Centenaire de la Nikkatsu à la Cinémathèque Française

Après le Festival des 3 Continents à Nantes c’est au tour de la Cinémathèque Française à Paris d’accueillir, depuis le 7 décembre, la rétrospective organisée en l’honneur du centenaire de la Nikkatsu !! Et oui voilà déjà un siècle que le célèbre studio nippon produit, distribue et exploite des films !!
Quarante films au programme !! Jusqu’au 20 janvier 2012, ne ratez pas l’occasion de voir certains films très rares ou revoir quelques morceaux d’anthologie !!

Long métrages :

1921 Gôketsu Jiraiya (Jiraiya le ninja) : Shôzô Makino
1927 Chuji tabi nikki : goyo hen (Carnets de voyage de Chuji) : Daisuke Itô
1930 Fujiwara yoshie no furusato (Terre natale) : Kenji Mizoguchi
1931 Oatsurae Jirokichi kichi (Le chevalier voleur) : Daisuke Itô
1935 Tange Sazen kyakuman ryô no tsubo (Tange Sazen et le pot d’un million de ryôs) : Sadao Yamanaka
1939 Oshidori utagassen (Singing love birds) : Masahiro Makino
1939 Tsuchi (La terre): Tomu Uchida
1939 Tsuchi to hetai (Terre et soldats) : Tasaka Tomotaka
1936 Kôchiyama Sôshun : Sadao Yamanaka
1955 Ashita kuru hito (Till we meet again) : Yûzô Kawashima
1956 Kurutta kajitsu (Passions juvéniles) : Kô Nakahira
1956 Suzaki paradizu : aka shingô (Le paradis de Suzaku): Yûzô Kawashima
1957 Bakumatsu taiyôden (Chronique du soleil à la fin d’Edo) : Yûzô Kawashima
1958 Sabita naifu (Rusty knife) : Toshio Masuda
1959 Kaitei kara kita onna (The woman from the sea) : Koreyoshi Kurahara
1960 Kyonetsu no kisetsu (The warped ones) : Koreyoshi Kurahara
1961 Buta to gunkan (Cochons et cuirassés) : Shôhei Imamura
1963 Izu no odoriko (Izu dancer) : Katsumi Nishikawa
1963 Yaju no seishun (La jeunesse de la bête) : Seijun Suzuki
1964 Akai satsui (Désir meurtrier) : Shôhei Imamura
1964 Kuroi taiyo (Black sun) : Koreyoshi Kurahara
1966 Tôkyô nagaremono (Le vagabond de Tokyo) ! Seijun Suzuki
1967 Koruto wa ore no pasupôto (A colt is my passport): Takashi Nomura
1970 Noraneko rokku: sekkusu hanta (Boulevard des chattes sauvages): Yasuharu Hasebe
1971 Danchizuma : hirusagari no jôji (Le jardin secret des ménagères perverses): Shôgorô Nishimura
1973 Furyo shôjo : noraneko no seishun (Delinquent girl : alley cat in heat) : Chûsei Sone
1973 Nureta koya o hashire (Retreat through the wet wasteand): Yukihiro Sawada
1973 Onna jigoku: mori wa nureta (L’enfer des femmes: forêt humide) : Tatsumi Kumashiro
1976 Bôkô kirisaki jakku (Assault! Jack the ripper): Yasuharu Hasebe
1977 Shinjuku midaregai: ikumade matte: Chûsei Sone
1978 Hitozuma shudan boko chishi jiken (Rape and death of a housewife): Noboru Tanaka
1978 Sasurai no koibito: memai: Masaru Konuma
1979 Dabide no hoshi: bishô-gari (Star of David: beautiful girl hunter): Norifumi Suzuki
1982 Shirobara gakuen: soshite zen’in okasareta (White rose campus: then, everybody gets raped/ I spit on your bus): Kôyû Ohara
1985 Rabu hoteru (Love hotel): Shinji Somai

courts-métrages:

1899 Momijigari (Promenade sous les feuilles d’érable): Tsunekichi Shibata
1926 Chokon : Daisuke Itô
1929 Tôkyô koshin kyoku (La marche de Tokyo) : Kenji Mizoguchi
1937 Ketto takadanobaba : Hiroshi Inagaki et Masahiro Makino

Autour de la Nikkatsu :

2011 Inside the pleausre dome of japanese erotic cinema: Yves Montmayeur

Publicités

Rétrospective Takeshi Kitano au Centre Pompidou du 11 mars au 26 juin 2010

Du 11 mars au 26 juin 2010 au Centre Pompidou à Paris se tiendra la plus grande rétrospective cinématographique de Takeshi Kitano jamais réalisée. Outre les films qu’il a réalisés, les films auxquels il a collaboré en tant qu’acteur ou invité seront également projetés. Près de trente-cinq films au programme donc, avec un seul regret, celui d’une rétrospective incomplète avec quelques films absents tels que Makoto chan en 1980, Danpu wataridori de Ikuo Sekimoto, Manon de Yôichi Higashi et Sukkari… sono ki de ! de Tsugunobu Kotani en 1981 dans lesquels Takeshi Kitano fait ses premières apparitions en tant qu’acteur de cinéma, Kanashii kibun de joke réalisé par Masaharu Segawa en 1985, Anego de Tatsuichi Takamori en 1988, Sakana kara daiokishin !! réalisé par Ryûdô Uzaki en 1991, Liaisons érotiques (Erotikkuna kankei) de Kôji Wakamatsu tourné la même année, Johnny Mnemonic de Robert Longo tourné en 1995, Battle Royale II terminé par le fils de Kinji Fukasaku en 2003 ou encore le segment tourné par le cinéaste pour le film Chacun son cinéma en 2007 ainsi qu’un film écrit pour la télévision, Kikujirô to saki, en 2001.

Cette rétrospective est ainsi l’occasion de reprendre la carrière du cinéaste, scénariste, monteur, producteur et acteur qui est aussi dans la vie un peintre, un animateur de télévision, un comique et un écrivain. Un personnage multi-facettes dont on a du mal en France a cerné les différentes occupations tant au Japon Takeshi Kitano est réputé pour ses farces télévisuelles. L’occasion cependant de découvrir quelques films inédits ou rares qui permettent de s’apercevoir combien le personnage n’est pas que l’acteur aux traits figés des films de yakuzas dans lequel certains ont voulu un temps l’enfermer. Si Kitano connaît une renommée très populaire dans son pays, c’est notamment en France qu’il a pu se forger un statut d’auteur de cinéma lors de la découverte de Sonatine en 1993 dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Quatre ans plus tard, il s’impose enfin avec un Lion d’or gagné au Festival de Venise pour son film Hana-bi, pour beaucoup son chef d’œuvre. Cette rétrospective se place dans l’actualité récente avec la sortie il y a quelques jours de son avant-dernier film, Achille et la tortue avant l’arrivée prochaine (espérons-le) de Outrages qu’il vient de terminer et dont la sortie sur les écrans japonais est prévu pour juin prochain.

La programmation par ordre chronologique:

Furyo (Merry christmas Mr Lawrence, Nagisa Oshima, 1983)
Le moustique au dixième étage (Jukkai no mosquito, Yoichi Sai, 1983)
Les crimes de Kiyoshi Okubo (Osamu Yamaizumi, 1983)
Démon (Yasha, Yasuo Furuhata, 1985)
L’arche de Jésus (Osamu Yamaizumi, 1985)

No more comics! (Komikku zasshi nanka iranai!, Yôjirô Takita, 1986)
Violent cop (Sono otoko, kyôbô ni tsuki, Takeshi Kitano, 1989)
Jugatsu/ Boiling point (3-4 x jûgatsu, Takeshi Kitano, 1990)
L’enfant des étoiles (Hoshi wo tsugu mono, Kazuo Komizu, 1990)
A scene at the sea (Ano natsu, ichiban shizukana umi, Takeshi Kitano, 1991)

Sonatine, mélodie mortelle (Sonachine, Takeshi Kitano, 1993)
Making-of de Sonatine (Takeshi Kitano, 1993)
Naissance d’un gourou (Kyôso tanjô, Toshihiro Tenma, 1993)
Getting any ? (Minnâ-yatteruka!, Takeshi Kitano, 1995)
Takeshi Kitano rencontre Akira Kurosawa (1993)


Conviction, l’affaire du témoin de Jéhovah ou le refus de sang transfusé (Osamu Yamaizumi, 1993)
Gonin (Takashi Miike, 1995)
Kids return (Kizzu ritân, Takeshi Kitano, 1996)
Hana-bi (Takeshi Kitano, 1997)
Tokyo eyes (Jean-Pierre Limosin, 1998)


L’été de Kikujiro (Kikujirô no natsu, Takeshi Kitano, 1999)
Tabou (Gohatto, Nagisa Oshima, 1999)
Takeshi Kitano, l’imprévisible (Jean-Pierre Limosin, 1999)
Jam sessions, le making-of pirate de L’été de Kikujiro (Jam session – kikujirô no natsu koshiki kaizokuban, Makoto Shinozaki, 1999)
Battle Royale (Batoru rowaiaru, Kinji Fukasaku, 2000)


Aniki, mon frère (Brother, Takeshi Kitano, 2001)
Dolls (Takeshi Kitano, 2002)
L’embuscade (Kan Ishibashi, 2002)
Asakusa kid (Makoto Shinozaki, 2002)
Zatoichi (Zatôichi, Takeshi Kitano, 2003)


Izo (Takashi Miike, 2004)
Blood and bones (Chi to hone, Yoichi Sai, 2004)
Takeshis’ (Takeshi Kitano, 2005)
Glory to the filmmaker! (Kantoku – banzai!, Takeshi Kitano, 2007)

Et un film en parallèle

La légende de Zatoichi, le masseur aveugle (Zatôichi monogatari, Kenji Misumi, 1962)

Dates, horaires et programmation intégrale à cette adresse.

Nominations et récompenses des César 2010

Hier soir a eu lieu la 35ème cérémonie des César au Théâtre du Châtelet à Paris. A cette occasion Marion Cotillard était la présidente de séance accompagnée des deux maîtres de cérémonie Valérie Lemercier et Gad Elmaleh. La soirée a débuté par un vibrant hommage à Eric Rohmer, disparu le 11 janvier dernier et Harrison Ford a reçu un César d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière des mains de l’actrice américaine Sigourney Weaver.

Récapitulatif des nominations:

Meilleur Film

A l’origine (Xavier Giannoli)
Le concert (Radu Mihailenu)
Les herbes folles (Alain Resnais)
La journée de la jupe (Jean-Paul Lilienfield)
Rapt (Lucas Belvaux)
Un prophète (Jacques Audiard)
Welcome (Philippe Lioret)

Meilleur Réalisateur

Jacques Audiard (Un prophète)
Lucas Belvaux (Rapt)
Xavier Giannoli (A l’origine)
Philippe Lioret (Welcome)
Radu Mihailenu (Le concert)

Meilleur Acteur

Yvan Attal (Rapt)
François Cluzet (Le dernier pour la route/ A l’origine)
Vincent Lindon (Welcome)
Tahar Rahim (Un prophète)

Meilleure Actrice

Isabelle Adjani (La journée de la jupe)
Dominique Blanc (L’autre)
Sandrine Kimberlain (Mademoiselle Chambon)
Kristin Scott Thomas (Partir)
Audrey Tautou (Coco avant Chanel)

Meilleur Acteur Dans Un Second Rôle

Jean-Hugues Anglade (Persécution)
Niels Arestrup (Un prophète)
Joey Starr (Le bal des actrices)
Benoît Poelvoorde (Coco avant Chanel)
Michel Vuillermoz (Le dernier pour la route)

Meilleure Actrice Dans Un Second Rôle

Aure Atika (Mademoiselle Chambon)
Anne Consigny (Rapt)
Audrey Dana (Welcome)
Emmanuelle Devos (A l’origine)
Noémie Lvovsky (Les beaux gosses)

Meilleur Espoir Masculin

Firat Ayverdi (Welcome)
Adel Bencherif (Un prophète)
Vincent Lacoste (Les beaux gosses)
Tahar Rahim (Un prophète)
Vincent Rottiers (Je suis heureux que ma mère soit vivante)

Meilleur Espoir Féminin

Pauline Etienne (Qu’un seul tienne et les autres suivront)
Florence Loiret-Caille (Je l’aimais)
Soko (A l’origine)
Christa Théret (LOL (laughing out loud))
Mélanie Thierry (Le dernier pour la route)

Meilleur Scénario Original

Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit (Un prophète)
Xavier Giannoli (A l’origine)
Jean-Paul Lilienfield (La journée de la jupe)
Philippe Lioret, Emmanuel Courcol et Olivier Adam (Welcome)
Radu Mihaileanu et Alain-Michel Blanc (Le concert)

Meilleure Adaptation

Stéphane Brizé et Florence Vignon (Mademoiselle Chambon)
Anne Fontaine et Camille Fontaine (Coco avant Chanel)
Philippe Godeau et Agnès de Sacy (Le dernier pour la route)
Laurent Tirard et Grégoire Vigneron (Le petit Nicolas)
Alex Réval et Laurent Herbiet (Les herbes folles)

Meilleur Premier Film

Les beaux gosses (Riad Sattouf)
Le dernier pour la route (Philippe Godeau)
Espion(s) (Nicolas Saada)
La première étoile (Lucien Jean-Baptiste)
Qu’un seul tienne et les autres suivront (Léa Fehner)

Meilleur Film Documentaire

L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (Serge Bromberg et Ruxandra Medrea)
La danse, le ballet de l’Opéra de Paris (Frederick Wiseman)
Himalaya, le chemin du ciel (Marianne Chaud)
Home (Yann-Arthus Bertrand)
Ne me libérez pas je m’en charge (Fabienne Godet)

Meilleur Film Etranger

Avatar (James Cameron)
Gran Torino (Clint Eastwood)
Harvey Milk (Gus Van Sant)
J’ai tué ma mère (Xavier Dolan)
Panique au village (Stéphane Auber et Vincent Patar)
Le ruban blanc (Michael Haneke)
Slumdog Millionaire (Danny Boyle)

Meilleure Musique

Armand Amar (Le concert)
Alex Beaupain (Non ma fille, tu n’iras pas danser)
Alexandre Desplat (Un prophète)
Cliff Martinez (A l’origine)
Nicola Piovani (Welcome)

Meilleur Son

Pierre Excoffier, Bruno Tarrière et Sélim Azzazi (Le concert)
Pierre Mertens, Laurent Quaglio et Eric Tisserand (Welcome)
François Musy et Gabriel Hafner (A l’origine)
Brigitte Taillandier, Francis Wargnier et Jean-Paul Hurier (Un prophète)
Jean Umansky, Gérard Hardy et Vincent Arnardi (Micmacs à tire-larigot)

Meilleurs Décors

Michel Barthélémy (Un prophète)
Aline Bonetto (Micmacs à tire-larigot)
Maamar Ech Cheikh (OSS 117 Rio ne répond plus…)
François-Renaud Labarthe (A l’origine)
Olivier Radot (Coco avant Chanel)

Meilleurs Costumes

Chattoune & Fab (Coco Chanel & Igor Stravinsky)
Charlotte David (OSS 117 Rio ne répond plus…)
Madeline Fontaine (Micmacs à tire-larigot)
Catherine Leterrier (Coco avant Chanel)
Virginie Montel (Un prophète)

Meilleure Photo

Christophe Beaucarne (Coco avant Chanel)
Laurent Dailland (Welcome)
Stéphane Fontaine (Un prophète)
Eric Gautier (Les herbes folles)
Glynn Speeckaert (A l’origine)

Meilleur Montage

Celia Lafitedupont (A l’origine)
Hervé de Luze (Les herbes folles)
Andréa Sedlackova (Welcome)
Ludo Troch (Le concert)
Juliette Welfling (Un prophète)

Meilleur Court-Métrage

C’est gratuit pour les filles (Claire Burger et Marie Amachoukeli)
Donde esta Kim Basinger ? (Edouard Deluc)
La raison de l’autre (Foued Mansour)
Séance familiale (Kuo Cheng-chui)
Les Williams (Alaban Mench)

récompenses des Césars 2010:

Meilleur film: Un prophète (Jacques Audiard)
Meilleur réalisateur: Jacques Audiard (Un prophète)
Meilleur acteur: Tahar Rahim (Un prophète)
Meilleur actrice: Isabelle Adjani (La journée de la jupe)
Meilleur acteur dans un second rôle: Niels Arestrup (Un prophète)
Meilleure actrice dans un second rôle: Emmanuelle Devos (A l’origine)
Meilleur espoir masculin: Tahar Rahim (Un prophète)
Meilleur espoir féminin: Mélanie Thierry (Le dernier pour la route)
Meilleur scénario original: Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit (Un prophète)
Meilleure adaptation: Stéphane Brizé et Florence Vignon (Mademoiselle Chambon)
Meilleur premier film: Les beaux gosses (Riad Sattouf)
Meilleur film documentaire: L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (Serge Bromberg et Ruxandra Medrea)
Meilleur film étranger: Gran Torino (Clint Eastwood)
Meilleure musique: Armand Amar (Le concert)
Meilleur son: Pierre Excoffier, Bruno Tarrière et Sélim Azzazi (Le concert)
Meilleurs décors: Michel Barthélémy (Un prophète)
Meilleurs costumes: Catherine Leterrier (Coco avant Chanel)
Meilleur photo: Stéphane Fontaine (Un prophète)
Meilleur montage: Juliette Welfling (Un prophète)
Meilleur court-métrage: C’est gratuit pour les filles (Claire Burger et Marie Amachoukeli)

La 35ème cérémonie des Césars a donc consacré le film de Jacques Audiard, Un prophète, avec pas moins de neuf statuettes dans les catégories les plus prestigieuses, seules les récompenses de la meilleure musique et du meilleur son a échappé au film au profit du long-métrage de Radu Mihailenu, Le concert. Alors que Tahar Rahim rafle la double récompense du meilleur acteur et du meilleur espoir masculin, un inédit dans l’histoire des César, Isabelle Adjani emporte la trophée de la meilleure actrice pour La journée de la jupe, soit le cinquième César de sa carrière. L’enfer d’Henri-Georges Clouzot remporte logiquement celui du meilleur documentaire alors que le film de Clint Eastwood, Gran Torino, gagne le César du meilleur film étranger. Un César consensuel s’il en est, Harvey Milk de Gus Van Sant ou J’ai tué ma mère de Xavier Dolan auraient davantage mérité la statuette.  Enfin le César du premier film consacre le film de Riad Sattouf, Les beaux gosses. Grand perdant de la soirée, le film de Phlippe Lioret, Welcome, qui ne remporte aucune distinction malgré ses dix nominations.

Jacques Audiard confirme donc la qualité de son cinéma après le César du premier film avec Regarde les hommes tomber en 1995, trois Césars remportés pour son film Sur mes lèvres en 2001 ou encore huit récompenses gagnées pour son long-métrage précédent De battre mon coeur s’est arrêté. Un cinéma qui se veut exigeant, tant en termes technique qu’artistique mais qui associe un regard d’auteur avec le succès publique.

(Un prophète)

Cérémonie des BAFTA 2010

Nominations et récompenses de la dernière cérémonie des BAFTA awards (British Academy of Film and Television Arts), équivalent des Oscars, le 21 février dernier au Royal Opera House à Londres.

Petit rappel des nominations:

Meilleur film

Avatar (James Cameron)
Une éducation (Lone Scherfig)
Démineurs (Kathryn Bigelow)
Precious (Lee Daniels)
In the air (Jason Reitman)

Meilleur film britannique

Une éducation (Lone Scherfig)
Fish tank (Andrea Arnold)
In the loop (Armando Iannucci)
Moon (Duncan Jones)
Nowhere boy (Sam Taylor-Wood)

Révélation britannique (réalisateurs/ scénaristes/ producteurs)

Lucy Bailey, Andrew Thompson, Elizabeth Morgan Hemlock et David Pearson (Mugabe et l’africain blanc)
Eran Creevy (Shifty)
Stuart Hazeldine (Exam)
Duncan Jones (Moon)
Sam Taylor-wood (Nowhere boy)

Meilleur réalisateur

James Cameron (Avatar)
Neill Blomkamp (Distrcit 9)
Lone Scherfig (Une éducation)
Katrhyn Bigelow (Démineurs)
Quentin Tarantino (Inglourious Basterds)

Meilleur scénario original

Very bad trip
Démineurs
Inglourious basterds
A serious man
Là-haut

Meilleur scénario adapté

District 9
Une éducation
In the loop
Precious
In the air


Meilleur film non-anglophone

Etreintes brisées (los abrazos rotos de Pedra Almodovar)
Coco avant Chanel (Anne Fontaine)
Morse (Lat den rätte komma in de Tomas Alfredson)
Un prophète (Jacques Audiard)
Le ruban blanc (Das weisse band – eine deutsche kindergeschichte de Michael Haneke)

Meilleur film d’animation

Coraline (Henry Selick)
Fantastic Mr. Fox (Wes Anderson)
Là-haut (Pete Docter et Bob Peterson)

Meilleur acteur

Jeff Bridges (Crazy heart)
George Clooney (In the air)
Colin Firth (A single man)
Jeremy Renner (Démineurs)
Andy Serkis (Sex and drugs and rock and roll)

Meilleure actrice

Carey Mulligan (Une éducation)
Saoirse Ronan (Lovely bones)
Gabourey Sidibe (Precious)
Meryl Streep (Julie et Julia)
Audrey Tautou (Coco avant Chanel)

Meilleur second rôle masculin

Alec Baldwin (Pas si simple)
Christian McKay (Me and Orson Welles)
Alfred Molina (Une éducation)
Stanley Tucci (Lovely bones)
Christoph Waltz (Inglourious basterds)

Meilleure second rôle féminin

Anne-Marie Duff (Nowhere boy)
Vera Farmiga (In the air)
Anna Kendrick (In the air)
Mo’Nique (Precious)
Kristin Scott Thomas (Nowhere boy)

Meilleure musique

Avatar
Crazy heart
Fantastic Mr. Fox
Sex and drugs and rock and roll
Là-haut

Meilleur photographie

Avatar
District 9
Démineurs
Inglourious basterds
La route


Meilleur montage

Avatar
District 9
Démineurs
Inglourious basterds
In the air

Meilleurs décors

Avatar
District 9
Harry Potter et le prince de sang-mêlé
L’imaginarium du Docteur Parnassus
Inglourious basterds


Meilleurs costumes

Bright star
Coco avant Chanel
Une éducation
A single man
Victoria: les jeunes années d’une reine

Meilleur son

Avatar
District 9
Démineurs
Star Trek
Là-haut


Meilleurs effets visuels

Avatar
District 9
Harry potter et le prince de sang-mêlé
Démineurs
Star Trek

Meilleurs maquillages

Coco avant Chanel
Une éducation
L’imaginarium du Docteur Parnassus
Nine
Victoria : les jeunes années d’une reine


Voici donc les récompenses:

Meilleur film: Démineurs (Kathryn Bigelow)
Meilleur film britannique: Fish tank (Andrea Arnold)
Révélation britannique (réalisateurs/ scénaristes/ producteurs): Duncan jones (Moon)
Meilleur réalisateur: Kathryn Bigelow (Démineurs)
Meilleur scénario original: Démineurs
Meilleur scénario adapté: In the air
Meilleur film non-anglophone: Un prophète (Jacques Audiard)
Meilleur film d’animation: Là-haut
Meilleur acteur: Colin Firth (A single man)
Meilleur actrice: Carey Mulligan (Une éducation)
Meilleur second rôle masculin: Christopher Waltz (Inglourious Basterds)
Meilleur second rôle féminin: Mo’nique (Precious)
Meilleure musique: Là-haut
Meilleure photographie: Démineurs
Meilleur montage: Démineurs
Meilleurs décors: Avatar
Meilleurs costumes: Victoria : les jeunes années d’une reine
Meilleur son: Démineurs
Meilleurs effets visuels: Avatar
Meilleurs maquillages et coiffures: Victoria : les jeunes années d’une reine


Le film de Kathryn Bigelow, Démineurs (The hurt locker en VO), rafle ainsi six récompenses sur huit nominations. Certes le film de la cinéaste n’est pas inintéressant mais de là à obtenir les récompenses britanniques suprêmes, il y a de quoi émettre de sérieux doutes sur la pertinence de cette cuvée 2010. Des doutes, il y en avait déjà lors de la sélection des nominés, des films tels que In the air ou Avatar en lice pour la récompense du meilleur film, ou encore la nomination de George Clooney, d’Alec Baldwin (Pas si simple) ou encore de Meryl Streep (Julie et Julia) ont tout de même de quoi étonner. Ne parlons pas de la nomination d’Avatar dans la section meilleure musique ou celle de Coco avant Chanel d’Anne Fontaine dans la catégorie des meilleurs films non-anglophone, là cela devient ridicule. Quelques bonnes surprises tout de même, la récompense attribuée à John Duncan pour son film Moon, celle du meilleur film non-anglophone pour Un prophète de Jacques Audiard mais surtout celle du meilleur film britannique qui revient de droit à Fish tank d’Andrea Arnorld même si In the loop aurait pu prétendre au titre. Comme d’habitude, ce type de cérémonie officielle ne reflète que très peu la richesse du cinéma, les modes et les effets spectaculaires balayant souvent un véritable souci de qualité dans les nominations.

La Tôei, histoire des grands studios japonais: rétrospective à la Maison de la Culture du Japon à Paris du 21 janvier au 20 mars 2010

Ce 21 janvier 2010 a démarré à la Maison de la Culture du Japon à Paris une rétrospective des films du célèbre studio Tôei. Après donc la Nikkatsu en 2007 et la Shochiku en 2008, la MCJP s’attaque à « l’usine à films » comme certains surnomment l’entreprise fondée en 1951 d’une fusion de trois petites compagnies de distribution et de production (Tôkyu Densetsu, Oizumi Eiga et Tôyoko Eiga). La Tôei devient très vite l’une des six majors japonaises et la seule a naître après le Seconde Guerre Mondiale. Le cinéma japonais vient de connaître les purges des autorités américaines, constituant alors une armée d’occupation, contre les adhérents et les sympathisants du mouvement communiste sur fond de Guerre de Corée qui témoigne de la naissance de la Guerre Froide. De peur de froisser les Américains, les responsables des grands studios préfèrent se séparer des éléments subversifs, qui plus est après les grèves soutenues qui ont lieu à la Toho quelques temps auparavant. La Tôei récupèrent ainsi nombres de professionnels à qui l’ont refuse tout contrat de travail.

Ainsi en est-il de Tadashi Imai, cinéaste qui ne s’est jamais caché de ses sympathies de gauche et qui réalise l’un des premiers succès du studio avec La tour des lys (Himeyuri no to) en 1953. Le cinéaste y aborde le sacrifice des étudiantes et des professeurs de l’île d’Okinawa dans les derniers mois du conflit en 1945 alors que les troupes américaines s’apprêtent à débarquer sans que la population en soit informée. Irréalisable seulement deux ans auparavant, le film ne met pas tant l’accent sur l’ennemi, que l’on ne voit jamais, que sur la pression des militaires pour ne pas abandonner l’île et au contraire émuler la population pour l’effort de guerre. Quelques années plus tard, Imai réalisera un film d’inspiration néo-réaliste, Le riz (Kome) sur l’urbanisation inéluctable de terres situées au nord du Japon, menaçant d’extinction la communauté paysanne qui s’y trouve.

La même année le réalisateur tourne pour le studio Un amour pur (Jun’ai monogatari) un mélodrame sur la destinée contrariée de deux jeunes adolescents délinquants amoureux l’un de l’autre avant qu’une maladie ne révèle l’irradiation de la jeune fille quelques années plus tôt lorsqu’elle se rendit à Hiroshima quelques jours seulement après la déflagration. Enfin, en 1963, Tadashi Imai réalise un film ambitieux sur les malheurs d’un homme dont la fiancée tente de suicider, Contes cruels du bushidô (Bushidô zankoku monogatari). Il se remémore alors la tragique destinée de ces ancêtres depuis le XVIIè siècle. Principal caractéristique du film, l’acteur principal, Kinnosuke Nakamura, y interprète sept rôles différents.

Autre réalisateur influent et vétéran, il a commencé sa carrière dans les années vingt, Tomu Uchida rejoint les studio de la Toei après un séjour prolongé en Mandchourie, alors province du Japon. Fervent nationaliste avant la guerre, il découvrira en Chine les écrits communistes qui l’influenceront dans le traitement de ses films futurs, davantage tournés vers la psychologie et la dimension sociale que sur le spectaculaire et le divertissement. Ainsi il tourne en 1955 Le mont Fuji et la lance ensanglantée (Chiyari Fuji), l’histoire d’un samouraï qui se rend à Edo (le nom féodal de Tokyo) avec ses deux serviteurs. Ayant l’alcool mauvais, sa propension à la boisson témoigne d’un mal de vivre face à sa condition de guerrier. Il s’attaque ensuite à une trilogie audacieuse, l’adaptation du roman de Kazan Nakazato Le col du grand Bouddha (Daibosatsu toge) tournée entre 1957 et 1959, histoire maintes fois portées à l’écran et véritable récit national qui suit le destin inexorable d’un samouraï profondément mauvais qui suit ses instincts meurtriers plutôt que le code d’honneur des siens. Ces films d’époque (jidaigeki) portent déjà la marque d’un nihilisme qui se développera dans la décennie suivante.

En 1965 Tomu Uchida réalise pour la firme Le détroit de la faim (Kiga kaikyo) d’après le roman à succès de Tsutomu Minakami. Le film raconte l’histoire de trois meurtriers dont deux meurent dans un typhon qui emporte le ferry entre l’île d’Hokkaido et le Japon. Le troisième, sauvé du cataclysme pour avoir passé la nuit avec une prostituée, fera de nouveau sa rencontre dix années plus tard alors qu’il est devenu une personnalité puissante, ce qui le convainc de se débarrasser d’elle pour effacer toutes traces de sa vie passée avant d’être poursuivi par un enquêteur obstiné. Tomu Uchida y explore les codes du film policier et procure au film un cachet réaliste qui contraste avec l’emphase des films de samouraïs prônée par la Tôei quelques années auparavant. Le film sera par ailleurs élu parmi les dix meilleurs films japonais de l’année.

En effet la Tôei avait remis le jidaigeki au goût du jour, rappelant les productions populaires qui fleurissaient dans les années vingt et les années trente avant l’interdiction des films d’époque par la censure exigée par l’occupant américain. En 1957 Sadatsugu Matsuda, pilier du studio, tourne L’épouse du château des Otori (Otori no hanayome). Autre superproduction historique de prestige, Le conspirateur (Hangyakuji) de Daisuke Itô en 1961. Ancien acteur de kabuki spécialisé dans les rôles de jeunes premiers plutôt faibles (nimaime), Itô est devenu dès les années vingt l’un des plus grands cinéastes de chanbara (film de sabre). Le film prend pour cadre les intrigues politiques entre les deux grands familles Oda et Tokugawa qui se querellent pour l’accession au pouvoir.

Autre cinéaste qui se frotte avec brio au jidaigeki, Eiichi Kudô, né en 1929, est l’un des plus jeunes réalisateurs de la firme. En 1963 il porte à l’écran une sombre histoire d’assassinat, Les treize tueurs (Jûsannin no shikaku). Face à la terreur que fait régner le frère cadet du Shogun, un ministre du gouvernement central donne en secret l’ordre de son élimination. Complot politique, désabusement d’une caste qui se pense au-dessus des lois, le Japon féodal y est décrit comme une période trouble et pessimiste. Avec son film suivant, Le grand attentat (Dai satsujin), le cinéaste confirme son penchant pour ces films d’époque nihilistes et sombres qui enterrent peu à peu le genre dans une contestation allégorique (celle de la société japonaise des années cinquante plongée dans les mouvements radicaux de gauche) qui échappe de plus en plus au grand public.

Le jidaigeki perd donc de son importance dès le début des années soixante au profit d’un autre genre lucratif, le film de yakuza (yakuza-eiga) qui plonge dans les méandres de la mafia japonaise pour raconter l’histoire fantasmée de ces gangsters au grand cœur. L’un des grands cinéastes du genre et accessoirement le fils de l’un des premiers réalisateurs japonais Shozo Makino, Masahiro Makino conte dans La légende des yakuzas (Nihon kyokakuden) la confrontation entre un clan respectueux du code d’honneur des yakuzas et un autre clan qui n’a cure de tels archaïsmes pour prendre possession d’un quartier de la ville. Shozo Makino, le propre père du cinéaste, fréquentait les gangsters et son fils a pu être témoin du style de vie qu’ils menaient encore dans les années vingt et trente. Par ailleurs le film sera le premier d’une série de onze longs métrages réalisés entre 1964 et 1971.

Deux autres cinéastes seront les maîtres artisans du film de yakuzas, Tai Kato et Kinji Fukasaku. Le premier explorera davantage une veine traditionaliste du genre quand le second s’évertuera à en dynamiter les codes. En 1962, Tai Kato redonne avec Ma mère dans les paupières (Mabuta no haha) un second souffle au film de vagabonds (matatabi mono), malfrats nomades s’adonnant aux jeux illégaux de la fin du XIXè siècle et dont le cinéma s’était emparé dès le milieu des années vingt. Sorte de préfiguration des films de gangsters des années soixante, l’on suit l’errance de l’un de ces marginaux qui tente de retrouver sa mère perdue alors qu’il est lui-même la cible d’une bande de malfrats à ses trousses. Le ton mélodramatique ne doit pas faire oublier le cadre de l’histoire, celle d’un Japon qui connaît la fin d’une époque pour s’ouvrir vers l’extérieur, quitte a abandonner au passage quelques éléments de son identité.

Le réalisateur poursuit en 1965 avec Le sang de la vengeance (Meiji kyokyakuden – sandaime shumei), davantage ancré dans le film de voyous tel que le studio désirait l’exploiter dans ces années là. Du matatabi mono, le genre va vite glisser vers le ninkyo-eiga (film de chevalerie) qui met en valeur le respect du code coûte que coûte. Véritable figure emblématique, le yakuza défend une conception honorable et sans défaillance de sa loyauté envers son clan alors que le système commence à corrompre et soudoyer toute une frange de la pègre. Redresseur de torts et justicier de l’underground, sa rectitude est souvent récompensé par une mort prestigieuse ou bien encore la reconnaissance de ses pairs. Il y est question ici d’une guerre de succession qui éclate lorsque survient la mort d’un parrain. Les jeunes loups comptent bien prendre la suite sans respecter les règles, ce qui bien sûr déclenche la punition des justes.

Tai Katô poursuivra sur ce chemin avec notamment l’une des séries les plus emblématiques du genre, La pivoine rouge/ la joueuse à la pivoine (Hibotan bakuto). Le réalisateur en a réalisé deux opus en 1969 et 1970, La pivoine rouge : les jeux sont faits (Hibotan bakuto : hanafuda shobu), troisième du nom puis La pivoine rouge : le retour d’Oryû (Hibotan bakuto : Oryû sanjô), cinquième film de la série. Junko Fuji, l’actrice principale, sublime ce personnage d’Oryü, femme vengeresse initiée à l’art du jeu de cartes si typique des yakuzas, sachant manier le sabre court avec une dextérité pleine de grâce. Le genre s’ouvre donc à la représentation féminine non sans oublier les sempiternels acteurs habitués à ce type de production tels que Ken Takakura, Tomisaburô Wakayama ou encore Bunta Sugawara. Le film de yakuza ne serait pas tel qu’il est sans sa dose de machisme, de testostérone et de tatouages qui ont fait sa renommé.

Kinji Fukasaku sera moins respectueux de cet esthétique faisant l’éloge des malfrats. Bien au contraire dès son premier film sur les yakuzas en 1964, Hommes, porcs et loups (Okami to buta to ningen), tout est déjà dit. Le cinéaste insiste sur la nature fortement égoïste de ces voyous qui décidément n’ont pas intérêt à respecter les règles qui régissent leur communauté. Plus proche du polar à l’américaine avec une mise en scène plus sèche et surtout plus instinctive, Kinji Fukasaku préfère dresser un portrait plus réaliste de cette caste de l’ombre loin de défendre la veuve et l’orphelin. Le cinéaste affirmera ses positions et son style avec des films tels que Combat sans code d’honneur (Jingi naki tatakai) en 1973 et Police contre syndicat du crime (Kenkei tai soshiki boryoku) en 1975, des films qui ont sa réputation et surtout le succès de la Tôei alors que le films de yakuza de type ninkyo perdait de sa verve.

Plus discret mais néanmoins très original dans sa façon d’aborder le genre, le cinéaste Hideo Gosha est sorti de l’ombre notamment grâce aux éditions vidéos de ses films, tant au Japon qu’en France. Bien que les années quatre-vingt furent pour les grands studios japonais une époque difficile, ce dernier n’a pas manqué d’offrir à son public quelques œuvres singulières telles que Dans l’ombre du loup (Kiruin anako no shagai) en 1982 et Femmes de yakuza (Gokudo no onnatachi) en 1986. Parrain charismatique, milieu de la prostitution, contrôle du clan dans les mains d’une femme fin stratège, telles sont les éléments audacieux de ces deux films qui tentent de raviver la flamme du film de mafia à l’heure où la fréquentation des salles connaît une déchéance inexorable. Plus que l’action, c’est la peinture de ce milieu fermé, et donc fantasmatique, qui guide Hideo Gosha loin de la furie et du chaos des films de Kinji Fukasaku. Comme pour marquer la renaissance perpétuelle des genres, la rétrospective ne manque pas de projeter un film plus récent qui fait suite à la série si célèbre de Fukasaku. Réalisé par Haijime Hashimoto en 2002, Nouveau combat sans code d’honneur (Shin jingi naki tatakai), creuse encore davantage le sillon de l’épopée mafieuse qui se poursuit au fil des décennies.

Enfin deux autres films viennent conclurent la rétrospective, deux films plus inclassables dans leur thématique, celle des maisons de prostitution. Le premier, Zegen, le seigneur des bordels (Zegen), réalisé par Shohei Imamura en 1987, affronte de face sous les dehors de la comédie le sujet si épineux de la traite des femmes dans l’Asie du XXè siècle. Dans une toute autre perspective, Kinji Fukasaku aborde dans La maison de geishas (Omocha) les conséquences d’après-guerre des lois anti-prostitution et des mouvements féministes sur la vie des geishas d’un quartier de Kyôto. Deux attitudes différentes face à la condition de la femme mais qui éclaire d’une certaine façon l’histoire des mœurs au Japon. La Töei, « l’usine à films » certes, mais qui a tout de même permis l’émergence ou la confirmation de cinéastes de talents qui ont su souvent transcender les contraintes des productions de studios pour offrir bien plus qu’un divertissement vite oublier. Si l’on peut émettre quelques réserves sur la projection de films déjà disponible en vidéo (et donc dispensables) et sur l’absence totale des films d’animation issus de la célèbre branche Tôei Animation, cette rétrospective est l’occasion rêvée de découvrir quelques raretés souvent inédites en France.