Sherlock Holmes 2 – Jeux d’ombres (2011, Guy Ritchie)

 Fin du XIXème siècle, l’Angleterre s’est transformée sous les effets de l’industrialisation. Sur le continent les empires vacillent, les attentats anarchistes sèment le trouble. Depuis quelques mois la vieille Europe tremble, la guerre menace entre la France et la Prusse. Décelant une machination diabolique derrière ces évènements sombres, le célèbre détective Sherlock Holmes enquête. Mais il va devoir se passer de son fidèle assistant, le Dr Watson, car celui-ci est sur le point de sa marier avec la charmante Mary. La veille de la cérémonie, et en prétextant l’enterrement de vie de jeune garçon du Dr Watson, Holmes croise le chemin de Simza la gitane, première piste qui conduiront le duo à travers l’Europe à la poursuite d’un ennemi cruel mais à l’esprit affûté, le professeur Moriarty. Lire la suite

The red riding trilogy – 1983 (Anand Tucker, 2009): chronique cinéma

THE RED RIDING TRILOGY – 1983
Un film d’Anand Tucker
Avec Mark Addy, David Morrissey, Robert Sheenan, Sean Bean, Andrew Garfield
Genre: thriller, policier
Pays: Grande-Bretagne
Durée: 1h40
Date de sortie: 11 novembre 2009

The red riding trilogy affiche

1983, une petite fille est de nouveau retrouvée morte dans le Yorkshire, neuf ans après la précédente affaire. Pour le superintendant Maurice Jobson, ce meurtre macabre remet en question la culpabilité de Michael Myshkin, un jeune homme quelque peu retardé, arrêté puis placé dans un hôpital psychiatrique peu après les faits. De son côté, la mère du prétendu coupable fait appel à un avocat du coin pour une demande d’appel. Ce dernier, après la consultation de l’affaire, relève de flagrantes erreurs dans la constitution du dossier. Persuadé que Myshkin n’est qu’un bouc émissaire, l’avocat résigné qu’il était devenu décide de faire front devant les réticences des forces de l’ordre à rouvrir l’affaire. Ce qu’il va découvrir va bien au-delà du meurtre de quelques fillettes, le passé douloureux du Yorkshire va violemment ressurgir, notamment une affaire de projet immobilier obscure et une sombre histoire de fusillade restée inexpliquée.

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Troisième et dernier opus de The red riding trilogy, 1983 s’offre comme un point d’orgue glacial qui boucle définitivement le cercle infernal des crimes dont certains se sont rendus coupables. « Chacun est coupable du bien qu’il n’a pas fait » dit le dicton, tout aussi bien l’avocat lui-même qui, voisin de Myshkin et de sa famille ne s’était jamais intéressé à cette sombre affaire mais aussi et surtout le superintendant Jobson, témoin et acteur de l’arrestation de celui que tous préjugeait comme coupable après des aveux arrachés. Pour Jobson, ce nouveau meurtre d’une petite fille est la goutte qui fait déborder le vase et l’oblige à se pencher sur les pratiques plus que douteuses de son commissariat avec à sa tête le commissaire Molloy qui n’a jamais souffert que l’on questionne son autorité.

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La volonté de rédemption se dispute à celle du devoir à accomplir, le superintendant en retrait, en attente, alors que l’avocat décide, lui, de passer à l’action. A travers la figure de ce dernier, c’est une remise en cause du pouvoir de la justice (après celui de la presse dans le premier film et celui de la police dans le second) auquel le film se confronte. La corruption et les coupables sont partout, dans toutes les strates de la société. Après le journaliste et l’enquêteur, c’est donc un homme de loi qui se dresse contre le système pour dévoiler encore un peu plus les malversations d’un système vicié de l’intérieur et qui s’offre l’impunité la plus totale. Etrangement c’est le plus lâche et le plus laxiste des trois (avocat sans dimension ni ambition, il vivote plus qu’il ne vit de son travail) qui va mettre à mal l’architecture du secret et de la culpabilité partagée. En cela plus optimiste que les livres dont les films sont issus, 1983 n’en reste pas moins sombre et tragique à la fois.

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Ce troisième film conclut logiquement 1974 et 1980 en une montée lumineuse vers la vérité. Symbolique angélique oblige (les ailes cousues dans les dos des petites filles), le spectateur sort peu à peu de l’ombre vers la lumière après cette traversée des enfers que les trois cinéastes nous ont proposé, une véritable chute vertigineuse dans les abîmes du crime que l’homme est capable de perpétrer. Une fois encore le film est maîtrisé de bout en bout et les questions que peuvent avoir posé les deux précédentes parties trouvent ici leurs réponses malgré une nouvelle histoire et des personnages inédits. La quête de la vérité est une quête de tous les jours et cette trilogie nous démontre combien le passé comme le présent façonnent chacun d’entre nous, que nous possédons tous une face cachée loin de l’image public qui s’offre aux regards des autres. Trois histoires, trois points de vue, trois destinées qui ont croisé le chemin du Yorkshire durant ses heures les plus sombres dans une Angleterre qui semble abandonnée de Dieu. Tel L’enfer de Dante, le spectateur ressort de ce voyage abasourdi et remué.

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The red riding trilogy – 1980 (James Marsch, 2009): chronique cinéma

THE RED RIDING TRILOGY – 1980
Un film de James Marsch
Avec Paddy Considine, Maxine Payne, David Morrissey, Robert Sheehan
Genre: thriller, policier
Pays: Grande-Bretagne
Durée: 1h33
Date de sortie: 11 novembre 2009

The red riding trilogy affiche

1980, un assassin surnommé « l’éventreur » terrorise depuis près de six ans la région du Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre. Dans l’impasse la police locale se voit obliger de faire intervenir un inspecteur de Manchester, Peter Hunter. Celui-ci avait déjà collaboré avec les policiers du Yorkshire quelques années auparavant à la suite d’une fusillade inexpliquée dans un pub avant d’être rappelé chez lui pour des raisons personnelles. Cette fois-ci l’inspecteur compte bien mené son enquête jusqu’au bout, quitte à faire du bruit auprès de sa hiérarchie lorsqu’il vient à contredire la thèse officielle autour de l’assassin. Une fois encore il découvre que certains policiers sont mêlés de près ou de loin à la dissimulation ou à la fabrication de fausses preuves ou d’aveux extorqués.

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Second opus de The red riding trilogy d’après les romans de David Pearce, 1980 explore la quête d’un homme seul contre le système, un homme pris en étau entre la corruption qui règne dans sa profession et une situation conjugale fragile. Entre les flashes-back de cette fameuse première enquête sur une fusillade suspecte dont les rapports d’experts contredisait la version officielle et cette nouvelle mission tout aussi dénuée de rigueur et de savoir-faire, Peter Hunter sait déjà qu’il ne pourra compter que sur ses deux agents choisis par ses soins pour faire avancer l’investigation. En opposition directe avec les policiers locaux qu’ils l’accusent de vouloir les faire plonger, l’inspecteur marche sur le fil du rasoir, la hiérarchie n’attendant qu’un seul pas de sa part pour le révoquer.

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Après 1974 donc, qui reprenait le point de vue d’un jeune journaliste remontant le chemin sinueux d’une sombre histoire de petites filles violées et torturées, 1980 nous plonge dans l’Angleterre du thatchérisme, d’une institution à la poigne de fer dans un gant de soie qui tente de faire bonne figure devant ses échecs répétés mais qui n’oublie pas de sacquer discrètement celles et ceux qui ne rentrent pas dans le rang. Ici les victimes ne sont plus des fillettes innocentes mais des prostituées ou des femmes jugées faciles dont les meurtres gênent davantage la police parce que l’assassin se gargarise auprès de la presse de ses sombres exploits que de toutes considérations morales du geste meurtrier lui-même. Rangé du côté de la raison et de l’analyse, Peter Hunter va très vite mettre à jour les manques de l’enquête, les anicroches d’une procédure, et par là même le côté erronés des résultats, pointant du doigt l’incompétence des policiers incriminés.

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Couleurs sombres et froides, moiteur de l’atmosphère, crasse omniprésente, les paysages et les décors intérieurs du Yorkshire sont tel un labyrinthe dont Peter Hunter doit trouver la sortie. Le seul fil d’Ariane à sa disposition, un homosexuel travesti et apeuré qui se souvient de cette fameuse nuit. Pour Peter Hunter l’exploration de l’enfer commence et le film n’oubli pas d’entraîner son spectateur avec lui. Si ce second opus est peut-être un peu plus faible que les deux autres, il dépasse cependant la plupart des polars américains de ces dernières années dans sa représentation obscure d’une société damnée. Village quasi laissé à l’abandon, ruelles sombres, entrailles d’un commissariat qui cache un passé douteux, chambre d’hôtel miteuse, petit garage à l’écart et oublié de tous, il ne fait pas bon vivre dans le Yorkshire des années quatre-vingt, à l’heure où l’éventreur officie loin des regards. Mais la défaite de la police devant ces meurtres non résolus cachent bien plus en réalité.

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The red riding trilogy – 1974 (Julian Jarrold, 2009): chronique cinéma

THE RED RIDING TRILOGY – 1974
Un film de Julian Jarrold
Avec Andrew Garfield, Sean Bean, Warren Clarke, Rebecca Hall
Genre: thriller, policier
Pays: Grande-Bretagne
Durée: 1h41
Date de sortie: 11 novembre 2009

The red riding trilogy affiche

En 1974 dans la région du Yorkshire dans le nord de l’Angleterre, une petite fille disparaît. Eddie Dunford, natif de la région mais revenant du sud après une courte carrière insatisfaisante, embauche pour le poste de journaliste enquêteur au Yorkshire Post. Très vite le jeune reporter fait le rapprochement de cet enlèvement avec d’autres disparitions de petites filles dans les entourages quelques années auparavant. L’un de ses collègues, plus expérimenté, travaille sur la corruption qui règne parmi les notables de la ville, impliquant certains officiers des forces de police et un richissime homme d’affaire sous une affaire de projet immobilier à venir. Mais lorsque Eddie Dunford commence à réveiller les histoires du passé, il met le doigt dans un engrenage qui le conduira dans les recoins sombres de cette communauté qui n’a cure des idéalistes.

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Adapté de la série littéraire policière Le quatuor du Yorkshire écrite par David Peace aux débuts des années 2000, 1974 est le premier film d’une trilogie, nommée The red riding trilogy, qui reprend un ensemble d’affaires macabres se déroulant dans cette région reculée de l’Angleterre. David Peace est le James Ellroy anglais, véritable thanatologue littéraire des crimes les plus abjects qui prennent pour cadre une société en putréfaction, entre prostitution, viol, meurtre, pédophilie et autres crimes sadiques dont la lecture a de quoi effrayer. Ce premier opus prend comme point de vue celui d’un nouveau venu, jeune, qui désire pour une fois dans sa vie mériter le respect à travers ses efforts au travail. Ce jeune journaliste, Eddie Dunford, est le fils d’un tailleur estimé, mort il y a peu.

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Pourtant les évènements criminels ne lui laisseront que peu de répit pour prendre ses marques et, à peine arrivé, il est lâché dans la fosse au lions face aux vieux briscards de son propre journal et les relations tendues que la police porte au canard. Dissimulation, mensonge, ignorance, malversation, chantage, le récit explore les fanges de l’âme humaine alors que la vie d’une petite fille est en jeu. Doutes vites balayés, celle-ci est peu après retrouvée morte dans un chantier, des ailes d’ange cousues à même la peau dans son dos. Entre des flics corrompus, des culs terreux peu loquaces et une femme victime qui se jette dans les bras du premier venu, Eddie Dunford va vite mûrir à cette école de la vie peu soucieuse d’être indulgente.

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Julian Jarrold signe cette première partie qui fixe le cadre : tout est sale, impur, froid comme la mort. Le réalisme brut des images se dispute à une bande son souvent hypnotique et abstraite, on entre peu à peu dans le mental confus du jeune personnage, plongé dans le chaos d’une enquête qui le dépasse. Histoire à tiroirs où le moindre détail peut devenir un indice (y compris pour les films suivants), le montage du film peut paraître parfois complexe au spectateur sans pour autant jamais le désarçonner ou le décevoir. La maîtrise du film est totale, l’interprétation sans fausse note et l’intrigue tout simplement captivante. Un récit mené de mains de maître par le scénariste Tony Grisoni qui a su, à partie des quatre livres originaux, tirer une trilogie qui capte sans fard ni faux fuyant la cruauté des évènements. 1974 est un coup de poing qui entraînera le spectateur dans une spirale effroyable de la barbarie humaine, barbarie qui se déploiera avec machiavélisme dans ses deux suites, 1980 et 1983.

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