Super 8 (J.J. Abrams, 2011): chronique cinéma

SUPER 8
Un film de J.J. Abrams
Avec Kyle Chandler, Joel Courtney, Elle Fanning, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso, Zach Mills, Ron Eldard, Joel McKinnon Miller, Jessica Tuck
Genre : Science-fiction
Pays : USA
Durée : 1h50
Date de sortie : 3 août 2011

Été 1979, à Lillian, une petite ville de l’Ohio. Alors qu’ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d’une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité alors que l’armée tente de boucler la zone… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Super 8 ou le film censé rendre hommage au format cinématographique du même nom. Certes en fil rouge la bande de copains réalisent en effet un court-métrage fantastique avec la caméra de papa et ? Et bien le déraillement catastrophique d’un train qui a failli leur coûter la vie ne semble pas les dévier de leur rêve de gosses : fabriquer un film de A à Z avec les moyens du bord. Mais, pas besoin de regarder le film de J.J. Abrams de près pour vite le comprendre, ce long-métrage est exactement le contraire d’un film super 8 mal fichu. Ici le blockbuster est roi et il serait totalement illusoire de la part du spectateur de vouloir y retrouver une once de ce cinéma amateur fabriqué à la maison. Tout au plus, et certainement pour avoir la conscience tranquille, le cinéaste insère dans le générique de fin ce fameux court-métrage tourné par la bande de copains. Quelle belle petite astuce ! Non Super 8 est une grosse production hollywoodienne tournée avec des moyens incommensurables loin des pratiques des effets spéciaux d’antant avec des bouts de ficelles. Si vous cherchez un véritable hommage au format amateur, regardez donc Le projet Blair Witch, LA pépite en format super 8 et vidéo qui a révolutionné le cinéma d’horreur sorti en 1999. Et si vous désirez contempler quelques effets spéciaux à la manière de l’époque, choisissez de revoir Dracula de Francis Ford Coppola tourné en 1992, certaines séquences y sont réalisées avec les techniques anciennes…

Alors pourquoi ce foin à propos de Super 8 ? Le vedettaria sans doute. J.J. Abrams (scénariste en haut de la vague avec la série non moins renommée Lost) + Steven Spielberg aux commandes de la production = le film hollywoodien de l’été à voir absolument (ou pas d’ailleurs)… La suite n’est qu’une affaire de communication à coup de références aux films des années quatre-vingt. Mais qu’en est-il de ces références ? Les Goonies, E.T., Rencontre du troisième type, Stand by me… Le cinéma n’est jamais qu’un espace intertextuel sans limite où chaque films produits fait forcément référence, de façon consciente ou non, à ce qui a été produit auparavant. Alors oui la bande de copains qui se sert les coudes malgré les circonstances de Super 8 fait écho à celle des Goonies. Alors oui cette créature extraterrestre qui ne cherche qu’à rentrer chez elle rappelle celle de E.T. Alors oui cette première rencontre avec la réalité de la mort (Joe fait en effet face à la mort de sa mère puis celle de certaines personnes de sa ville) évoque ce passage initiatique développé dans Stand by me. Et puis ? Quelles perspectives ces références donnent t-elles au film de J.J. Abrams ? Soyons clairs : aucune. Super 8 est un film de son temps, celui des années 2010 où la surenchère d’effets spéciaux est devenue tellement systématique qu’elle imprègnent une grande majorité de films produits à Hollywood au point qu’elle a perdu tout intérêt même celui de titiller l’imagination et d’en mettre plein les yeux. Quand à développer une histoire intéressante et stimulante, n’en demandons pas trop tout de même. Un film vide dont le lustre n’émane que de certains soi-disant critiques de cinéma.

Publicités

Dragons (Chris Sanders et Daen DeBlois, 2009): chronique cinémaa

DRAGONS
(How to train your dragon)
Un film de Chris Sanders et Dean DeBlois
Avec les voix originales de Jay Baruchel, Gerard Butler, America Ferrera, Jonah Hill, Christopher Mintz-Plasse, Craig Ferguson, Kristen Wiig
Genre: animation
Pays: USA
Durée: 1h33
Date de sortie: 31 mars 2010

Au cœur des terres vikings, le quotidien des guerriers n’est rien d’autre qu’un combat inlassable contre les dragons, des voleurs de bétail et des destructeurs systématiques du village. Un soir comme un autre où le combat fait rage, la destinée d’Harold, adolescent singulier et fils du chef de la petite bourgade, va prendre une étonnante tournure. Gaffeur invétéré et victime de la poisse, il n’est jamais écouté par ses pairs, pourtant cette nuit-là c’est bel et bien un dragon qu’il abat, la créature la plus mystérieuse qui soit, une Furie Nocturne. Son père, Stoïk, désespère de faire de lui un homme, c’est à dire un tueur de dragon mais lorsque le jeune homme s’apercevra que la créature est toujours vivante et clouée au sol à cause d’une aile défectueuse, il va peu à peu découvrir combien les dragons peuvent être fragiles et peureux et que les vikings sont loin de tout savoir sur leurs ennemis jurés. Il va alors apprivoiser la bête et prendre en main son destin.

Dernier né des studios Dreamworks en matière d’animation, Dragons est l’adaptation du roman de Cressida Cowell, Comment dresser votre dragon ?. La mythologie nordique se couple donc d’un soupçon de fantasy non sans une pincée d’humour et d’absurde qui fait justement le sel du film. Les personnages, toujours caricaturés mais haut en couleurs, procurent la matière du film, celle d’un village où chacun à sa place sauf le jeune Harold, éternel incompris et gaffeur qui désespère la communauté entière. Le film se lit donc comme un récit d’initiation où l’ingéniosité du garçon et sa propension à voir les choses d’un œil neuf va le conduire à trouver sa propre place. L’autre grande attraction sont les « bêbettes » du film, les dragons, dont la multitude des espèces est égale à leur force de destruction prodigieuse. Sous le nom de Vipère, de Cauchemar Monstrueux ou encore de Terreur Terrible, les reptiles s’en donne à cœur joie pour enflammer tout ce qui bouge non sans quelques maladresses parfois.

Si le film insiste sur l’amitié naissante entre l’adolescent et la créature blessée, le récit n’est pas dénué d’action et les séquences de combat sont savamment orchestrées pour dynamiser le rythme et fournir d’amples explications sur les capacités des monstres volants, véritable bestiaire plus farfelu qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. Ce qui est source d’exercice et d’entraînement pour tous les jeunes vikings qui se respectent va être au contraire source d’admiration et d’observation pour Harold, décidément à contre courant de la coutume villageoise. Sur ce plan là, le scénario tire le maximum des possibilités narratives et mène les péripéties tambour battant quitte à, parfois, notamment au tout début, ne pas laisser le temps au spectateur d’apprécier cet univers médiéval teinté de fantastique.

En termes techniques, Dragons profite de l’expérience davantage maîtrisée aujourd’hui de la 3D, évitant les sempiternels objets lancés à la figure du spectateur pour davantage se concentrer sur la profondeur de l’image, offrant des points de vue privilégiés sur cet univers dépaysant. Les scènes de vol n’ont rien à envier à celles d’Avatar, la même sensation de suspension et de célérité et la même beauté plastique des hauteurs habituellement inatteignables. L’animation n’est pas en reste et fait la part belle à des gestuelles typiques de chaque personnage. La Furie Nocturne notamment est à la fois la puissance et la grâce incarnée, véritable créature racée qui tranche violemment avec l’aspect plus chaotique des autres races de dragons. Les effets de matière, de textures et le soin apporté aux éclairages sont saisissants. Que l’on adhère ou non aux choix esthétiques du film, l’animation elle est impériale et sans faute, davantage fouillée et précise que sur les précédents films du studio, que ce soit Shrek ou bien Madagascar. Une belle réussite pour une histoire qui mêle évasion et récit initiatique tout en revisitant d’un regard décalé le monde des vikings.

Coq de combat (Soi Cheang, 2007): chronique DVD

COQ DE COMBAT
(Shamo)
Un film de Soi Cheang
Avec Shawn Yue, Annie Liu, Francis Ng, Masato, Dylan Kuo, Leung Siu-lung, Ryo Ishibashi, Weiying Pei
Genre: drame, action
Pays: Hong Kong, Japon
Durée: 1h45
Editeur DVD: CTV
Date de sortie DVD: 4 septembre 2008

Coq de combat DVD

Enfant d’une famille très aisée et frère d’une petite sœur à laquelle il tient beaucoup, Ryô est à priori un adolescent de seize ans sans histoire jusqu’au jour où il assassine sauvagement ses parents. Envoyé en prison jusqu’à sa majorité, Ryô se confronte à un nouveau monde gouverné par la violence et les sévices. Souffre-douleur des autres détenus, il subit les viols et les bastonnades jusqu’au jour où il croise la route de Kurokawa, un maître de karaté énigmatique qui lui vient en aide en lui prodiguant conseils et désir de combattre. Sa destinée est dorénavant toute tracée, Ryô sera champion de free fights ou ne sera pas…

coq_de_combat_1

coq_de_combat_9

Adapté du manga éponyme d’Izo Hashimoto, véritable best seller au Japon comme en France, le film s’écarte néanmoins du ton véritablement nihiliste de la bande-dessinée. Moins de violence, moins de sexe et surtout un personnage principal moins destructeur. Dog bite dog nous avait donné un avant-goût acide de la violence de Soi Cheang, paradoxalement il propose une autre lecture de l ‘histoire de ce champion du combat libre. Une interprétation plus construire et davantage centrée sur l’affection que Ryô porte à sa sœur. L’intrigue est de toute manière assez mince et les quelques séquences de combats, pas assez nombreuses au demeurant, ne cachent pas quelques essoufflements du récit à différentes reprises du film.

coq_de_combat_20

coq_de_combat_43

Si le film manque parfois de rythme, il faut reconnaître à Soi Cheang une certaine science de l’image, des compositions complexes, des cadres audacieux, des mélanges colorés très expressifs mais tout cela finalement sans véritable fond. Ryô semble certes plus humain que le personnage du manga, mais son interprétation par Shawn Yue (Tiger dragon gate, Invisible target, Initial D, Infernal affairs) manque cruellement de subtilité et l’on a du mal à s’intéresser à ce personnage asocial. De même la figure du maître Kurokawa, joué par Francis Ng (The mission, Infernal Affairs), n’est pas assez développé malgré un charisme ahurissant. Après donc Love Battlefield en 2004 et Dog bite dog l’année suivante, Soi Cheang déçoit quelque peu avec Coq de combat mais pour le reste nous attendons de pied ferme son futur projet Assassins.

Coq de combat affiche coréenne