Le roi et le clown (Lee Jun-ik, 2005): chronique DVD

LE ROI ET LE CLOWN
(Wang-ui namja)
Un film de Lee Jun-ik
Avec Kam Woo-seong, Jeong Jin-yeong, Kang Sung-yeon, Lee Jun-gi, Jang Hang-seon, Yu Hae-jin
Genre: drame historique
Pays: Corée du sud
Durée: 1h59
Date de sortie: 23 janvier 2008
Editeur DVD: Swift Productions
Date de sortie DVD: 4 décembre 2008

En corée au XVIè siècle, le roi Yon-San, de la dynastie Chosun, fait régner la terreur. Jang-Seng et Gong-Gil, deux comédiens ambulants se produisent dans les villages et les routes du pays dans des spectacles qui font hurler de rire les gens du peuple. Fort du succés de leurs satires sociales, Jang-Seng rêve de fortune et persuade Gong-Gil de se rendre dans la capitale dans l’espoir de devenir riche. Très vite arrêtés lors d’une représentation pour avoir moqué et insulté la personne du roi, Jang-Seng propose un pari insensé pour obtenir la grâce de sa majesté. Si sa troupe arrive à faire rire le souverain ils seront libérés. Echappant de peu à la mort en provocant le fou rire royal, la troupe est assignée à résidence pour le plaisir de Yon-San. Peu à peu les représentations satiriques, très critiques envers les ministres et la cour, vont faire basculer les fondements du gouvernement.

Prix du jury au IXème Festival du Film Asiatique de Deauville, Le roi et le clown a eu un succès phénoménale en Corée du Sud lors de sa sortie en 2005 avec plus de douze millions de spectateurs, record historique du box office national. Le film de Lee Jun-ik est un projet ambitieux qui même avec brio le drame historique, la satire sociale et la tragédie humaine. Essentiellement composé de longues scènes théâtrales de style satirique le film risque de sembler austère aux yeux des profanes de la culture coréenne. Supporté par des acteurs au talents indéniables mais peu ou pas connu dans nos contrées, le film s’éloigne notablement des derniers succès que les films coréens ont pu connaître en France tels que Memories of murder ou The host de Bong Joon-ho, et la trilogie de la vengeance de Park Chan-wook.

En effet après ces succès internationaux incontestables, il est heureux de constater que certains distributeurs français accordent à des films jugés plus difficiles une chance de sortir sur nos écrans. Qu’il s’agisse de Je suis un cyborg (qui compte bien entendu sur la popularité particulière dont joui le réalisateur Park Chan-wook en ce moment en France), tout comme des deux derniers films de Kim Ki-duk, Time puis Souffle ou Secret sunshine de Lee Chang-dong il y a peu, force est de constater que la palette des films coréens distribués en France s’élargit pour notre plus grand plaisir. Mais au contraire des drames historiques chinois, sortis ces derniers temps, qui se veulent universalistes et plus aisés à comprendre pour un public non asiatique, donc plus facile à distribuer à l’étranger (dont La cité interdite ou Les secrets des poignards volants de Zhang Yimou sont les exemples le plus criant), le film de Lee Jun-ik ne s’abaisse pas à la simplification ni aux gommages des traits culturels spécifiques, ici merveilleusement mis en scène dans les représentations des arts du spectacles traditionnels coréens. Satires bouffonnes, numéros d’équilibristes, spectacles de marionnettes, la troupe des troubadours déploîe ses compétences pour impressionner et faire rire les gens du peuple. Méprisés pour leur statut social de saltimbanques, de vagabonds, d’acteurs, ces troubadours sont auréolés pour leurs prouesses physiques et actorales.

Dans la confrontation de deux mondes sociaux totalement opposés, celui de la famille royale et des nobles face à l’univers marginal et instable des acteurs ambulants se joue le coeur du film. Complètement coupé du monde extérieur par les codes restrictifs et les lois pesantes de la cour controlée par les ministres, le roi ne peut avoir connaissance des réalités du monde quotidien ni avoir conscience de la raillerie dont le gouvernement est le sujet de la part des gens du peuple. Filtrée par tout un système ministériel nobiliaire, aucune communication n’est possible entre la personne du roi et le peuple qu’il gouverne. La troupe va ici jouer le rôle de perturbateur et remettre en question cette incommunicabilité, notamment à travers le personnage de Gong-gil (Lee Joon-gi), acteur aux traits spécialisé dans les rôles féminins. Séduit par son talent et son charme, une relation ambiguë va naître entre le souverain et le comédien. Paradoxalement c’est à travers des représentations théâtrales que le roi goûtera à une vision différente de son gouvernement, de ses proches, de sa fonction et du passé familial, passé qui ressurgira par la révélation d’une pièce maudite interdite dont les ressorts dramatiques ébranleront les bases du pouvoir.

Les représentations théâtrales, essentiellement sous la forme de la satire, offrent un reflet bien moins déformé que l’on ne pense de la décadence de la noblesse et du gouvernement. La vie de cours, les complots et le passé de la famille royale y sont dévoilés, décortiqués, analysés, révélés, critiqués et dénoncés sans détours. Si la toute puissance du roi lui permet d’exercer en tyran, les responsabilités écrasantes de sa charge lui interdisent de se sentir libre. Au contraire, le statut de paria qu’éprouve Jang-seng, le leader de la troupe, lui offre la chance de goûter quotidiennement aux délices de la liberté d’être. Liberté qui ne saura pas permise sans en payer le prix.

Fleur secrète (Masaru Konuma, 1974): chronique cinéma

FLEUR SECRETE
(Hana to hebi)
Un film de Masaru Konuma
Avec Naomi Tani, Natagoshi Sakamoto, Yasuhiko Ishizu, Hiroko Fuji et Hijiri Abe
Genre: érotique
Pays: Japon
Durée: 1h14
Date de sortie: 30 juillet 2008

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Makoto est un jeune homme soumis à sa mère, une professionnelle des techniques bondage et sado-masochisme. Devenu impotent après avoir vu sa mère faire l’amour avec l’un de ses clients quand il était enfant, il fantasme sur les photographies qu’elle produit. Un jour Senzo Toyama, patron de Makoto et pervers sexuel insatisfait par la frigidité de sa femme, tombe sur les photographies en question et demande à Makoto d’initier sa femme Shizuko aux plaisirs de la douleur et de l’entrave. Devenue prisonnière et objet sexuel de Makoto, celle-ci prend cependant très vite goût à cette initiation poussée. Pour sa part, Makoto profite de son ascendant sur Shizuko pour échapper au contrôle maternel.

fleur secrète photo 1

Adaptation du roman d’Oniroku Dan qui a pour titre original Fleur et serpent, le film connaît enfin une exploitation cinématographique après avoir été montré dans différents festivals et rétrospectives sous différents titres, Vices et sévices à L’Etrange Festival ou encore Flower and snake lors de la rétrospective du studio Nikkatsu il y a peu à la Maison de la Culture du Japon à Paris. Oniroku Dan est réputé au Japon pour ses nouvelles prenant comme cadre le milieu fétichiste et SM et, sous le pseudonyme de Matsugoro Kuroiwa, écrit des scénarios érotiques pour le compte de petites firmes telles que la Dorikitsu Productions. Le studio Nikkatsu, après quelques années de négociations réussit enfin à porter à l’écran en 1974 cette fameuse adaptation du livre de l’écrivain. Le film, succès majeur dans l’archipel nippon, lancera la fameuse époque des roman porno de la firme et de nombreux titres issus de l’univers d’Oniroku Dan suivront, notamment le célèbre Une femme à sacrifier, du même Masaru Konuma, réalisé la même année.

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Autre atout majeur du film, la célèbre actrice Naomi Tani. Véritable égérie du cinéma pinku, autrement dit du cinéma érotique japonais, cette dernière connaît bien l’univers de l’écrivain pour avoir jouer dans de nombreux films produits par de petites sociétés de production depuis la fin des années soixante. Surnommée « la reine du SM », l’actrice était en effet réputée pour soutenir les longues séquences douloureuses de bondage, son corps attaché par des cordes et suspendu dans le vide. Car si le film de Konuma n’est en rien un film pornographique, les séquences de séquestrations, de flagellations, d’humiliations et de sévices sont à peine feintes. En ce sens Fleur secrète fait partie des meilleurs films du genre parce qu’il associe à la fois l’érotisme torride de l’actrice, qui sait parfaitement jouer de son regard langoureux et pervers, et l’audace de la représentation sadomasochiste, une audace du corps-objet qui explore l’éventail des possibles jusqu’à pousser dans la radicalisme de l’urophilie et de la coprophilie.

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Avec L’embryon part braconner et La véritable histoire d’Abe Sada, il semble que le genre bénéficie aujourd’hui en France d’un éclairage nouveau. Bien que Fleur secrète soit probablement le titre le plus commercial des trois, il permet d’appréhender une dimension essentielle de la culture japonaise qui sait marier les éléments les plus subtils de l’art (l’art de la dissimulation, l’art des fleurs, l’art du kimono) au contexte le plus intime, l’érotisme et le fétichisme n’étant pas perçu de la même manière en Orient et en Occident. Visionner Fleur secrète prolonge sans difficulté le plaisir de la contemplation des estampes érotiques appelées shunga. Derrière les cloisons et autres portes coulissantes se cachent les plaisirs interdits et les fantasmes les plus inavouables…

L’Etrange Festival XVème édition

l'étrange festival 2009 affiche

L’Etrange Festival revient au Forum des Images à Paris après trois ans d’absence. Festival pointu, riche, à la programmation étonnante s’adresse à celles et ceux qui désirent découvrir un autre cinéma, différent, marginal, parfois provocateur et déroutant mais toujours de manière passionnée. Cette année s’annonce haute en couleurs avec près de 74 films programmés, longs et courts, sans compter la compétition de courts-métrages et la rétrospective Oskar Fischinger, il y en aura donc pour tous les goûts. Ainsi le festival a ouvert ses portes hier avec deux séances spéciales, Panique au village, film d’animation de Vincent Patar et Stéphane Aubier qui sortira sur nos écrans le 28 octobre prochain et Macabre, film d’horreur indonéso-singaporien réalisé par les Mo Brothers qui ne sortira en Asie que courant novembre.

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Le reste de la programmation est très alléchante, raison suffisante pour déplorer l’agenda serré des séances qui oblige à faire des sacrifices. Le festival ne se déroulant qu’en fin d’après-midi et le soir avec une seule projection pour la quasi totalité des films, impossible en effet d’assister à l’intégralité de la sélection contrairement aux années précédentes où les films bénéficiaient d’une double projection sur une plus grande fourchette horaire. Point noir qui néanmoins ne doit pas dissimuler la qualité des films présentés.

Pour les nouveautés, jugez-en plutôt:

Goemon (Kazuaki Kiriya, 2009, Japon)
First Squad (Yoshinaru Ashino, 2009, Russie, Japon, Canada – animation)
Left Bank (Pieter Van Hees, 2007, Belgique)
Dirty Mind (Pieter Van Hees, 2009, Belgique)
Echo (Anders Morgenthaler, 2007, Danemark)

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The Children (Tom Shankland, 2009, Royaume-Uni)
Canine (Yorgos Lanthimos, 2009, Grèce)
Film Ist. a Girl & a Gun (Gustav Deutsch, 2009, Autriche – expérimental)
Embodiment of Evil (José Mojica Marins, 2008, Brésil)

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Clive Barker’s Book of Blood (John Harrison, 2009, USA)
Dread (Anthony Bilasi, 2009, USA)
District 9 (Neill Blomkamp, 2009, USA)
Ghosts of the Civil Dead (John Hillcoat, 1990, Australie)
The Proposition (John Hillcoat, 2005, Australie)
Vampyres (Laurent Coureau, 2009, France)

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Villemolle 81 – Version 3 (Winshluss, 2009, France)
We Don’t Care About Music Anyway (Cédric Dupire et Gaspard Kuentz, 2009, France – documentaire)
Moon (Duncan James, 2009, Royaume-Uni)
Heavy Metal in Bagdad (Eddy Moretti et Suroosh Alvi, 2007, USA – documentaire)
Breathless (Yang Ik-june, 2008, Corée du Sud)
Marvel 14: les Super-Héros Contre la Censure (Philippe Roure et Jean Depelley, 2009, France – documentaire)

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Renaissances: Portrait de Joël-Peter Witkin (Catherine Peix, 2009, France – documentaire)
Le Mystère du Snaefellsokull (Jean-Michel Roux, 2009, France – documentaire)
Histoire Trouble (Jérôme Lefoup, 2009, France – expérimental)
Capucine (Luis Neto, 2009, France – documentaire)
Otto; or, up With Dead People (Bruce LaBruce, 2008, Allemagne)
Mum & Dad (Stven Sheil, 2009, Grande-Bretagne)

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Côté rétrospective, L’Etrange Festival fait un focus sur trois personnalités du cinéma qui gagneraient à être enfin reconnu, Mario Mercier le réalisateur français des années soixante-dix qui se plaisait à explorer le domaine de l’occulte, Franco Nero, le célèbre acteur italien de films bis et enfin Uwe Boll, le cinéaste allemand déjanté. Peu de films proposés mais des films cultes à coup sûr:

Mario Mercier:
La Goulve (Mario Mercier, 1972, France)
La Papesse (Mario Mercier, 1975, France)
Les Dieux en colère (Mario Mercier, 1970, France)

Franco Nero:
Querelle (R.W. Fassbinder, 1982, Allemagne)
Le Temps du Massacre (Lucio Fulci, 1966, Italie)
La Proie de l’Autostop (Pasquale Festa Campanile, 1977, Italie)

Uwe Boll:
Amoklauf (Uwe Boll, 1994, Allemagne)
Postal (Uwe Boll, 2007, Allemagne)
Rampage (Uwe Boll, 2009, Canada)

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Comme à chaque édition, le festoval donne la parole aux films érotiques japonais avec cette année sept films produits par le studio Nikkatsu. Sept pinku eiga qui raviront les sens des amateurs (et amatrices) de courbes sensuelles et de jeux pervers:

Harcelée! (Yasuharu Hasebe, 1978, Japon)
L’Homme-Femme (Tatsumi Kumashiro, 1977, Japon)
Le Violeur à la Rose (Yasuharu Hasebe, 1977, Japon)
Osen la Maudite (Noboru Tanaka, 1973, Japon)
Dans l’Arène du Vice (Masaru Konuma, 1977, Japon)
La Femme aux Seins Percés (Shogoro Nishimura, 1983, Japon)
La Chambre Noire (Kirio Urayama, 1983, Japon)

Osen la maudite

Un programme très chargé donc que nous complèterons avec un prochain post.

Breathless (Yang Ik-june, 2008): chronique preview

BREATHLESS
(Ddongpari)
Un film de Yang Ik-june
Avec Yang Ik-june, Kim Kkobbi, Lee Hwan
Genre: drame
Durée : 2h10
Pays: Corée du Sud
Année: 2008
Date de sortie : 14 avril 2010


Man-sik et Sang-hoon ont monté une petite affaire de recouvrement de dettes et autres boulots ingrats pour voyous. Man-sik, l’aîné, gère les missions avec calme et sérénité, Sang-hoon lui s’occupe de la basse-œuvre. Impatient et hyper-violent, il tape sur tout ce qui bouge, y compris ses propres hommes. Un jour il croise le chemin d’une lycéenne, Yeon-hee, et sans vraiment le vouloir, lui crache dessus. Loin de se démonter, la jeune fille réplique et même l’extorque. Le père de Sang-hoon vient juste de sortir de prison pour le meurtre de sa femme et de sa fille, quinze ans plus tôt. Témoin du double meurtre, Sang-hoon ressent un profond ressentiment envers son géniteur. Il ne lui reste plus que sa grande sœur et son neveu, qu’il gâte sans trop montrer ses sentiments. Yeon-hee, elle-même, subit les pressions d’un climat familial pesant. Son jeune frère se prend pour un caïd et la frappe, son père, victime d’une blessure de guerre, perd la tête depuis le décès de sa femme. Sang-hoon et Yeon-lee, les deux éclopés de la vie, vous se rapprocher à travers leurs blessures.

Véritable film coup de poing, Breathless sidère autant qu’il révolte. Première œuvre de Yang Ik-june, qui incarne le rôle principal et signe également le scénario, le film est un coup de maître sans faute. Cette plongée vertigineuse dans les affres de la violence quotidienne d’un petit malfrat casseur de corps a de quoi perturber. Insultes incessantes, coups de poings et matraquages à répétitions, humiliations constantes, le film ne ménage pas son public, jusqu’à la nausée. Pourtant, à mesure que les personnages et leurs relations s’installent, à l’indignation et à la répulsion succèdent la compréhension et même l’attachement. Sang-hoon est incontrôlable et si il domine les autres par la force, il devient lui-même victime de son propre comportement. Complètement asocial, il ne peut véritablement approcher sa sœur aînée. Plus grave, à chaque fois qu’il voit son père, il ne peut réfréner ses envies de bastonnades. Seule Yeon-lee, qui a su lui tenir tête, sait s’attirer ses faveurs tout en le provoquant.


Le film est sec comme un coup de trique et frappe là où ça fait mal. Indéniablement le jeune acteur-réalisateur fait penser au Takeshi Kitano de Violent cop ou encore de Sonatine. Même frontalité de la violence, même personnage apathique et repoussant. On pense également au personnage coréen de Kim Joon-pyong dans le film japonais de Yoichi Sai, Blood bones, là encore incarné par Kakeshi Kitano. Cependant le film ne tient pas seulement à ces scènes de coups et blessures, au contraire les moments ménagés où les personnages échangent une conversation ou s’ignorent, permettent au film de respirer et au public de reprendre confiance dans la conclusion à venir. Yang Ik-june parsème même le film de moments cocasses et salvateurs, introduisant l’humour au compte goutte, dans quelques dialogues, histoire de ne pas sombrer dans le nihilisme le plus total.


Breathless, comme son titre l’indique, est un film qui s’encaisse jusqu’à bout de souffle. Si le film de Jean-Luc Godard n’a rien à voir là-dedans, on peut tout de même noter une même énergie qui ne faiblit jamais tout au long du métrage et un montage constamment percutant sans jamais tomber dans le sur-découpage. Film savamment équilibré entre les tensions internes des personnages et celles qui s’installent à travers les éléments dramatiques, la nervosité et l’anxiété glissent peu à peu de l’image vers le spectateur. Le film contamine au sens propre, jusqu’au dernier plan, magistral de simplicité et de sens. Yang Ik-june, un cinéaste sur lequel il va falloir compter à l’avenir et dont la qualité de cette première œuvre surpasse largement la majorité des films présentés en compétition au festival du Film Asiatique de Deauville.