hua Lang Lim de son nom complet), la trame du film oppose les ambitions d’émancipation du fils contre la nécessité d’obéissance au père, thème universel par excellence mais qui trouve ici un écho particulier, le fils n’hésitant pas à mentir ou à faire le mur pour aller s’entraîner. Bien sûr ces quelques pêchés trouvent le repentir dans une pratique assidue et totalement dévouée du jeune garçon pour son art, celui de la balle. Pêle-mêle, le réalisateur émaille son récit de considérations sur la lutte des classes, l’affirmation de l’amitié et la découverte des premiers émois amoureux. Le film baigne donc dans un sentiment de déjà vu sans véritablement apporter une vision neuve du sujet. Curieusement la pratique de ce sport ne réclame pas de maître, de professeur ou de guide, les trois jeunes adolescents s’y adonne de manière autodidacte, comme métaphore du développement personnel. Plus que des athlètes accomplis, les trois jeunes garçons deviennent surtout des jeunes hommes plus matures et davantage responsables, histoire de prouver à leur entourage qu’ils peuvent accomplir quelque chose par eux-mêmes.

On aurait aimer plus d’audace dans la mise en scène (cela dit magnifique générique d’ouverture dans le plus style arts graphiques de la rue) et des personnages davantage développés dans leurs différences et leurs particularités, le film souffre en définitive d’une sobriété trop convenable et classique. Pourtant Slam n’est nullement ennuyeux, le rythme s’imposant de lui-même avec fluidité. Jonathan Lim s’est depuis tourné vers les séries télévisées avec notamment Hoop party, World Poker Tour China ou encore Sufei’s diary, délaissant le grand écran au profit d’un autre format. Slam a été projeté au Festival de Shanghai 2008 lors d’une présentation spéciale de films de sports à l’occasion des Jeux Olympiques de Pékin la même année.

City of life and death (Lu Chuan, 2009): chronique preview

CITY OF LIFE AND DEATH/ NANKING NANKING
(Nanjing! Nanjing!)
Un film de Lu Chuan
Avec Liu Ye, Gao Yuanyuan, Hideo Nakaizumi, Fan Wei, Jiang Yiyan, Ryu Kohata, Liu Bin, Yuko Miyamoto, John Paisley
Genre: guerre, drame
Pays: Chine, Hong Kong
Durée: 2h12
Date de sortie: 21 juillet 2010


Décembre 1937, les troupes japonaises parviennent à conquérir la capitale chinoise de Nankin après plus de trois mois de lutte. Les troupes de Tchang Kaï-chek sont en déroute et les soldats japonais pénètrent sans mal dans la ville en ruine. Apeurés et blessés, un grand nombre de soldats chinois se dépouillent de leur uniforme pour échapper aux représailles ennemies en se dissimulant parmi la population civile qui se retranche peu à peu dans une zone de sécurité établie d’après des tractations entre des organisations humanitaires étrangères et les forces conquérantes. Pourtant dès les premières heures de l’invasion de la ville, les troupes japonaises se livrent à une exécution automatique des habitants et aux viols ininterrompus des femmes, quel soit leur âge. Pendant plusieurs semaines, les soldats japonais s’adonneront sans aucune limites aux actes les plus vils sous l’œil tacite et bienveillant des officiers. Pourtant un jeune soldat, Kadokawa, va peu à peu réalisé à quel point l’armée de l’Empereur s’est enfoncée dans les abîmes du crime.

Film sans concession qui pointe directement du doigt les atrocités commises par l’armée japonaise lors de la prise de la ville de Nankin, dernier bastion de la résistance chinoise face à l’invasion nippone, Nanking Nanking (ou encore City of life and death sous son titre d’exploitation internationale) débute tel un film de guerre que le cinéma chinois se plaît depuis quelques années à mettre en scène avec force d’effets pyrotechniques et décors colossaux. Dans un somptueux noir et blanc le long-métrage plonge directement le spectateur dans un maelström de feu et de sang. On le sait désormais le cinéma chinois offre désormais des reconstitutions historiques dignes du cinéma hollywoodien. Ici la démonstration est convaincante avec une mise en scène efficace et claire menée tambour battant à coup de caméra d’épaule. Si la résistance s’organise, les héros chinois tombent de façon anonyme et inévitable face aux assauts musclés de l’envahisseur nippon. La guérilla urbaine se déploie, les soldats japonais s’enfoncent vers l’inconnu pour s’apercevoir que leurs ennemis ont pris la fuite en se cachant parmi les populations civiles prises au piège.

Ainsi commence donc la seconde partie du film avec une séquence déroutante prenant place à l’intérieur d’une église. A l’affût, quelques fantassins nippons découvrent plusieurs centaines de réfugiés, femmes, enfants et vieillards mêlés avec des soldats blessés. Largement en surnombre ils se rendent pourtant aux soldats étonnés. Dès lors le système du pillage et de l’épuration commence. Systématique, atroce, barbare, le film aligne près de quinze minutes d’exécution à la mitraillette ou à la baïonnette, en enterrant vivant les prisonniers ou encore en enfermant dans une bâtisse les rescapés pour y mettre le feu l’instant d’après. Véritable catalogue du sadisme nippon, le film ne cache pas son ambition de révéler les charniers qui s’amoncellent dans la ville chinoise, réalité historique à laquelle le Japon actuel a encore du mal à faire face. Pourtant le film écarte quelques précisions qui permettraient de comprendre une telle systématisation du carnage. Non nourris par son armée, les soldats japonais se devaient eux-mêmes de trouver leur nourriture et face au grand nombre de prisonniers, qu’ils soient civils ou militaires, cette armée d’invasion ne pouvait s’offrir les capacités de pourvoir aux besoins vitaux d’une telle masse de gens.

Au-delà des nécessités militaires, le film ne se détourne pas du sujet qu’il l’occupe, celle de la cruauté des troupes nippones qui, plus qu’une simple tâche exécrable à accomplir y met une certaine dose de satisfaction non dissimulée. Le film ici rejoint les faits et les témoignages, la tuerie ayant entraînée une sorte d’exultation collective qui se poursuivra, et cela constitue la troisième partie du métrage, avec le thème des femmes de réconfort. Car après l’exécution des hommes chinois présumés soldats, les atrocités ne cessent pas et les viols répétés et forcés plongeront les survivantes chinoises dans l’horreur de la guerre. Certainement comme aucune autre armée au monde, l’armée japonaise s’est dotée d’une structure systématique de la prostitution en direction de ses soldats. Qu’elles soient d’origine japonaise, alors ces femmes ne sont rien d’autres que des prostituées de métier, ou bien d’origines coréennes ou chinoises, là les femmes sont arrachées de leur milieu et de leurs proches, les soldats peuvent à l’envi s’offrir un corps féminin pour assouvir leurs pulsions primaires. Condamnées à la faim, aux maladies vénériennes ou encore à la folie, on leur déni leur appartenance à la race humaine pour en faire des objets de plaisir que l’on jette après usage.

On le sait, ce massacre de Nankin a pu parfois servir la cause du régime chinois qui en a fait à diverses reprises l’exemple par excellence de la barbarie nippone et, indirectement, de la dénonciation de la séduction occidentale, le Japon d’alors s’étant fourvoyé dans l’exemple des grandes nations européennes. Tout en sachant prendre ce recul nécessaire face aux événements historiques, le film a tout de même l’intérêt d’exposer clairement l’une des pages les plus sombres de l’histoire sino-japonaise, y compris en abordant l’histoire des « justes », ces quelques étrangers qui ont tout fait pour maintenir une zone pacifique au cœur de la ville et qui ont sauvé d’une mort certaine des centaines de chinois et qui ont su, par la suite, révéler au monde ces atrocités que l’on pensait d’un autre âge. Aujourd’hui encore, le massacre de Nankin reste un événement mal connu de la plupart. Si City of life and death peut s’engager comme un point de départ pour redécouvrir ces souvenirs douloureux, on peut tout de même regretter que le film n’aborde pas davantage les faits relatifs qui suivront comme la condamnation de certains haut gradés militaires jugés responsables de cette horreur lors notamment du procès de Tokyo. Sans être totalement anti-japonais, le film, on s’en doute bien, ne risque pas de sortir au Japon et pourtant, à bien y réfléchir, ce n’est pas de cette façon que les réticences nippones seront bientôt dépassées. Face à l’histoire, la fiction est un bon médium pour atteindre les foules, encore faut-il engager dans l’entreprise une rigueur et une objectivité qui ne peut souffrir aucune controverse.

La Chine (Michelangelo Antonioni, 1972): chronique cinéma

LA CHINE
(Chung kuo)
Un film de Michelangelo Antonioni
Genre: documentaire
Pays: Chine, Italie
Année: 1972
Durée: 3h28
Date de sortie: 8 avril 2009

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1972, la Rai, la fameuse chaîne de télévision italienne, et les autorités chinoises s’entendent pour faire venir le cinéaste Michelangelo Antonioni dans l’Empire du Milieux afin de filmer la Chine moderne. Cinq semaines de tournage très encadrées mais qui procureront à l’équipe des émotions inoubliables et de véritables sensations de découverte à une époque où le pays était fermé aux étrangers pendant plusieurs décennies. Voyage au cœur de la Chine rurale bien sûr mais aussi au cœur de grandes citées où l’urbanisme se développe, provoquant de profonds changements de style de vie. Au plus près de ces visages nouveaux, Antonioni filme les Chinois plutôt que les réalisations de la Révolution ce qui vaudra au film d’être censuré là-bas pendant près de trente ans.

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Mais peut-être y a t-il une raison plus profonde à ce que mes annotations soient restées des annotations, et c’est la difficulté que j’éprouve à me faire une idée définitive sur cette réalité en mutation permanente qu’est la Chine Populaire. » Ainsi commence le texte d’Antonioni Est-il encore possible de tourner un documentaire ? lorsqu’il se reproche à lui-même de n’avoir pas tenu un journal de voyage durant ces cinq semaines de prises de vues intensives. D’emblée le film ne nous promet pas d’être LE film sur la Chine mais juste un regard d’un cinéaste sur une réalité qui l’entoure et qu’il découvre au même moment qu’il tourne. Seule véritable ambition du film, celle de faire voyager le spectateur de la même façon que sa fabrication fit voyager Antonioni au cœur d’un pays dont il ne connaissait presque rien sinon les clichés d’une Chine fantasmée décrite dans la littérature et l’art occidentaux ou bien encore cette Chine politique portraiturée dans les discours révolutionnaires.

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Ici donc rien de tout cela. Au contraire le cinéaste a désiré s’approcher des Chinois, non perçus comme un peuple en tant que tel mais davantage comme des hommes. « C’est le paysage humain, si différent du nôtre, mais si concret et moderne, ce sont les visages qui ont envahi l’écran » dit-il encore. Le film d’Antonioni, inédit chez nous dans sa version longue, est donc un témoignage unique de la Chine Populaire des années soixante-dix, un document rare qui bien sûr aujourd’hui semble quelque peu archaïque tant les images de la Chine d’aujourd’hui ont proliféré ces dernières années tant sur nos écrans de télévision qu’au cinéma. Voir, ou revoir La Chine, c’est donc faire un bond dans le passé à l’heure où les Occidentaux en savaient bien peu sur cette immense pays refermé sur lui-même.

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La pratique matinale du tai-chi chuan, le collectivisme industriel, l’éducation enfantine à la discipline militaire, la sagesse et la modestie du savoir-vivre, l’importance et la satisfaction du labeur, autant de traits caractérisant le peuple chinois qui nous semblent familiers aujourd’hui mais qui, alors, se révélaient à nos yeux. Mal accueilli à la fois en Chine, où la préoccupation de l’individu dont fait preuve Antonioni leur semble comme une émanation de la bourgeoisie impérialiste, mais aussi en Occident, où l’on reprochait au cinéaste de ne pas avoir vu le véritable visage de la Révolution maoïste, trente ans plus tard le documentaire peut enfin prendre le sens que désirait lui conférer le réalisateur, celui d’un voyage émerveillé et innocent dont le centre du projet est la rencontre avec l’autre, avec l’étranger. Scène inoubliable du film, celle où l’équipe de tournage pénètre dans un village très éloigné dans lequel les habitants n’avaient jamais vu de visages occidentaux. Peur, timidité, gêne mais aussi curiosité et humour, Antonioni filme tous ces comportements très humains devant l’inconnu. L’on mesure alors que ces gens si proches de l’objectif de la caméra sont en réalité très éloignés de notre mode de pensée et de vie mais qu’un dialogue peut tout de même se nouer au-delà des différences.

Ip Man (Wilson Yip, 2008): chronique preview

IP MAN
Un film de Wilson Yip
Avec Donnie Yen, Simon Yam, Fan Siu-wong, Ka Tung Lam, Yu Xing, Wong Yu-nam
Genre: arts martiaux
Pays: Hong-Kong
Année: 2008
Durée: 1h45
Date de sortie: indéterminée

Dans les années trente, Fuoshan est réputée pour ses écoles d’arts martiaux situées dans une seule et même rue. Les différents maîtres et disciples se mesurent les uns aux autres dans l’espoir de rendre influent leur style de combat. Mais le plus grand maître de la ville est Ip Man, un bourgeois néanmoins proche des gens qui refuse de former une école et de prendre sous son aile des disciples. Il révèle parfois à ses amis, dans le secret des portes fermées de sa demeure, quelques clés de son art martial, le wing chun, une boxe efficace et rapide. Mais l’incident du pont Marco Polo va bientôt faire sombrer la Chine dans la guerre, les forces armées japonaises envahissant le territoire. Chassé de sa riche demeure et devenu mineur, Ip Man s’interroge sur l’utilité de son art jusqu’au jour où un colonel japonais organise, contre des rations de riz tant recherchées, des combats à mains nues avec ses meilleurs soldats. Alors que son meilleur ami y trouve la mort, Ip Man terrasse l’ensemble des lutteurs japonais, révélant ses talents au général qui voit en lui l’homme idéal pour entraîner ses troupes à la boxe chinoise.

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Dernier film de Wilson Yip en date, il narre un épisode de la vie de l’un des grands maîtres du kung-fu moderne, Ip Man (ou Yip Man selon les graphies) dont Bruce Lee fut l’un des disciples dans les années cinquante. Le film prend pour cadre les années d’avant-guerre et celles du conflit, une période douloureuse pour les Chinois soumit alors à la cruauté de l’armée japonaise. En terme technique le film est irréprochable, Donnie Yen procurant au personnage une réelle épaisseur humaniste quand la chorégraphie des combats échoie à Sammo Hung et à Tony Leung Siu Hung (Le sens du devoir 3, Double dragon). Les combats sont impressionnants, dans une veine réaliste avec néanmoins l’appel des câbles pour certaines cascades acrobatiques mais le style traditionnel de la boxe chinoise est ici pleinement conservée dans des figures et des coups particulièrement rapides et précis. Si le début du film est un peu plus sage, le rythme prend très vite son envol, accumulant des rixes de plus en plus sophistiquées et violentes car, dans son enseignement, Ip Man a toujours voulu conserver une volonté de non-violence jusqu’au jour où celle-ci éclate contre les soldats japonais.

Là se trouve certainement le principal défaut du film car si Ip Man ne respecte pas la biographie du maître à la lettre, ce qui est souvent le cas d’un biopic au cinéma, le film prend carrément ses aises face à la réalité historique pour raconter une autre histoire, celle d’un groupe d’ouvriers initiés par Ip Man qui, après avoir protéger leur usine d’une bande de voyous, se transformera en groupe de résistance contre l’envahisseur japonais. En effet, contrairement à ce qui est dit dans le long-métrage, Ip Man n’a jamais refusé d’enseigner son art, et ce même avant la guerre, et, bien que d’origine aisée, il fut officier de police dans les années trente. Jamais entraîné dans une quelconque série de combats contre des soldats ou des officiers de l’armée japonaise, Ip Man ne choisira de fuir à Hong-Kong qu’à la fin des années quarante, non pas pour échapper aux représailles des forces japonaises donc, mais pour échapper aux Communistes qui arrivent à Fuoshan, étant devenu entre-temps un officier du Kuomintang. Le film fait de lui un héros malgré lui, qui réussit à unifier les Chinois contre l’envahisseur, en total contradiction avec ce que fut réellement sa vie. Seul élément véritable de cette période, Ip Man refusa en effet d’entraîner les forces japonaises au combat à mains nues.

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Jamais un projet de long-métrage ne s’était intéresser à ce maître pourtant très réputé dans le monde des arts martiaux, et l’on comprend que le cinéma chinois se cherche aujourd’hui des héros modernes sans toutefois respecter souvent la réalité des faits. Une séquelle serait en préparation, se concentrant sur la suite de son histoire, celle de son école de wing chun à Hong-Kong où Bruce Lee fut initié pendant que Wong Kar-wai préparerait son propre projet de biographie. Aux côtés de Fong Sai-yuk ou encore de Wong Fei-hung, l’enseignement de Ip Man revient sur les devant de la scène cinématographique dans un pays qui a proscrit, pendant des décennies, tout enseignement des arts martiaux. Une belle revanche pour ces derniers qui trouvent dans le cinéma matière à s’exprimer et à se développer dans une forme certes spectaculaire mais toujours aussi fascinante et intrigante pour les Occidentaux que nous sommes.