Banlieue 13: ultimatum (Patrick Alessandrin, 2008): chronique cinéma

BANLIEUE 13 ULTIMATUM
Un film de Patrick Alessandrin
avec Cyril Raffaelli, David Belle, Philippe Torreton, Daniel Duval, Elodie Yung, MC Jean Gab’1, La Fouine, James Deano, Pierre-Marie Mosconi, Moussa Maaskri, Sophie Ducasse, Patrick Steitzer
Genre: action
Pays: France
Durée: 1h41
Date de sortie: 18 février 2009


Trois ans après ses premières aventures au sein de la fameuse banlieue 13, le capitaine Damien est mystérieusement piégé pour possession de drogue. A l’extérieur un incident embrase l’opinion de la population contre les banlieues, zones de non-droit que certains aimeraient raser. Leito de son côté espère toujours voir la fin de ce mur de béton qui scinde le peuple en continuant ses petites attaques à la bombe. Alors qu’un gamin a été témoin de l’assassinat de policiers par de mystérieux agents du gouvernement en utilisant l’enregistrement vidéo de son télèphone, Leito se retrouve en possession du film accusateur. Le même jour, il doit se rendre au quoi des orfèvres afin de libérer Damien des mains des forces de l’ordre. Pour contrecarrer le plan d’évacuation des banlieues, ils vont devoir fédérer les différents gangs qui règnent sur ces territoires où une seule loi prévaut, celle du plus fort.

Suite direct du premier opus, Luc Besson reprend les mêmes et recommence. Si possible en inversant l’histoire précédente pour pas trop se casser les doigts (et les méninges) à l’écriture du scénario, car après avoir infiltrer la banlieue pour prévenir un attentat, le capitaine Damien doit ici infiltrer, accompagné des gangs de banlieues,  les arcanes du pouvoir militaire pour déjouer une affaire de corruption et de manipulation. L’intrigue aurait dans le fond un intérêt si elle n’était sans cesse phagocytée par des péripéties téléphonées, des invraisemblances constantes et des contradictions qui feraient hurler le plus hargneux des schizophrènes. Banlieue 13 ultimatum dit tout et son contraire, à la fois chant idéaliste pour la diversité culturelle alors que la première séquence démontre le replis communautaire, importance du respect du petit peuple alors que ce dernier tape et tire sur tout ce qui bouge, etc. Un joyeux foutoir qui n’a qu’un seul but, celui de divertir, si possible sans trop se poser de questions.

Critique des forces polices bêtes et méchantes (sauf le capitaine bien sûr qui est plus fort, plus malin et plus serein) et éloge d’une soi-disant culture des banlieues (musique, cool attitude, solidarité gratuite, autrement dit tout un référentiel de clichés), Banlieue 13 ultimatum tente de s’approprier l’image de zones de non-droit pour justifier tout un déluge d’effets pyrotechniques sans pour autant offrir une histoire de fond. Certes l’on attendait pas une réflexion profonde sur le malaise des banlieues à l’image d’un film social comme La haine mais ici le tableau dressé frise le ridicule. Les noirs, les Arabes, Les asiatiques, les néo-nazis et les Gitans se partagent les territoires et trafiquent, prétextant qu’ils préfèrent être les rois d’un petit royaume emmuré plutôt que des quidams dans un monde libre et égalitaire. Armes aux poings affichant des codes vestimentaires bien distincts, le portrait de ces groupuscules ne dépassent pas la caricature puérile : les Noirs sont rastas, les Arabes barbus, les Chinois tatoués, etc. L’imagination, de fait, ne semble pas être le fort ni du scénariste, ni du réalisateur.

Si le scénario n’est pas un modèle de lumière, reste le spectacle des cascades et des chorégraphies des combats. Ici l’acteur et cascadeur Cyril Raffaelli, responsable également des chorégraphies, étonne et détonne. Par un soupçon d’influence hollywoodienne (montage nerveux et serré) et un zest de films d’arts martiaux hongkongais (combats physiques, acrobaties, utilisation des décors pour les chorégraphies), le film fonctionne davantage sur les corps à corps que sur les explosions ou les gunfights. Nos héros courent, sautent, font les équilibristes, et s’imposent dans des faces à faces musclés. La première séquence, celle dite de la pêche aux gros poissons, offre son lot de surprises et de numéros. Si l’interprétation physique est impressionnante, l’interprétation dramatique est, elle, très superficielle. Mis à part Philippe Torreton et Daniel Duval, deux solides acteurs par ailleurs peu habitués à ce type de grosse production commerciale, le reste du casting se fonde essentiellement sur les faciès et les silhouettes, telle que la meneuse des triades, Tao, interprétée par Elodie Yung (Les bleus : premiers pas dans la police), qui mériterait à elle seule un spin-off pour son look et sa coupe de cheveux dévastatrice.  Banlieue 13 ultimatum ou quand le décompte et la dialectique banlieusarde ne peuvent pas casser des briques.

Solomon Kane (Michael J. Bassett, 2008): chronique cinéma

SOLOMON KANE
Un film de Michael J. Bassett
Avec James Purefoy, Max Von Sydow, Pete Postlethwaite, Rachel Hurd-Wood, Alice Krige, Mackenzie Crook
Genre: fantastique, action, aventures
Pays: USA
Durée: 1h44
Date de sortie: 23 décembre 2009

Dans les années sombres du XVIè siècle, les guerres ravages la surface de la Terre. Solomon Kane, capitaine et pirate d’un navire au service de l’Angleterre pille et massacre ceux qui se mettent au travers de son chemin. Sans scrupule ni pitié, il verse le sang de ses ennemis qu’il embroche de sa rapière. Un jour, conquérant une forteresse, ses hommes finissent emportés par des démons, Solomon Kane doit alors faire face au diable qui lui réclame son âme pour toutes ses victimes passées. Echappant de peu à la mort, l’ancien mercenaire doit dorénavant trouver la paix pour échapper à la Faucheuse. Retiré dans un cloître monacal, il doit cependant reprendre la route et faire face au nouveau danger qui menace le pays. Un étrange seigneur doté de pouvoirs diaboliques décime les populations. Kane doit renoncé à sa promesse et reprendre les armes pour échapper à ces bourreaux et retrouver la fille d’un homme qui lui est venu en aide. Par instinct il retrouve sa soif de sang intacte.

Adapté des romans pulp de l’écrivain américain Robert E. Howard, le fameux père d’un autre héros antédiluvien nommé Conan, Solomon Kane n’a pourtant pas grand-chose à voir avec son alter-ego littéraire mais bien davantage avec ses compatriotes cinématographiques de la dark fantasy tels que Van Hellsing ou Beowulf. Les ingrédients habituels sont au rendez-vous, brutalité, obscurantisme, mysticisme, magie noir, créatures diaboliques et geysers de sang. Des ingrédients malheureusement mal exploités comme il est de coutume dans le genre. L’ambiance matinée d’horreur ne prend pas, et la mise en scène frôle souvent le ridicule tant les situations et les péripéties manquent d’épaisseur narrative. Solomon Kane l’anti-héros fut un adolescent rebelle qui a osé défier son père, un seigneur qui voulait faire de son fils aîné, le frère de Kane donc, le seul héritier de son trône et par là même obliger le malheureux adolescent à entrer dans les ordres. Facilité de l’histoire, Solomon Kane sauve son âme par sa bonne action.

La théologie de bas étage fricote donc avec le mysticisme le plus primaire et malgré quelques bonnes idées visuelles trop vite expédiées (les démons se dissimulant dans les miroirs, le visuel audacieux du sorcier noir quasi absent du métrage), le film sombre dans les abysses de la série Z, non pas que le film manque de moyens (costumes, décors et effets spéciaux le prouvent) mais plutôt d’un manque de subtilité et de pertinence dans la construction des personnages (caricaturaux) et des péripéties (loin d’être originales). Kane est assimilé à un Christ dans la scène de crucifixion mais la comparaison s’arrête là, en se sacrifiant le protagoniste comprend très bien qu’il se sauve lui-même là où le fils de Dieu s’est sacrifié pour sauver toute la race humaine sans récompense aucune. Récit ennuyeux et convenu, seule la violence de quelques scènes séparent le film de ses congénères comme Le seigneur des anneaux (entre autre le démon de la scène finale fait de métaux incandescents ressemblant étrangement au Balrog du film de Peter Jackson) ou encore au plus lointain Willow, dont l’armée des ombres et ses costumes ont largement influencés les films de dark fantasy à venir.

Pas grand-chose à sauver du film donc, pas même le jeu des acteurs, de James Purefoy qui avait davantage convaincu dans la série télévisée Rome, jusqu’à la présence surprenante mais insuffisante de Max Van Sydow, l’acteur d’origine suédoise qui a tourné avec les plus grands (Ingmar Bergman, John Huston, Sydney Pollack, William Friedkin ou encore John Millius dans Conan le barbare justement) mais qui depuis quelques années collectionne les navets (en pagaille Judge Dredd, Vercingétorix : la légende du druide roi, L’anneau sacré ou plus récemment Rush hour 3). Le réalisateur, Michael J. Basset, n’avait réalisé qu’un seul long-métrage avant celui-ci, Wilderness, une histoire d’adolescents violents isolés sur une île en proie à une meute de chiens voraces. Solomon Kane cependant est son premier film en tant que scénariste, une première expérience peu concluante donc qui rappelle combien l’adaptation d’œuvres littéraires, aussi populaires soient-elles, ne consistent pas juste à aligner les séquences les unes après les autres mais à réfléchir avant tout sur la nature du personnage et sa signification intrinsèque. Là où John Millius a tout a fait cerné le côté épique du personnage cimmérien d’Howard, Michael J. Basset n’a pas su trouver les justes raisons pour faire vivre le personnage du flibustier sur les écrans.

Les loups (Hideo Gosha, 1971): chronique rétro

LES LOUPS
(Shusso iwai)
Un film de Hideo Gosha
Avec Tatsuya Nakadai, Isao Natsuyagi, Tetsuro Tanba, Noboru Ando, Komaki Kurihara, Kyôko Enami
Genre: action, drame, yakuza
Pays: Japon
Durée: 2h11
Date de sortie: 30 octobre 1971

En 1926, un nouvel empereur prend place sur le trône et avec lui un nouveau gouvernement se forme. Pour marquer cette nouvelle ère pour la nation japonaise, certains prisonniers sont exceptionnellement graciés, dont trois yakuzas, Iwahashi et Tsutomu du clan Enokiya et Ozeki du clan rival Kannon. Le ressentiment nourrissait leur rivalité pourtant, à l’heure de leur sortie de prison, la situation a beaucoup évoluée. Le boss du clan Enokiya est mort et Sasaki, le cadet d’Iwahashi lui succède. Un médiateur, le puissant industriel Asakura, rapproche Sasaki et Igarashi, le boss du clan Kannon, en favorisant le mariage de ce dernier avec la fille de l’ancien boss du clan Enokiya. La paix entre les factions est cependant fragile et la sortie de deux des plus influents yakuzas, Iwahashi et Ozeki, n’aide pas à favoriser l’entente cordiale. Ce sont deux anciens qui ne vivent que par le code d’honneur des yakuzas. Ils sont loin d’appeler à la guerre, au contraire ils suivent les instructions à la lettre, jusqu’au jour où certains secrets refont surfaces et mettent en péril l’autorité et la hiérarchie.

Réalisé deux ans seulement après Goyokin et Hitokiri en 1969, Hideo Gosha aligne donc un troisième chef d’œuvre d’affilé. Si ces deux derniers films sont des trésors du chanbara nihiliste, autrement dit du film de sabre crépusculaire, Les loups en est quelque sorte un reflet dans le genre du film de yakuza. Le début des années soixante-dix marquent en effet la fin d’un genre tout particulier, celui du ninkyô eiga, le film de chevalerie qui présente les yakuzas comme des héros des temps modernes avec un sens du code de l’honneur infaillible. Généralement situés dans la période du Japon d’avant-guerre, ces films témoignent des changements dont le pays est l’objet, celui de la montée en puissance du capitalisme et de l’influence durable de l’Occident dans le monde des affaires.

Sur le modèle du yakuza fidèle au code qui ronge son frein devant les trahisons impunies avant de tirer le sabre au clair pour rétablir un semblant d’ordre et de respect, Hideo Gosha apporte sa propre touche personnelle au genre, celle d’une évocation désespérée d’un monde en pleine déliquescence, qui se heurte aux exigences d’un monde en pleine transformation. Le monde ancien des yakuzas, statique et dépassé, ne peut juguler les nouveaux désirs de puissance que certains éprouvent devant les possibilités de la nouvelle économie du pays. En cela les choses changent, le politique et le financier font leur entrée fracassante dans un univers précédemment cantonné aux salles de jeux et autres lieux de plaisirs et de perdition. Ici, les dirigeants voient plus loin et plus grand, au grand dam d’un équilibre des forces fragiles.

On retrouve dans Les loups un casting prestigieux très habitué au genre ; Tatsuya Nakadai, l’un des acteurs fétiches du réalisateur dans le rôle principal d’Iwahashi, Tetsuro Tanba dans celui du médiateur, Noboru Ando et sa large cicatrice au visage dans celui d’Ozeki et enfin la très belle et vénéneuse Kyôko Enami dans celui de l’artiste tatoueuse aux talents cachés révélée par la célèbre série de films La pivoine rouge.  Casting de rêve pour une histoire de trahison, de revanche mais aussi pour une histoire d’amour impossible, celui de la fille du boss désormais fiancée au clan rival alors qu’elle n’éprouve des sentiments que pour un second couteau de son clan. Amitiés viriles, serments profanés, code d’honneur bafoué, hiérarchie biaisée, c’est tout l’univers des clans mafieux qui tremblent à l’aune de la nouvelle ère impériale du pays.

Esthète de l’image, Hideo Gosha nous offre encore ici un spectacle funèbre magnifique. La composition très travaillée se confronte à l’audace de la bande-sonore tout simplement audacieuse, certains combats se déroulant dans un silence d’autant plus terrifiant qu’ils sont brutaux et sanguinaires. Gosha ne détourne jamais la caméra devant la violence de ces gangsters avides de sang, la palme à ce couple de tueuses qui oeuvrent délicatement et gracieusement, dans un ballet de mort fascinant. L’évocation de certaines pratiques folkloriques n’en marquent que davantage le fossé qui s’est installé entre l’ancienne génération de yakuzas et la nouvelle, la première pratiquant encore le respect des coutumes, la seconde n’hésitant pas à user du mensonge, de la corruption et de la lâcheté. Un grand film japonais qui ne connaît pas encore une sortie en vidéo en France mais qui mériterait, tout comme Hitokiri, les honneurs d’une exploitation en salles.

Coq de combat (Soi Cheang, 2007): chronique DVD

COQ DE COMBAT
(Shamo)
Un film de Soi Cheang
Avec Shawn Yue, Annie Liu, Francis Ng, Masato, Dylan Kuo, Leung Siu-lung, Ryo Ishibashi, Weiying Pei
Genre: drame, action
Pays: Hong Kong, Japon
Durée: 1h45
Editeur DVD: CTV
Date de sortie DVD: 4 septembre 2008

Coq de combat DVD

Enfant d’une famille très aisée et frère d’une petite sœur à laquelle il tient beaucoup, Ryô est à priori un adolescent de seize ans sans histoire jusqu’au jour où il assassine sauvagement ses parents. Envoyé en prison jusqu’à sa majorité, Ryô se confronte à un nouveau monde gouverné par la violence et les sévices. Souffre-douleur des autres détenus, il subit les viols et les bastonnades jusqu’au jour où il croise la route de Kurokawa, un maître de karaté énigmatique qui lui vient en aide en lui prodiguant conseils et désir de combattre. Sa destinée est dorénavant toute tracée, Ryô sera champion de free fights ou ne sera pas…

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Adapté du manga éponyme d’Izo Hashimoto, véritable best seller au Japon comme en France, le film s’écarte néanmoins du ton véritablement nihiliste de la bande-dessinée. Moins de violence, moins de sexe et surtout un personnage principal moins destructeur. Dog bite dog nous avait donné un avant-goût acide de la violence de Soi Cheang, paradoxalement il propose une autre lecture de l ‘histoire de ce champion du combat libre. Une interprétation plus construire et davantage centrée sur l’affection que Ryô porte à sa sœur. L’intrigue est de toute manière assez mince et les quelques séquences de combats, pas assez nombreuses au demeurant, ne cachent pas quelques essoufflements du récit à différentes reprises du film.

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Si le film manque parfois de rythme, il faut reconnaître à Soi Cheang une certaine science de l’image, des compositions complexes, des cadres audacieux, des mélanges colorés très expressifs mais tout cela finalement sans véritable fond. Ryô semble certes plus humain que le personnage du manga, mais son interprétation par Shawn Yue (Tiger dragon gate, Invisible target, Initial D, Infernal affairs) manque cruellement de subtilité et l’on a du mal à s’intéresser à ce personnage asocial. De même la figure du maître Kurokawa, joué par Francis Ng (The mission, Infernal Affairs), n’est pas assez développé malgré un charisme ahurissant. Après donc Love Battlefield en 2004 et Dog bite dog l’année suivante, Soi Cheang déçoit quelque peu avec Coq de combat mais pour le reste nous attendons de pied ferme son futur projet Assassins.

Coq de combat affiche coréenne

Le sens du devoir 4 (Yuen Woo-ping, 1989): chronique DVD

LE SENS DU DEVOIR 4
(Wong ga si je ji IV: jik gik jing yan/ In the line of duty 4)
Un film de Yuen Woo-ping
Avec Cynthia Khan, Donnie Yen, Michael Wong, Yuen Yat Chor, Stephen Berwick, Chiao Chiao, Wing Cho
Genre: policier, polar, action, arts martiaux
Pays: Hong Kong
Durée: 1h21
Editeur DVD: HK Vidéo/ Metropolitan
Date de sortie DVD: 1er octobre 2008

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L’inspectrice Yeung reprend du service en étant chargée ici de retrouver un suspect de meurtre émigré aux Etats-Unis et de retour à Hong-Kong pour se réfugier. Derrière cette histoire, un trafic de drogue douteux et une pellicule photographique perdue dans la nature qui en gêne plus d’un. La CIA sur le coup, il faudra la meilleure fliquette de Hong Kong et l’aide de son partenaire expert en arts martiaux pour déjouer les plans machiavéliques des agents corrompus.

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Le troisième volet avait déçu par son manque de mise en scène rythmé et par l’absence de véritable caractérisation des personnages. Ici Yuen Woo-ping reprend les rennes et impose les combats et les cascades toutes les trois minutes, conférant au film une certaine dose de séquences d’action ne laissant aucun temps mort. Néanmoins il n’évite pas l’écueil des personnages trop vite esquissés, d’une intrigue somme toute assez mince et de la relégation au second plan du personnage principal, la fliquette justement, pour imposer un jeune et très athlétique inspecteur incarné par Donnie Yen (la série des Tiger Cage, Dragon inn, Iron monkey, Hero ou encore Ip Man). Sur ce point Yuen Woo-ping trahit le concept de la série puisque l’inspectrice, même si elle conserve son penchant pour la baston, ne s’en sort jamais véritablement seule. Contrairement au deux premiers opus (Royal warriors et Yes Madam avec Michelle Yeoh), l’inspectrice est plus commandée que commandante…

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Sans être tout à fait une suite au troisième opus, Cynthia Khan reprend néanmoins le rôle de L’inspectrice Yeung, le film faisant plutôt la part belle aux acteurs masculins avec tout de même son lot de bagarres. Ici les cascades spectaculaires et dangereuses laissent la place à des chorégraphies de combats plus rapides et plus complexes. Le contingent occidental est à son maximum, un blanc qui fait le singe (coup d’œil grotesque à la technique de boxe du même nom) et un black qui joue les gros bras sans oublié la femme occidentale type, c’est-à-dire blonde et sur-maquillée, tous les poncifs sur l’ennemi de l’ouest sont véhiculés assez bêtement. De ce point de vue, on avait connu Yuen Woo-ping plus inspiré, la faute peut-être à un cahier des charges contraignant où il s’agissait ici de plaire à la fois au public local mais aussi à l’exportation, la série ayant connu un très bon succès outre-Atlantique.

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Cynthia Khan quant à elle se laisse bercer par le film et ne brille pas par son volontarisme ni par la qualité de son jeu. La série, qui amorce sa descente avec les opus III et IV, tombera finalement dans l’impasse avec In the line of duty 5 : middle man en 1990, où l’actrice joue le rôle d’un boss à la tête d’une triade menacée par un autre clan avant de revenir à son rôle de Mlle Yeung dans In the line of duty 6 et 7 l’année suivante. Des films visiblement oubliés de la mémoire des cinéphiles. Cynthia Khan n’aura jamais vraiment réussi à s’imposer même si l’on peut lui concéder quelques réussites comme Blade of fury de Sammo Hung en 1993 ou encore Only the strong survive de Phillip Ko et Jim Gaines en 1995. A noter que plusieurs autres films portent comme prête-nom le titre de Yes, Madam !, histoire d’en rajouter encore un peu plus à la confusion…

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