Midnight running (Wong Chung-ning, 2006): chronique preview

MIDNIGHT RUNNING
(Faan dau kwong bun)
Un film de Wong Chung-ning
Avec Timmy Hung, Kwok Cheung Tsang, Rumiko Maya, Calvin Choi, Carl Ng, Samuel Pang, Wing Yin Cheung, Roderick Lam
Genre: policier, comédie
Pays: Hong Kong
Durée: 1h32
Date de sortie: indéterminée

La veille du jour de noël Mari, une japonaise, se fond parmi les touristes qui se baladent dans les rues de Hong Kong à la recherche de sa victime. Voleuse au grand cœur, elle s’amuse à dérober les goujats jusqu’au moment où elle subtilise le porte-document d’u membre de la plus importante triade de la ville, le clan Tung Hing. Pensant avoir remporter un gros butin, la jeune femme est déçu d’y trouver une liste de noms sans importance à ses yeux. L’Oncle Four à la tête de la triade exige de ses hommes de retrouver au plus vite cette liste, il charge notamment Brother OD, l’un des chefs subalternes un peu fou, d’employer tous les moyens possibles. Peter, un jeune serveur du bar de Brother OD est entraîner dans cette chasse parce qu’il parle japonais. Alors qu’il retrouve la jeune voleuse nippone, il se rend vite compte qu’il partage le même rêve que celle-ci, celui d’ouvrir un bar à mojito sur la plage de Santa Maria à la Havane. Avec le policier Paul, impliqué malgré lui dans l’affaire à cause de Mari, Peter va essayer de déjouer les plans de la triade pour sauver la belle Mari.

Comédie policière fort charmante, Midnight running mélange subtilement les codes de la romance contrariée avec ceux de l’enquête et de la poursuite chers aux polars hongkongais, les gunfights meurtriers en moins. De ce côté là, le film joue plus le décalage et le ton comique que l’efficacité et la puissance de l’action. Quiproquos, renversements de situation et confusion des points de vue s’enchaînent pour servir une histoire simple mais séduisante. Première réalisation du cinéaste et scénariste Wong Chung-ning, qui avait signé l’histoire du film The three brothers de Wu Ying-kin en 1999, il révèle d’ores et déjà d’un sens de la narration et du propos en jonglant habilement sur les deux genres de la comédie et du polar. Si la scène d’exposition manque un peu de singularité, le film se lance une fois pour toute avec l’apparition du bad guy de service en chanteur de karaoké catastrophique, le fameux Brother OD, incarné par Calvin Choi, un chef avec une case en moins qui se plaît à maltraiter son subalterne, Alloy, en l’obligeant à se couper les doigts à chaque erreur à la façon des yakuzas japonais.

Le casting fait par ailleurs preuve de pertinence avec, outre Calvin Choi en gangster halluciné, Timmy Hung dans le rôle du policier dévoué qui essaye entre deux poursuites de gérer ses problèmes de couple avec Faye Faye, sa compagne mieux gradé que lui à la brigade anti-mafia. Timmy Hung avait commencé sa carrière en tant qu’assistant cascadeur sur Mr. Nice guy de Sammo Hung en 1997, avant de choisir le chemin de comédien dès l’année suivante avec une apparition dans The three lustketeers de Bosco Lam. Plus mémorable on peut le voir en coéquipier de Jackie Chan dans New police story en 2004 ou encore S.P.L. de Wilson Yip l’année d’après. Après Midnight running, il a compté parmi l’équipe de Men suddently in black 2, Flashpoint ou encore Three kingdoms: ressurection of the dragon de Daniel Lee en 2008. Dans les deux rôles principaux, ceux de Peter et Mari, deux têtes nouvelles dans le cinéma asiatique, l’actrice japonaise Rumiko Maya dont c’est le premier long-métrage et Kwok Cheung Tsang, le propre fils du comédien Eric Tsang, qui enchaîne les films depuis le début des années 2000. On peut notamment citer dans sa filmographie The eye 2, A.V., Tactical unit : no way out ou encore récemment Claustrophobia, vu récemment au Festival du Film Asiatique de Deauville.

Comédie sans prétention mais non sans qualité, Midnight running désacralise le milieu de la pègre chinoise sur le ton parodique. L’Oncle Four attend patiemment les erreurs des uns et des autres pour prendre parti, voir même pour retourner sa veste, OD pète un câble à la moindre bourde, et le petit dernier des chefs arrive avec sa bande de rappeurs des rues en tenue bling-bling du plus mauvais goût. Bref la mafia hongkongaise n’est plus ce qu’elle était même si pour la célébration d’un nouveau leader, les fastes rituelles sont de mise. Peter, le serveur qui n’avais rien demandé, est en fait le plus malin de tous et joue de son innocence pour s’esquiver dès que l’occasion se présente. Situations enjoués et musique légère donnent le ton, on est loin de la furie destructrice d’un Johnnie To tout autant des péripéties acrobatiques et drôlatiques d’un Jackie Chan. Non, Wong Chung-ning adopte son propre chemin, moins radical certes, mais tout aussi plaisant.

Volpone (Frédéric Auburtin, 2003): chronique DVD

VOLPONE
Un film de Frédéric Auburtin
Avec Gérard Depardieu, Daniel Provost, Gérard Jugnot, Inès Sastre, Robert Hirsch, Jean-François Stévenin
Genre: comédie
Pays: France
Durée: 1h30
Editeur DVD: Koba Films Vidéos
Date de sortie DVD: 20 août 2008

Volpone

Volpone, un escroc qui fuit ses créanciers, rencontre par hasard un autre parasite prénommé Mosca. Ce dernier tente d’abuser son public en prétendant être plus vieux qu’il ne paraît grâce à une décoction spéciale. Volpone, habitué aux supercheries, confond le faux vieillard et l’engage comme complice pour une escroquerie à venir. En effet à Naples Volpone se fait passer pour un riche vieillard aux abords de la mort pour attirer la cupidité des riches notables de la ville. Mosca et lui s’arrangent pour tromper tout ce beau monde et faire croire qu’un héritier sera désigné parmi eux. Mais le jeu se complique lorsque les deux scélérats essayent de s’escroquer eux-mêmes…

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Téléfilm techniquement très honnête, Volpone est l’adaptation d’une pièce comique de théâtre anglais de l’auteur Ben Johnson, rival de Shakespeare, au XVIIème siècle. Prenant comme cadre l’Italie de l’époque, les thèmes principaux dans cette histoire sont l’argent, la cupidité et la tromperie et l’on pense fortement à L’avare de Molière. Exercice de style avant tout, cette adaptation nous offre les cabotinages des acteurs Gérard Depardieu, Daniel Prévost, Gérard Jugnot, Robert Hirsch et Jean-François Stévenin. Si les dialogues font parfois mouche, l’interprétation est cependant superficielle et peu convaincante malgré le faste des décors et des costumes. Avec cette pléiade d’acteurs, l’on aurait été en droit d’attendre un numéro plus inattendu, plus impressionnant. Seule Inès Sastre sort son épingle du jeu et sa beauté rafraîchissante hypnotise l’attention. Après Un pont entre deux rives, co-réalisé avec son ami et acteur Gérard Depardieu et avant San Antonio, Frédéric Auburtin se place dans la lignée d’un cinéma populaire classique largement tourné vers la comédie à laquelle son film suivant, Envoyés très spéciaux, ne déroge pas.

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La folle histoire d’amour de Simon Eskenazy (Jean-Jacques Zilberman, 2009): chronique cinéma

LA FOLLE HISTOIRE D’AMOUR DE SIMON ESKENAZY
Un film de jean-Jacques Zilberman
Avec Antoine de Caunes, Mehdi Dehbi, Elsa Zylberstein, Judith Magre, Catherine Hiegel, Micha Lescot
Genre: comédie
Pays: France
Durée: 1h30
Date de sortie: 2 décembre 2009

La folle histoire d'amour de Simon Eskenazy affiche

Depuis sa séparation avec son ex-femme, Rosalie, dix ans plus tôt, Simon est désormais devenu un musicien accompli, interprète des plus grands morceaux de musique traditionnelle juive. Pourtant l’été de la canicule, sa vie va devenir soudainement mouvementée. Sa mère, âgée et avec laquelle il ne s’entend plus, vient habiter chez lui à cause d’une hanche fêlée. Son amant, Raphaël, professeur de philosophie, n’arrive pas à avouer sa véritable orientation sexuelle à son épouse. Rosalie, à son tour, débarque à Paris pour lui présenter son fils qu’il n’a jamais vu et enfin, Naïm, un travesti musulman, va prendre une place particulière dans sa vie. Simon ne sait plus où donner de la tête alors qu’il doit enregistrer un nouvel album et préparer un concert à New York.

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Suite directe de L’homme est une femme comme les autres, Antoine de Caunes reprend son personnage égocentrique du clarinettiste ayant tourné le dos à sa famille et à ses origines pour une nouvelle comédie d’une surprenante légèreté. Sur fond d’été caniculaire, l’entourage de Simon va tout à coup se mettre en branle et briser son quotidien tranquille. La quarantaine passée, Simon est désormais un homme qui vit son homosexualité avec apaisement et sérénité. Ici le personnage de Rosalie n’apparaît qu’en filigrane pour laisser la place à un fils de dix ans qui n’a jamais connu son père. Fils prodige, musicien lui aussi, parfaitement bilingue, il est élevé dans la plus pure tradition orthodoxe, au grand dam de ce père qui, bien qu’il ne cesse de le nier, aimerait enfin sentir la fibre paternelle s’éveiller en lui.

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Jean-Jacques Zilberman nous offre une comédie de mœurs parfaitement maîtrisée en introduisant un nouveau tabou, celui du travestissement contre l’appartenance religieuse. Avec humour et finesse, le cinéaste aborde le poids des faux-semblants, des mensonges et de l’intolérance. Naïm tente d’exister à travers les personnages féminins qu’il incarne quand Simon veut simplement l’aimer tel qu’il est. Au contraire Naïm éprouve envers les proches de Simon toute la tendresse que ce dernier est incapable d’exprimer. Simon ne se cache pas derrière une quelconque façade mais s’oblige à ne pas exprimer ses sentiments comme une sorte de réflexe de préservation. Au contraire Naïm, à fleur de peau, a besoin de l’habit féminin pour se sentir fort, aimé et regardé. Véritable révélation du film, Mehdi Debhi incarne à la perfection ce rôle à plusieurs voix, tour à tour homme fragile mais terriblement séduisant et femme fatale étonnamment culottée.

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Autre thème abordé, celui des générations. Loin des siens, Simon n’a jamais regarder ni le passé ni l’avenir. Avec sa mère encombrante et ce fils nouveau venu, c’est toute une chaîne familiale qui se reconstruit, non sans quelques crissement de dents. Entre une femme handicapée qui a connu l’horreur des camps et un fils qui a besoin de son père pour continuer à grandir, Simon apprend à faire des concessions pour maintenir l’équilibre. Pour emmener tout ce petit monde virevoltant, Jean-Jacques Zilberman convoque la musique yiddish avec maestria sans oublier les très belle référence à Charlie Chaplin. La folle histoire d’amour de Simon Eskenazy mêle des dialogues savoureux à quelques pointes tragiques sans pour autant tomber dans le film communautaire. La culture juive y est tour à tour célébrée et malmenée en évitant toute caricature. Antoine de Caunes, plus séduisant que jamais, semble se fondre dans son personnage sans aucune difficulté, lui insufflant mélancolie et fantaisie facétieuse.

Divorce à l’italienne (Pietro Germi, 1961): chronique cinéma

DIVORCE A L’ITALIENNE
(Divorzio all’italianna)
Un film de Pietro Germi
Avec Marcello Mastroianni, Daniela Rocca, Stefania Sandrelli, Leopoldo Trieste, Odoardo Sapadaro, Margherita Cirelli, Angela Cardille, Lando Buzzanca
Genre: comédie
Pays: Italie
Durée : 1h44
Date de sortie : 22 mai 1962
Date de sortie reprise: 8 juillet 2009

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Ferdinando, sicilien d’une famille noble en décadence, est amoureux de sa jeune cousine, Angela, une beauté brune et ténébreuse qui le dévore de l’intérieur. Mais, marié à une femme insupportable, il ne peut assouvir son amour car, en Italie, le mariage est illégal. Pour arriver à ses fins, Ferdinando concocte un divorce à l’italienne, c’est à dire pousser sa femme dans les bras d’un autre et les prendre en flagrant délit puis assassiner sa femme adultérine, meurtre passionnel qui, aux yeux des tribunaux, bénéficie d’une étonnante indulgence. Pour joué le rôle de l’amant, le jeune baron trouve la bonne poire avec Antonello, un peintre un brin séducteur, qui se révèle lui aussi marié. De rebondissements en péripéties, Ferdinando aura toutes les peines du monde à mettre son plan à exécution.

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Signée Pietro Germi, cette comédie satirique qui égratigne les mœurs transalpines est un petit bijoux du cinéma italien. Germi est un habitué des films à succès et des récompenses en tous genres, il obtient notamment le Nastro d’argent et le prix du scénario au Festival de Venise pour sa première réalisation, Le témoin, en 1945, le Nastro d’argent encore une fois pour son film Au nom de la loi en 1949, l’Ours d’argent au Festival de Berlin pour Le chemin de l’espérance en 1951 et le prix du meilleur film italien à la Mostra de Venise pour Traque dans la ville toujours en 1951. Dans les années soixante Pietro Germi délaisse les drames et les mélodrames sociaux pour se concentrer davantage sur les comédies de mœurs avec des films tels que Beaucoup trop pour un seul homme en 1963, Séduite et abandonnée en 1964, Ces messieurs dames en 1966 ou encore Alfredo, Alfredo en 1972.

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Dans Divorce à l’italienne, le cinéaste explore l’hypocrisie du meurtre passionnel comme succédané au divorce juridique, pratique interdite en Italie pour des causes essentiellement religieuses. Ici bien sûr la religion porte le masque de l’honneur et du respect familial quand derrière les buissons les pulsions qui animent tout être humain s’épanchent sans outre mesure. Pietro Germi place en outre son récit au cœur de la Sicile, le pays où la passion l’emporte sur la raison, dans le milieu de l’aristocratie mourante faute d’avoir un idéal à incarner. Le personnage de Marcello Mastroianni est celui d’un fils de baron qui vit sous le même toit que ses parents avec son épouse indigeste et encombrante dont il a consenti le mariage pour sauver la famille d’une situation pécuniaire délicate. Mais Ferdinando n’a d’yeux que pour la belle et jeune Angela, la fille de son propre oncle qui vit lui aussi sous le toit de la demeure familiale.

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Portrait d’une famille oisive qui ne vit que pour les sorties à la plage et les messes dominicales, Ferdinando désire une autre vie, faite d’amour et d’eau fraîche, au pied de sa sirène de cousine. Germi détourne les sempiternels clichés du film romantique pour souligner davantage encore le comique de la situation comme cette action manquée où, un pistolet caché dans un meuble, Ferdinando manque le couple adultérin pour avoir assisté trop longtemps à une représentation cinématographique de La dolce vita et la poitrine généreuse d’Anita Ekberg. Clin d’œil au film de Fellini autant que démonstration de ce qui agite tous les hommes, Ferdinando voit la situation se retourner contre lui lorsque les amants s’échappent sans mot dire. L’année suivante Vittorio De Sica signera la comédie en miroir de Divorce à l’italienne, Mariage à l’italienne où un homme qui refuse de se marier avec une prostituée se fera piéger par celle-ci et finira par l’épouser. L’Italie où le pays qui refuse aux sentiments de s’exprimer face au masque de la bienséance chrétienne.

Fais-moi plaisir! (Emmanuel Mouret, 2009): chronique cinéma

FAIS-MOI PLAISIR!
Un film de Emmanuel Mouret
Avec Emmanuel Mouret, Judith Godrèche, Déborah François, Frédérique Bel, Jacques Weber, Danny Brillant
Genre: comédie
Durée: 1h30
Date de sortie: 24 juin 2009

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En couple, Jean-Jacques et Ariane ont néanmoins des envies décalées et lorsque cette dernière apprend que son petit ami a rencontré une femme mystérieuse, elle décide de le convaincre de coucher avec elle pour sauver leur couple. Gêné et interdit Jean-Jacques accepte à contrecoeur et se rend à une soirée organisée par cette fameuse inconnue prénommée Elisabeth. Il apprend alors qu’elle est la fille du président de la république et qu’elle nourrit des sentiments amoureux à son égards. La spirale des confusions, des quiproquos et des actes manqués commence alors…

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Dans la lignée de son précédent film, Un baiser s’il vous plaît, le cinéaste et acteur Emmanuel Mouret continue d’explorer les affres de l’amour sous des dehors comiques et maladroits. Son personnage, Jean-Jacques, un grand dadet un peu naïf et gauche, n’en reste pas moins un homme profondément sincère et gentil en toutes circonstances. Lui, l’inventeur du produit bleu qui s’en va en un coup de serviette, n’arrive pas à bien saisir la psychologie féminine et c’est toujours à contretemps qu’il comprend et agit. Il y a à la fois du Gaston Lagaff, du Monsieur Hulot et du Hrundi Bakshi (le personnage de Peter Sellers dans The party de Blake Edwards) dans son personnage. Par ailleurs la scène de réception dans les pièces de l’Elysée est un hommage direct au film de Blake Edwards, Jean-Jacques étant l’invité inapproprié, l’intrus en quelque sorte, qui ne cerne pas les codes d’un monde social auquel il n’appartient pas.

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Mais le Jean-Jacques a de la ressource et surtout un flegme à tout épreuve. Sans jamais avoir peur du ridicule il se glisse volontiers dans les situations les plus embarrassantes possibles avec un naturel confondant. Emmanuel Mouret force le trait, sans jamais trop en faire, et joue du décalage avec maîtrise. Entouré de personnages féminins excessifs, hormis la serveuse de la dite réception certainement la plus naturelle et la plus charmante incarnée par Déborah François, leurs comportements sèment le trouble dans l’esprit de cet homme plus candide que séducteur. Dans le rôle de la fille du président, Judith Godrèche joue les ingénues et dans celui de la petite amie un peu torturée, Frédérique Bel est délicieusement énervante. Emmanuel Mouret filme du Emmanuel Mouret, entre cinéma et théâtre, entre comédie satirique et comédie de boulevard. Les dialogues fleurtent avec l’excès pourtant l’overdose ne survient jamais.

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Un film qui joue également de la frustration, de la montée du désir jusqu’aux préliminaires sans jamais satisfaire totalement à la fois le voyeurisme du spectateur ni les pulsions des personnages. Il s’agit à chaque fois d’emprunter des chemins bifurqués, à contresens ou encore à sens unique. Sur la route de l’amour Jean-jacques cherche sa voie avec beaucoup d’hésitations. A la fois burlesque et tendre, Fais-moi plaisir ! dresse un portrait amusé et décalé du couple moderne qui chercherait son bonheur dans l’infidélité. Sans jamais trop y croire n’y porter aucun jugement, le cinéaste jongle avant tout avec les codes de la comédie de situation pour offrir une heure trente de détente et de sourires. Loin de l’humour gras sans finesse d’une grande majorité de comédies françaises, Emmanuel Mouret joue la carte de la sobriété plutôt que celle de l’excès, du raffinement plutôt que celle de la grossièreté.