Nabari vol.1 (Kunihisa Sugishima,2009): chronique DVD

NABARI
(Nabari no ou)
Une série de Kunihisa Sugishima
Genre: animation
Episodes: 26
Durée: 25 min par épisode
Pays: Japon
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie: 4 novembre 2009

Miharu est un jeune garçon très renfermé et détaché du monde qui l’entoure. Lorsqu’il est attaqué par des ninjas du groupe des Loups Cendrés, il rencontre Tobari et Kôichi qui le protège. Miharu apprend alors l’existence du monde de Nabari, le monde caché des shinobi. Tobari, qui est professeur d’anglais dans le monde visible, est par ailleurs à la tête du clan Banten dont le village ancestral a disparu. Le jeune garçon apprend en outre que les ninjas des Loups Cendrés du clan Iga sont à ses trousses parce qu’il possède en lui le shinra-banshô, le pouvoir ultime qui rassemble toutes les techniques secrètes des shinobi. Parce que ce pouvoir est convoité par tous les ninjas, Miharu devient le centre d’intérêts de tous. Si certains désirent voir disparaître cette terrible force, d’autres veulent se l’approprier pour dominer les hommes. Malgré ses amis qui le protègent, Miharu comprend vite que chacun possède ses secrets et sa part d’ombre, notamment Tobari, qui est le seul a connaître les circonstances de la mort de la mère de Miharu.

Série de 26 épisodes dont les neuf premiers sont présentés dans ce premier volume, l’adaptation animée issue du manga original de Yuhki Kawatani est l’œuvre du studio J.C.Staff, responsable notamment de Ai yori aoshi et d’Excel saga, entre autres. Nabari se présente comme l’anti-Naruto par exellence : ici pas de combat à rallonge, d’entraînements surhumains ni de personnages trop vite esquissés mais au contraire une exploration plus complexe des conséquences des actes de chacun et des secrets cachés. Même si la série pêche par ce mélange peu convaincant du monde contemporain avec celui des shinobi, les tourments qui animent les personnages se révèlent, au fil des épisodes, très prenants. Chaque personnage prend ainsi une place particulière dans le récit qui révèle peu à peu ses véritables enjeux. Le design-character est ce qui frappe le plus, les personnages, plutôt frêles et efféminés, lorgnent davantage vers les codes du shôjô que ceux du shônen. La raison se trouve peut-être dans le fait que l’auteur du manga, Yuhki Kawatani, soit une femme. Si Nabari développe des thèmes récurrents comme la confrontation des ninjas pour obtenir le pouvoir définitif où la résurgence d’un passé enfoui qui risque de faire basculer les évènements, les combats en tant que tel ne prennent qu’une place toute relative dans l’animé. Les personnages sont suffisamment intéressants pour éveiller durablement l’intérêt du spectateur.

La chorale (Akio Nishizawa, 2006): chronique DVD

LA CHORALE
(8 Gatsu no symphony)
Un film de Akio Nishizawa
Genre: animation, drame
Pays: Japon
Durée: 1h36
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie DVD: 3 septembre 2008

Au printemps 1956, Rieko Sakamoto est nommée nouveau professeur de chant à l’école primaire de Kiba. Au même moment une nouvelle élève, Shizu Miyanaga, intègre la classe de CM2 où se trouve Akira, le fils du menuisier, le meilleur élève de la section. Shizu est également une très bonne élève et ses aptitudes au chant et au piano font espérer à la classe la victoire pour le prochain concours de chant organisé en fin d’année. Pourtant un incident malheureux va remettre en question la participation de l’école à ce concours, Gon le fils du tavernier ayant entraîner ses copains dans une série de vols à l’étalage. Akira lui-même a participé à ces larcins et c’est tout l’école qui écope des conséquences. Un autre drame vient perturber les écoliers mais finalement la participation au concours et de nouveau autorisé. Les enfants s’entraînent donc chaque soir pour rattraper le temps perdu et apprennent l’une de ces fameuse chansons traditionnelles.

Nominé en compétition au 12ème Festival du Film Asiatique de Lyon en 2006, La chorale n’a malheureusement pas connu de sortie salle en France, un comble au regard de la qualité de ce long-métrage et de son public potentiel, un film à la fois tourné vers une audience mature mais également vers un public plus jeune, le film traitant de l’enseignement scolaire. Produit dans le cadre du WAO, un réseau national d’entreprises d’enseignement général, que le réalisateur-auteur développe depuis près de trente ans étant lui-même enseignant, le film traite du thème des doyo, ces chansons traditionnelles pour enfants que le Japon moderne a délaissé ces dernières décennies.

Sensible à la fois par la portée culturelle et folklorique de ces chansons, et par l’importance d’un enseignement qui met en avant des méthodes appropriées pour le développement des enfants, Akio Nishizawa nous raconte cette période transitionnelle de l’histoire du Japon moderne qui sort enfin des affres de l’après-guerre pour entrer dans une nouvelle ère de prospérité économique, une nouvelle ère qui malheureusement délaisse les traditions et les éléments culturels du passé pour se concentrer sur les progrès technologiques et la volonté de s’imposer comme puissance mondiale de première ordre, souhait exaucé à la fin du film lorsque le directeur de l’école annonce à ses élèves que la Japon devient le 80ème pays à intégrer l’ONU, mettant un terme à la marginalisation du pays suite à la Seconde Guerre Mondiale.

Le film rappelle par bien des aspects notre succès national Les choristes de Christophe Barratier,  un même désir de parler d’une époque et surtout de souligner la cohésion qui se forme au sein des enfants lorsqu’ils partagent un même but, un même désir. Le chant comme méthode d’apprentissage non seulement d’un texte et de sa signification mais surtout d’un savoir-vivre et d’une discipline nécessaire à son accomplissement. La chorale développe en outre un contexte bien particulier, celui d’une société en mutation qui a souffert du manque de travail et de nourriture, une époque de restriction qui a encouragé les parents a donner à leur enfants la possibilité d’étudier pour échapper à cette misère. Le contexte familiale fait écho au contexte scolaire et l’éducation des enfants passe autant par la discipline de l’école que par l’autorité parentale. L’on pourrait souligner le caractère naïf de ce thème mais la société japonaise est en effet concentrée autour de ces deux pôles au sortir de la guerre, cherchant ses repères après une période trouble de plus de vingt-cinq ans depuis la militarisation du pays au début des années trente. Un film sensible et beau.

Dororo (Akihiko Shiota, 2007): chronique DVD

DORORO
Un film de Akihiko Shiota
Avec Satoshi Tsumaboki, Kô Shibasaki, Kiichi Nakai, Eita, Yoshio Harada, Anna Tsuchiya
Genre: aventures, fantastique, arts martiaux
Pays: Japon
Durée: 2h19
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie DVD: 4 mars 2009

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Blessé dans les conflits qui opposent les clans, le seigneur Daigo Kagemitsu revient dans son fief, ivre de rage. Dans le pavillon des ancêtres il passe un pacte avec les quarante-huit démons pour s’assurer la victoire. En échange il sacrifie le corps de son enfant à naître. Ce dernier, privé de quarante-huit partie de son corps, est abandonné le long d’un fleuve avant d’être recueilli par un médecin qui lui sauve la vie. Spécialiste de la chirurgie reconstructrice, son père d’adoption lui confectionne de nouveaux membres afin que l’enfant puisse vivre dans le monde des hommes. Devenu adulte il entreprend de combattre ces quarante-huit démons pour récupérer l’intégralité de son corps. Il prend alors le nom de Hyakkimaru, du nom du sabre que son père lui a installé en lieu et place de son bras droit. En chemin il rencontre un jeune voleur qui se surnomme Dororo qui cherche à venger la mort de sa famille, assassinée par le seigneur Daigo, devenu tyran. Par haine, Dororo jure de tuer tous les proches du seigneur Daigo…

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Adapté du manga éponyme du célèbre Osamu Tezuka, Dororo fut un énorme succès au Japon. Avec des chorégraphies de combat signées par le fameux Ching Siu-tung, l’histoire prend place dans une sorte de Japon historique fantastique mêlé de dramaturgie shakespearienne, l’enfant difforme cherchant à se faire une place dans le monde sans savoir qui est véritablement son père. Dans la lignée des films de monstres et de fantômes propre à la culture nippone, Hyakkimaru croise des démons tous plus étonnant les uns que les autres, aidé dans sa quête par le comique Dororo, en fait une jeune femme qui dissimule sa féminité pour ne pas paraître faible. Dororo est le premier volet d’une série de films qui verront le jeune homme récupérer peut à peu son corps d’origine mais qui, par cela, perdra sa faculté de ne pas ressentir la douleur.

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Grosse production oblige, le film enchaîne les morceaux de bravoure avec régularité mais la mise en scène est loin d’apporter une quelconque originalité à cette histoire fantastique. Si les costumes sont une indéniable réussite, les décors étonnent moins si ce n’est quelques plans de paysage véritablement somptueux. Les effets spéciaux ne sont pas toujours du meilleur calibre mais échappent toutefois au côté cheap des productions calamiteuses dont le cinéma japonais a parfois le secret. Côté interprétation, nous sommes loin d’être bluffé par le jeu des acteurs principaux Satoshi Tsumabuki (Hyakkimaru), vu dans Dragonhead (2003) et Fast and furious : Tokyo drift (2006), et Kô Shibasaki (Dororo), dont on a pu apercevoir le joli minois dans son rôle de tueuse à la faucille dans Battle royale mais aussi dans Go (2001), Yomigaeri (2002) ou encore La maison de Himiko (2005). Sans être un film impressionnant, Dororo se laisse néanmoins regarder grâce à ses quelques moments d’humour et la relation ambigüe que Hyakkimaru et Dororo entretiennent.

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Hokuto no Ken – l’ère de Raoh (Takahiro Imamura, 2006): Chronique DVD

Hokuto no Ken – l’ère de Raoh
(Shin Kyûseishu Densetsu Hokuto no Ken : Raoh den Junai no Shô)
Un film de Takahiro Imamura
Genre: animation
Pays: Japon
Durée : 95 minutes
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie cinéma: 14 mai 2008
Date de sortie DVD: 19 novembre 2008

Hokuto no Ken l'ère de Raoh DVD

Alors que les ombres de la guerre atomique planent encore sur le destin funeste de la Terre, Souther, l’héritier de l’école Nanto, une technique de combat qui détruit ses adversaires par des coups externes. Il fait régner la terreur en kidnappant les enfants qu’ils envoient aux travaux forcés pour ériger une pyramide à la gloire de son école et de sa branche, le Nanto Roku Seiten (les six poings sacrés du Nanto), la plus puissante et la plus destructrice de toutes. Au milieu du chaos émerge Kenshirô, l’héritier de l’école de la Grande Ourse, le Hokuto Shinken, rivale du Nanto. L’équilibre des deux écoles a toujours prévalu pour ne pas menacer la paix, mais les récents agissements de Souther et sa volonté de toute puissance, il se fait surnommé l’Empereur sacré, ont anéanti les espoirs d’un monde meilleur. Raoh, le grand frère de Kenshirô mène ses propres armées contre les troupes de Souther avec à ses côtés Reina, une amie d’enfance devenue son lieutenant le plus zélé. Shû, le descendant de l’étoile de la bonté de l’école Nanto Hakuro Ken (une branche moins puissante du Nanto), mène de son côté la résistance et tente de rallier des guerriers contre le despotisme de Souther. Par le passé, Shû s’était confronté à Kenshirô, alors jeune homme, lors du défi contre les dix hommes du Nanto. Ayant gagné le combat, Shû a préférer sacrifier ses yeux pour sauver Kenshirô de la mort, rituel immuable qui attend le perdant, sentant le potentiel de l’adolescent. Kenshirô, apatride et sans idéologie, erre depuis, aux côtés de Batt et Lynn, deux enfants sans racines. Peu à peu une évidence se confirme, Kenshirô doit affronter Souther dans un duel sans merci.

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A l’occasion des 25 ans du personnage mythique qui a bouleversé notre enfance avec ses cris aigus et sa capacité à détruire ses adversaires en les faisant exploser, Kenshirô nous revient avec cette nouvelle adaptation du manga original scénarisé par Buronson et dessiné par Tetsuo Hara. Ce film ouvre toute une trilogie de films qui connaîtront les honneurs d’une exploitation en salle (Les héritiers du Hokuto et L’ère de Kenshirô) accompagnés de deux OAV (La légende de Yuria et La légende de Toki) qui sortiront directement en vidéo. Parallèlement le manga original (dont le titre fut changé en Ken le survivant pour la version française) connaîtra une réédition tant attendue depuis des années. On le voit les auteurs mettent les petits plats dans les grands pour fêter comme il se doit cet univers pourtant très violent et controversé qui ne nous a pas permis à l’époque de suivre la série jusqu’à son dénouement.

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Sorti sur les écrans japonais en 2006, Hokuto no Ken – l’ère de Raoh jette les bases de ce monde inhumain où règnent la terreur et les morts violentes. Si quelques communautés repliées sur elles-mêmes essayent de reconstruire un monde nouveau pour leurs progénitures, les bandes armées et sans scrupules ne répandent que désolation et désastres. Le film pose le décor et les protagonistes et s’attarde surtout sur le personnage de Raoh qui souhaite apporter l’ordre et la paix en utilisant la violence, préambule inévitable selon lui. Shû est la seconde figure majeure du film et la séquence d’introduction, le combat contre les dix hommes du Nanto, est en cela impressionnante. Un lien indéfectible lie désormais Kenshirô à l’homme qui l’a sauvé de la mort, et ce lien témoigne du nécessaire équilibre entre les deux écoles de combat.

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Nouvelle adaptation donc avec un character-design particulièrement marqué, signé Shingo Araki, qui multiplie les traits épais et anguleux conférant ainsi aux personnages une masse et une puissance indéniables. Malheureusement l’animation n’est, elle, pas à la hauteur des espérances. Si cette faiblesse est aisément pardonnable à la série animée des années quatre-vingt (manque de moyens, rapidité de l’exécution, techniques non assistées par ordinateur), ce n’est pas le cas pour ce nouvel opus, d’autant plus que l’on ressent un effort particulièrement souligné dans le design et les couleurs. Une animation trop limitée, pas assez audacieuse ni techniquement réussie, dommageable pour cette sortie en salle, chose rare ces derniers temps sauf si l’on s’appelle Hayao Miyazaki. Autre grosse déception et pas des moindre (et là l’exploitation salle aurait dû nous mettre la puce à l’oreille), cette version de Hokuto no Ken est très aseptisée, soft, presque propre. Impardonnable ! Quand on sait que l’on bénéficie du Director’s cut pour la sortie cinéma, on se demande bien ce que la version censurée doit contenir. Loin des effusions de sang et de la boucherie, marque de fabrique du manga et tout simplement de l’univers des écoles d’arts martiaux du Hokuto et du Nanto, du premier film de 1986, les techniques mortelles sont ici tout simplement occultées par des cadrages et un montage qui nient l’aspect volontairement grotesque de l’original. C’est un aspect souvent oublié des petites cases de Tetsuo Hara, mais ses dessins ignorent les lois de la perspective et des proportions, poussant les limites de l’exagération jusqu’au-boutisme. Rien de sérieux dans ces corps qui se distordent, se brisent, éclatent à qui mieux-mieux.

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On l’aura compris, Hokuto no Ken – l’ère de Raoh ne révolutionne pas la franchise même si le film introduit quelques éléments nouveaux liés au passé de Raoh, éléments qui seront  davantage explorés dans la seconde partie du film. Il faut néanmoins saluer la présence de Shû et de Toki, personnages fascinants qui permettent une pincée de sentiments dans ce monde de brutes. Ce dernier connaîtra par ailleurs les honneurs d’une OAV tout comme le personnage de Yuria, tout à fait ignorée dans ce premier opus. En effet, aussi étrange que cela puisse paraître, l’origine des fameuses sept cicatrices du torse de Kenshirô est pour l’instant laissée dans l’ombre du récit. Cet anniversaire à au moins le mérite d’exposer une évidence, malgré les associations et autres lobby de la défense de nos chères petites têtes blondes, j’en fut une autrefois, la popularité et le succès de Hokuto no Ken n’est pas à démentir. Seul regret, à l’époque nous avons eu la chance de connaître un univers hors de commun qui sortait largement des sentiers battus. Cette époque semble bel et bien révolue et ce nouveau film ne permettra pas aux nouvelles générations de comprendre combien fut le choc que nous avons ressenti lorsque Kenshirô énonçait pour la première fois son fameux « tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort ! ».

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Hakkenden (Takashi Anno, 1993): chronique DVD

HAKKENDEN
(Hakkenden shin shô)
Une série de Takashi Anno
Genre: animation
Episodes: 13
Pays: Japon
Année: 1990 – 1993
Editeur DVD: Kaze
Date de sortie DVD: 7 mai 2004

En l’an 1457, les deux clans Satomi et Anzai s’affrontent dans une lutte de pouvoir. L’armée plus nombreuse d’Anzai conduit sa rivale vers la famine et l’agonie. Le chef des Satomi, Yoshizane Satomi Matataro, tente une dernière attaque pour renverser la tendance mais le plan échoue et le contingent envoyé dans la nuit fait face au démon qui a pris possession du chef des Anzai. Désespéré, Yoshizane propose à son chien Yatsufusa un pacte insolite: la tête de l’ennemi contre la main de sa fille, Fuse. A l’aube, avec surprise, l’animal revient avec la tête tranchée tant convoitée. Pour ne pas faire tomber la honte sur le clan, Fuse accepte le mariage avec le chien. Daisuke, le fiancé de Fuse, qui revient miraculeusement de l’attaque qui a échoué, ne peut accepter la situation. Il tue le chien d’un coup de fusil mais blesse du même coup Fuse qui meurt peu après. L’esprit de l’animal et de son épouse s’élève dans les cieux et se disperse aux quatre coins du Japon. Huit perles sont ainsi disséminées dans le but de faire naître huit guerriers dont le destin sera de réhausser l’honneur du clan Satomi. Hakkenden, la légende des huit guerriers chiens.

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Adaptation animée du célèbre conte japonais écrit au XIXè siècle par Bakin Takizawa (1767-1848), Hakkenden est malheureusement beaucoup moins connu en Occident. Avec le film de Kinji Fukasaku, La légende des huit samouraïs, réalisé en 1983, la série animée  est la seule adaptation de ce récit parvenu jusqu’ici malgré la très grande popularité de l’histoire au Japon.  La série fut produite par les studios Pionneer, Geneon et AIC  et conçu en deux temps; les six premiers épisodes réalisés en 1990 – 1991  et les sept épisodes suivant  réalisés entre 1993 et 1995. La série combine à la fois un certain respect des clichés du chanbara (film de sabre japonais) avec un ton résolument contemplatif et même parfois totalement onirique. Les frontières entre la réalité, les souvenirs, les illusions et le monde démoniaque sont souvent très ténues et laissent parfois le spectateur dans l’incompréhension. Une histoire et une mise en scène avec ses défauts et ses qualités. Si en effet l’abondance des personnages, des lieux et des situations qui prennent place dans le Japon féodal peuvent prêter à confusion pour les moins familiers des histoires de samouraïs (sans compter une narration parsemée de flashes-back et de visions étranges), Hakkenden prend le temps de découvrir chaque personnage dans sa première moitié, avant d’être plus obscure dans les premiers épisodes de la seconde saison. Le gra^phisme lui tire le meilleur comme le pire de l’animation, la constance et la rigueur ne faisant pas partie des qualités de l’animé.

Pour ceux qui surmonteront cette approche difficile, c’est à une véritable légende épique qu’ils seront confrontés. Un récit ambiguë et riche d’enseignement sur la confrontation des clans à cette époque reculée de l’histoire du Japon. Le réalisme de la féodalité se mêle à l’ambiance proprement folklorique des démons japonais et des malédictions hériditaires qui touchent le clan Satomi. Loin de toute dichotomie facile, les épisodes plongent peu à peu dans une réalité changeante, énigmatique, derrière laquelle se cachent des secrets et des faux-semblants. Si la réalisation technique n’est pas toujours au rendez-vous, les scènes de combats aux sabres sont souvent étonnantes et suffisamment stylisées pour emporter l’adhésion. Hakkenden est une série animée à découvrir de toute urgence, tant elle s’éloigne d’une production de masse souvent tape à l’oeil. Ici le ton sombre et mélancolique n’est pas fait pour le tout venant, au contraire la série séduira celles et ceux curieux de découvrir un récit à la portée plus adulte.  En attendant de pouvoir découvrir le récit littéraire en France (dont la traduction des 106 volumes originaux risquent fort de ne jamais voir le jour), les treize épisodes de la série permettent déjà de se plonger dans ce conte si tragique et séduisant à la fois.